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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Un mâle Tétras lyre (© PIXATERRA/Fotolia)
Ce printemps 2017 paradait le dernier Tétras lyre mâle de Wallonie, suite d’un déclin amorcé depuis plusieurs années. Les causes sont multiples : dégradation de l’habitat, diminution du brassage génétique, changement climatique…
Un programme de renforcement de la population a été mis en place en avril dernier, coordonné par l’unité de biologie du comportement de l’Université de Liège (ULg), avec l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, le WWF et Spadel. Dix Tétras ont été relâchés sur le plateau des Hautes-Fagnes, leur acclimatation semble jusqu’ici réussie. D’autres projets d’aménagement ou de renforcement de population devraient être proposés afin de consolider la population existante.
De Muelenaere M. (2017). Dix nøuveaux tetrås dans les Fägnes. Le Soir, 03/05/2017.
Situation du Tétras lyre : pessimisme en Belgique et optimisme en Écosse. Ornithomedia, 24/04/2017.

© Claudius/Wikipédia
Situées dans l’Hérault, en France, les forêts du groupement forestier de Saint-Geniès-de-Varensal sont situées sur des reliefs marqués (pente > 50 %) et dans un périmètre de protection de captage d’eau potable. Une partie des peuplements est bien desservie alors que le restant se situe en dessous de la piste principale, ne permettant pas de réaliser les exploitations. Les peuplements de résineux n’ont donc jamais été éclaircis malgré leur bonne qualité.
Les caractéristiques du sous-sol traduisent un risque élevé de transmission des éventuelles perturbations. L’ouverture d’une nouvelle desserte a donc rapidement été abandonnée et le gestionnaire s’est orienté vers le débardage aérien, à l’aide d’un câble-mât, pour ramener les bois vers l’amont et la piste principale. Le volume exploité est de 1 700 m3 sur 17 ha. La coupe rase a été proscrite, bien que le maintien d’un couvert entraîne un surcoût et complique les opérations en fortes pentes. Le but était de limiter les risques d’érosion et de préserver la qualité de l’eau.
L’entreprise qui a réalisé les opérations se déplace pour des volumes minima de 1 500 m3. L’utilisation du câble-mât se justifie pour des arbres de volume unitaire élevé et des prélèvements de minimum 80 m³/ha. La première étape du chantier consiste à ouvrir des passages pour le câble de 3 à 6 m de largeur tous les 30 à 50 m. Les consignes pour l’éclaircie sélective entre les passages de câble sont la suppression des arbres de mauvaise qualité et de gros volume, avec un prélèvement de 70 à 130 m³/ha. L’abattage a été réalisé manuellement par 2 ou 3 bûcherons et les arbres sont débusqués en long vers l’axe principal par le chariot du câble. Une fois sur la piste principale, un opérateur billonne et trie les bois selon leur qualité à l’aide d’une abatteuse.
Les bois ont été valorisés dans des scieries locales, mais aussi dans différents pays européens. Les frais d’exploitation atteignent 36 €/m³. Le surcoût engendré par l’exploitation par câble-mât a été supporté par le Syndicat intercommunal d’adduction d’eau (SIAE) au travers d’une subvention. Il s’agit donc d’un partenariat bénéfique à tous, propriétaires et population locale.
Lagacherie M. (2017). Le câble au service de la protection de l’eau. Forêts de France 602 : 35-37.

© Lukas Janyst/Fotolia
Suite à Lothar, une étude des surfaces de chablis en forêts de hêtre, d’épicéa et mixte a montré que les tempêtes favorisent la diversité et l’abondance des insectes et araignées. Dans tous les types de forêts étudiés, le nombre d’espèces a doublé sur les surfaces de tempête au contraire de la forêt intacte. Que les zones aient été débarrassées des troncs ou non après la tempête n’a pas eu d’effet sur le nombre d’espèces, cela conduit par contre à des différences dans la composition des communautés d’arthropodes.
Wermelinger B. et al. (2017) Impact of windthrow and salvage-logging on taxonomic and functional diversity of forest arthropods. Forest Ecology and Management 391, 9-18. DOI: j.biocon.2016.11.018.

© coffeekai/Fotolia
Après plus de 2 ans de compilation, le réseau international de jardins botaniques (BGCI) a répertorié quelque 60 065 espèces d’arbres. Le Brésil, la Colombie et l’Indonésie sont les pays qui recèlent le plus d’espèces. Plus de la moitié de ces espèces (58 %) ne se trouvent que dans un seul pays (espèces endémiques).
Le BGCI propose le moteur de recherche GlobalTreeSearch dans lequel il est possible d’obtenir de nombreuses informations : le nombre d’espèces par pays, l’aire de répartition d’une espèce, etc.
Cette base de données permettra notamment d’aider à la conservation des espèces rares et en danger. Alors que les statuts de seulement 20 000 espèces ont été évalués, les chercheurs parlent déjà de 9600 espèces en voie d’extinction, soit 16 % des espèces existantes.
Theunis L. (2017). Dix mille espèces d’arbres risquent l’extinction. Le Soir 14/04/2017.
Carroy C. (2017). Combien d’espèces d’arbres sur Terre ? Plus de 60 000 viennent d’être répertoriées ! Forestopic 06/04/2017.

© ohenze/Fotolia
Les plantations de résineux sont souvent considérées comme pauvres en biodiversité, en particulier pour les mammifères. Les chauves-souris constituent un cinquième du nombre d’espèces de mammifères dans le monde, mais connaissent un déclin important à travers l’Europe. Ce déclin est principalement dû à la dégradation et à la perte de leur habitat. Bien que l’utilisation des habitats modifiés, urbains ou agricoles, ait été relativement bien étudiée, les peuplements résineux ont reçu moins d’attention, particulièrement en Europe.
Des chercheurs anglais et suédois ont étudié trois types de peuplements résineux gérés de manière intensive au Royaume-Uni. Ils ont mesuré l’occurrence de chauves-souris, leur niveau d’activité et leur abondance relative en réponse aux caractéristiques environnementales à différentes échelles spatiales.
Neuf espèces différentes ont été suivies ou capturées. La pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) et pygmée (Pipistrellus pygmaeus) ont été les plus enregistrées sur les détecteurs acoustiques et les femelles de pipistrelle pygmée ont été le plus souvent capturées. L’influence de l’environnement sur le niveau d’activité des chauves-souris varie selon les espèces. Cependant, toutes les espèces évitent les peuplements trop denses. L’activité des chauve-souris, quel que soit leur environnement de prédilection, est plus grande dans les peuplements moins denses et dans les paysages diversifiés. Seules les espèces des milieux ouverts ont été plus observées dans les peuplements mis à blanc et moins dans les vieux peuplements. De plus, malgré des morphologies très similaires, les pipistrelles communes et pygmées occupent des zones différentes des peuplements pour leur alimentation.
Kirkpatrick L., Maher S. J., Lopez Z., Lintott P.R., Bailey S.A., Dent D., Park K.J. (2017). Bat use of commercial coniferous plantations at multiple spatial scales: Management and conservation implications. Biological Conservation 206, 1-10. DOI: j.biocon.2016.11.018

© Arnaud Bouissou/Terra
L’impact du changement climatique sur l’environnement n’est plus à prouver. Face à celui-ci, les espèces vivantes ont différents moyens d’adaptation passant de la recherche d’un climat plus propice à leur survie grâce à la migration, à un changement de leurs activités saisonnières (reproduction, ponte, floraison…). Cependant, le réchauffement se produit à une cadence trop rapide et brutale pour que tous les écosystèmes puissent s’adapter.
L’une des solutions envisagées consiste à créer des corridors écologiques. Ces continuums écologiques maintiendront la possibilité pour les espèces de remonter du sud au nord vers des habitats plus appropriés et ce, à leur rythme.
Pourquoi le changement climatique menace-t-il certaines espèces ? Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer 27/04/2017.

© ingo_s/Fotolia
Pour que la conservation réussisse à long terme, il est nécessaire aujourd’hui d’impliquer le grand public. Souvent, l’approche retenue est d’informer le public sur la raison pour laquelle ils devraient se soucier du milieu à conserver. Cependant, les campagnes d’information ne sont pas souvent efficaces pour changer les opinions, sans parler du comportement du public à l’égard du milieu à conserver.
Une étude menée en Écosse sur le cas des tourbières a analysé les possibilités de développer des approches alternatives pour impliquer le grand public dans la conservation de ces milieux naturels. Ces approches prennent davantage en compte les motivations, les perceptions et les relations de la population avec la nature.
Les résultats de l’étude montrent que les perceptions des tourbières ne sont pas unanimes et que les idées autour de ce milieu naturel sont ambivalentes et variées. Ce fait ne semble pas résulter nécessairement du manque de connaissances, mais plutôt de nombreux facteurs liés au milieu tels que les caractéristiques biophysiques, l’histoire, les compromis entre les différentes utilisations et les différentes relations personnelles avec la nature.
Pour assurer et améliorer le succès à long terme de la conservation, il est essentiel de comprendre et de gérer les perceptions différentes du public ainsi que les différentes attitudes à l’égard du degré de naturalité des milieux à conserver.
Byg A., Martin-Ortega J., Glenk K., Novo P. (2017). Conservation in the face of ambivalent public perceptions – The case of peatlands as ‘the good, the bad and the ugly’. Biological Conservation 206, pages 181–189. DOI : j.biocon.2016.12.022.

© Alex Chen
Des scientifiques japonais ont mis en avant une méthode de médecine préventive accessible à tous : la balade en pleine nature. Ils ont prouvé que se promener en forêt ou simplement s’y asseoir et prendre le temps permettrait de lutter contre le stress du travail, par exemple. Ceci est dû aux multiples huiles essentielles présentent dans le bois et respirées lors des promenades.
Les bains de forêt, la solution santé « miracle » des japonais. Japanization 22/03/2017.

© le blog de Nassogne
Le projet Nassonia qui proposait le développement d’une gestion durable exemplaire de près de 1500 hectares de forêt, d’un laboratoire à grande échelle au bénéfice de la biodiversité en conservant un accès au public est mort… Lors de son dernier conseil communal, la Commune a préféré les revenus d’une chasse d’affaires excessive plutôt qu’une valorisation économique innovante de la forêt, via un tourisme doux et durable.
Le Ministre wallon de la Nature et de la Forêt, René Collin, a annoncé vendredi qu’il allait lancer un appel d’offres relatif à la mise en œuvre d’un projet de type Nassonia sur la forêt domaniale de Saint-Michel-Freyr. « La problématique de la chasse sera absente de la convention, puisque ce sont les Chasses de la Couronne qui gèrent cet aspect dans le cadre d’une convention de long terme avec le Gouvernement wallon dans un but scientifique doublé d’une vocation pédagogique. »
Nassonia flingué par la chasse d’affaires. Communiqué de presse de IEW et Natagora, 27/4/2017.
La forêt de St-Michel-Freyr, une alternative à Nassonia. Communiqué de presse du Ministre René Collin, 28/04/2017.

© Greenpeace
De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la reconnaissance par la Cour pénale internationale du crime d’écocide. L’enjeu : pouvoir juger les responsables de la destruction massive des écosystèmes. Mais derrière cette notion juridique à la définition encore floue, ce n’est rien de moins que la reconnaissance d’un droit des générations futures qui se dessine.
Le « tribunal Monsanto », qui s’est tenu à La Haye en octobre 2016, et qui a rassemblé victimes, avocats, anciens juges mais pas Monsanto, est le premier du genre à explorer les possibilités et les limites du droit actuel. Cet exercice permettra aux victimes de s’appuyer sur les recommandations pour se défendre devant un vrai tribunal.
Les limites actuelles buttent sur la définition même du terme « écocide ». Faut-il ou non y inclure la notion d’atteinte à la santé humaine en plus de celle aux écosystèmes ? (Une dose d’anthropocentrisme aiderait à faire bouger les lignes plus rapidement). Et peut-on concevoir un droit pour des générations futures qui, par définition, n’existent pas ? Le principe de « non-discrimination temporelle » permettrait de contrecarrer ce dernier argument.
Chabal A. (2016). L’écocide, premier pas vers un droit des générations futures ? Uzbek & Rica, 18/03/2017

« Daniel Kovalovszky a réalisé une série intitulée Green Silence. Dans celle-ci, le photographe résidant à Budapest saisit l’immobilité et le silence d’un monde et d’une nature sans civilisation. Au delà d’une simple série, il s’agit d’une réelle expérience de la part du photographe qui a vécu en immersion dans les bois parmi les arbres. »
Damien, 26/04/2017. Green Silence. Fubiz

Hautbois réalisés par le facteur Bruno Salaison (© Forestopic)
Pour les instruments à corde dotés d’une table d’harmonie, l’influence du bois ne fait pas de doute. Ce n’est en revanche pas le cas pour les instruments à vent. Pour les instruments à vent, c’est avant tout la forme de l’instrument qui influence le son.
Sandie Le Conte, ingénieur de recherche au Musée de la Musique de la Philharmonie de Paris explique ceci : « Dans un instrument à vent, ce qui influe sur le son, sur le rayonnement acoustique, c’est la géométrie de la colonne d’air que l’on met en vibration en soufflant dans l’instrument. La position des trous a un impact sur cette géométrie. De plus, que cette colonne d’air soit cylindrique, à l’instar des flûtes ou des clarinettes, ou conique, comme dans le hautbois, va favoriser certaines harmoniques par rapport à d’autres. Cela dépend aussi si les deux extrémités sont ouvertes ou si une anche vient fermer l’une d’elles ».
Des subtilités différencient toutefois les différentes essences. Le bois de certaines essences influence donc le son également pour les instruments à vent. Un bois lisse, comme le poirier par exemple, donne un son plus clair qu’un bois rugueux.
Carroy C. (2016). Instruments de musique à vent : comment le bois fait le son. Forestopic 25/08/2016