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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

L’Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW) a publié deux avis concernant directement la forêt et sa gestion. Les mots employés sont forts et reflètent la lassitude des propriétaires forestiers publics face à des facteurs aggravants des crises qui pèsent sur la forêt.

Le premier concerne le manque de personnel au sein du DNF. Malgré un avis alarmant sur cette situation il y a 2 ans, l’UVCW fait le constat que ce problème n’est pas résolu. « Sans un cadre complet et stable, c’est l’ensemble des missions assurées par le DNF pour les communes et CPAS qui risquent d’être mises à mal ». L’UVCW a donc demandé à la Ministre de la Forêt et aux membres du Gouvernement wallon de renforcer les équipes de la DRF et des Directions extérieures du DNF.

Le second avis concerne la chasse et en particulier le déséquilibre entre la forêt et la grande faune. L’UVCW constate que les surdensités mènent petit à petit à un désert forestier et naturel. Elle remarque également une certaine impuissance des propriétaires forestiers publics à imposer des plans de tirs minimaux aux chasseurs et aux conseils cynégétiques (tirs de faons au lieu de biches pour atteindre les quotas de non-boisés, recours auprès du Ministre de la chasse contre les demandes d’augmentation des plans de tirs voulu par les communes et le DNF). L’UVCW demande donc au Ministre de la chasse qu’il pèse sur les conseils cynégétiques pour une plus grande responsabilisation d’une part et que, d’autre part, le DNF puisse imposer des plans de tir sans possibilité de recours sur les territoires en surdensité ainsi qu’intervenir en fin de saison de chasse dans les territoires où les plans de tir n’ont pas été réalisés.

Le douglas, bien qu’il soit originaire de la côte ouest des États-Unis, a pris progressivement une place majeure dans les peuplements forestiers d’Europe et est devenu l’une des principales essences de reboisement, notamment en France, en Allemagne et en Belgique. Bien qu’il connaisse quelques difficultés à l’heure actuelle en raison de différents pathogènes, il s’est imposé comme une valeur sûre de la production de bois d’œuvre. Il est effectivement apprécié des transformateurs pour ses qualités mécaniques et sa durabilité naturelle, ce qui en fait un bois idéal pour la construction.

Pour répondre aux besoins du secteur de la transformation, il est nécessaire de lui appliquer une gestion sylvicole de qualité et durable. Le CNPF propose dans ce but des itinéraires sylvicoles tenant compte des attentes et des objectifs des propriétaires et gestionnaires.

Sept itinéraires issus des expériences de terrain des propriétaires et gestionnaires forestiers sont présentés. Ils proposent différentes voies possibles de sylviculture du douglas afin de tenir compte des risques liés aux incertitudes climatiques, aux maladies émergentes, mais également de la diversité des attentes de la société. Les itinéraires vont de la plantation « classique » à forte densité jusqu’à la régénération naturelle et le traitement irrégulier !

Les forêts primaires contiennent une biodiversité rare et procurent de nombreux services écosystémiques. En Europe, ces forêts sont particulièrement rares et leur statut de protection n’est pas toujours bien établi. Il ne garantit donc pas qu’elles soient réellement protégées. L’objectif de cette étude est de :
• établir si les forêts primaires existantes sont représentatives des différents types de forêts naturelles d’Europe,
• identifier les massifs qui abritent suffisamment de forêts primaires sous un statut de protection stricte afin d’atteindre les objectifs de conservation,
• mettre en évidence les zones où la restauration est nécessaire et possible.

Pour ce faire, une base de données reprenant les forêts primaires a été établie grâce aux cartes de couverture forestière, de la végétation naturelle potentielle, des régions biogéographiques et des zones protégées afin de quantifier la proportion de forêts primaires existantes parmi les forêts d’Europe et d’identifier les lacunes en matière de protection. Les zones où la restauration peut être entamée et la protection renforcée ont été établies grâce à l’analyse cartographique des forêts primaires potentielles. Ceci, afin de tenir compte de la sous-estimation des forêts primaires d’Europe.

Les chercheurs ont constaté un biais important dans la répartition des forêts primaires entre les différents types de faciès. Sur les 54 types de forêts évalués, six ne comportaient plus de forêt primaire du tout. Et dans deux tiers des forêts, moins de 1 % de la forêt était primaire. Même s’ils sont généralement protégés, seuls dix types de forêts ont plus de la moitié de leurs forêts primaires strictement protégées. Pour protéger toutes les forêts primaires détectées, il faut étendre les réseaux de zones protégées de 1132 km² (19 194 km² en incluant également les forêts primaires potentielles). Heureusement, de vastes zones de forêts non primaires se trouvent au sein de zones protégées pour beaucoup de types de forêts, offrant ainsi des possibilités de restauration.

L’état de conservation des forêts primaires d’Europe est alarmant, comme le reconnaît la « Stratégie de l’Union Européenne en faveur de la biodiversité 2030 ». Pourtant, il existe de nombreuses possibilités d’assurer une meilleure protection et de restaurer, au moins partiellement, la structure, la composition et le fonctionnement des forêts primaires. Il est dès lors crucial d’établir des réformes politiques qui tiennent explicitement compte de la nature irremplaçable des forêts primaires et qui intensifient les efforts de protection et de restauration.

Barwal, c’est le nom de la société fondée par deux ingénieurs civils amateurs de vins qui, après avoir visité des tonnelleries françaises utilisant du chêne wallon, se sont demandés si ce savoir-faire, originellement gaulois, ne pouvait pas revenir chez nous. Aujourd’hui, en partenariat avec la scierie belge Hontoir et une tonnellerie française de Champagne, l’objectif à moyen terme est d’ouvrir une tonnellerie 100 % belge. Si les tonneaux à vins sont les plus souvent rencontrés, les brasseries, distilleries et cidreries sont également friandes de ce type de contenants naturels. La valorisation à plusieurs niveaux de patrimoines locaux est à l’ordre du jour !

Le 15 octobre dernier, l’Institut Royal Météorologique de Belgique (IRM) a présenté son nouveau rapport climatique, faisant état des connaissances du climat présent et à venir sur notre territoire et au-delà. À l’échelle mondiale, en 2019, une augmentation moyenne d’environ 1,1 °C a été observée par rapport à la période préindustrielle 1850-1900. Juillet 2019, en particulier, a été le mois le plus chaud dans le monde depuis le début des observations, il y a approximativement 140 ans. En Belgique, la fin juillet a connu un pic de chaleur sans précédent, jamais enregistré dans notre pays auparavant. Le réchauffement climatique est bien palpable sur notre territoire depuis le milieu du 20e siècle. Depuis 1981, nous connaissons un réchauffement annuel significatif de 0,38 °C en moyenne par tranche de 10 ans. Pour 2019, à Uccle, une augmentation moyenne des températures de plus de 2,5 °C est constatée par rapport à la période 1850-1900. D’une manière globale, actuellement, les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont proches du scénario le plus pessimiste modélisé par le GIEC. La lecture de ce rapport de l’IRM peut donc servir d’outil de soutien aux décisions politiques en matière d’urgence climatique.

Une étude suisse s’est intéressée à l’adaptabilité des plantes face à des modifications du milieu semblables à celle des changements climatiques à venir. Plus particulièrement, ils ont cherché à savoir si une différence de survie pouvait exister entre des plantes à large amplitude de répartition et des plantes de niche. Les résultats de leurs expériences ont démontré qu’il existait effectivement une différence de survie entre ces deux types de plantes. Celles communes s’adaptant plus efficacement aux nouvelles conditions climatiques (développement accru de biomasse par exemple) que celles plus rares n’évoluant que très peu. Globalement, le même constat a été noté au niveau de la survie des sujets. Il est donc urgent de trouver des solutions vis-à-vis de nos plantes plus sensibles, parfois déjà menacées.

Une équipe scientifique suisse a décrypté les réactions du hêtre face aux multiples sécheresses de ces dernières années. Pourquoi certains hêtres restent verts, alors que d’autres prennent leurs couleurs d’automne dès le mois de juillet en cas de sécheresse ? C’est la réserve en eau dans le sol et la profondeur d’enracinement qui expliquent ces différences.

Mais alors quelle est la stratégie du hêtre en cas de sécheresses répétées ? L’arbre commence par limiter l’évaporation au niveau de ses feuilles et interrompt la croissance du tronc. Ensuite, ses feuilles se décolorent et tombent prématurément. Ces réactions visent à économiser l’eau. Si ce n’est pas suffisant, les parties les plus exposées du houppier finissent par flétrir.

Les auteurs de l’étude concluent que dans les prochaines décennies plus chaudes, le hêtre laissera progressivement sa place à des essences plus résistantes sur les sols secs. Il continuera à prospérer sur les sols à très bonne capacité de stockage d’eau.

En France, le prix de vente des arbres a chuté en 2020, excepté pour le douglas.

Les prix des bois sur pied chute davantage que les prix des bois façonnés. Les effets des crises se font ressentir. La crise du scolyte se marque avec une chute très importante des prix pour les épicéas.

La crise sanitaire liée au Covid se marque dans différents secteurs :
• le prix du chêne à merrain a chuté,  non seulement suite à l’activité restreinte des restaurateurs mais aussi aux incendies en Californie et en Australie (le raisin n’a pas été récolté car il est imprégné des odeurs de fumée).
• Par contre, le prix du chêne destiné à la charpente et à la  menuiserie-ébénisterie est resté plus stable.
• Le marché de la construction  se trouve en mauvaise posture dans plusieurs régions de France. Par contre, l’exportation de bois de sciage de résineux est favorisée car le marché de la construction s’est envolé aux États-Unis.
• Le marché du bois d’industrie pour panneaux a connu une bonne période en juin-juillet-août 2020 (équivalente à 2019), ce qui compense un peu « l’effet Covid ».
• Le prix du bois d’industrie pour pâtes à papier baisse, malgré la production de masques et de papiers hygiéniques, suite à une diminution des commandes professionnelles (rames de papier, etc.) pour le bureau.

Le prix de la palette affiche une légère baisse (concurrence des palettes d’Europe de l’Est et boom des palettes recyclées avec consigne).

Le marché du bois-énergie souffre de la concurrence du fuel domestique à bas prix.

La continuité écologique est un élément essentiel des stratégies de conservation de la biodiversité. Pour la protéger, il convient de prendre en compte l’évolution des territoires dans le temps et dans l’espace. En effet, un espace naturel qui joue aujourd’hui le rôle de réservoir de biodiversité pourrait à l’avenir se retrouver isolé  écologiquement suite à différents changements.

L’étude en question propose une démarche prospective qui intègre les dynamiques spatio-temporelles des territoires et implique les acteurs dans la construction de scénarios.

La démarche compte quatre étapes :
• Délimitation du territoire et identification des principaux facteurs de changements.
• Construction de récits (histoires d’évolution possible du territoire basées sur des hypothèses).
• Projection spatiale de ces récits.
• Analyse des conséquences des possibles futures occupations du sol sur des enjeux spécifiques.

Deux types de scénarios sont analysés pour l’élaboration des projections :
• Les scénarios nationaux et supranationaux qui étudient les liens entre politiques internationales, tendances socio-économiques et changements climatiques. Malgré leur avantage de proposer des évolutions quantitatives, ils présentent de grandes limites : résolutions spatiales et thématiques grossières et peu de prise en compte des spécificités régionales.
• Les scénarios locaux ou participatifs co-construits par une pluralité d’acteurs locaux au sein d’ateliers participatifs. Ce type de scénarios présente de nombreux avantages liés à la connaissance fine du territoire par les acteurs, mais sont difficilement transférables (car cadrés sur les dynamiques et enjeux d’un territoire) et apportent souvent des tendances qualitatives sans chiffrage précis.

En conclusion, les démarches prospectives permettent d’étudier comment protéger au mieux la continuité écologique. S’appuyer sur les apports respectifs des différents types de scénarios semble une solution intéressante car ils s’enrichissent et permettent de proposer des tendances locales et globales interagissant au niveau territorial.

Les bienfaits de l’activité physique pour la santé ont déjà été observés dans de nombreuses études (réduction du stress ou des risques d’accidents cardiaques, pensées positives, etc.). Les bénéfices apportés par un environnement forestier ont également été mis en évidence.

Des chercheurs polonais ont donc souhaité étudier s’il existait une différence significative dans la qualité de la restauration psychologique et physiologique lors d’une activité physique selon le type d’environnement : urbain végétalisé (haies, bandes d’arbres, parcs et autres), urbain non-végétalisé et une forêt.

Les résultats de leurs expériences ont montré qu’il était recommandé de se promener dans des milieux urbains verts plutôt que non-végétalisés pour tirer un meilleur bénéfice de nos activités physiques. Cependant, ils n’ont pas réussi à trouver une différence significative entre un environnement urbain végétalisé et un milieu forestier. Ils notent tout de même un léger bénéfice pour les forêts feuillues en particulier.