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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Des chercheurs français ont analysé les effets de la densité du peuplement, du statut social des arbres et des conditions locales de bilan hydrique estival sur la résistance, la récupération et la résilience de chênes sessiles à la sécheresse de 2003. Pour ce faire, la croissance radiale de 269 jeunes chênes sessiles (entre 10 et 40 ans) en futaie régulière a été étudiée. Il en ressort que les peuplements en situation hydrique favorable (plus humide) ont été les plus exposés à la sécheresse de 2003. Dans les sites plus secs, il existe une interaction forte entre les conditions locales de bilan hydrique et la densité du peuplement. Pour le gestionnaire, cela signifie que, sur station sèche, diminuer la densité augmente la résistance, la récupération et la résilience des arbres, indépendamment de leur statut social. Mais diminuer la densité des peuplements fait apparaître d’autres questions comme celles des gourmands ou de la largeur de cerne. Au forestier donc à trouver le meilleur compromis entre la résistance à la sécheresse, le maintien de la production et la diminution possible de la qualité du bois

En interrogeant notre perception de la nature, on pense tout d’abord à son paysage riche en couleurs, à son odeur sous la pluie ou au soleil sur notre peau. Mais comment écoute-t-on la nature ? Quelle place a l’ouïe dans notre relation avec notre environnement naturel ?

Cela fait déjà près de 50 ans que des travaux sont menés dans le champ de recherche alliant science cognitive et écologie, avec l’étude des « paysages sonores ». En enregistrant des environnements différents, une clairière, un maquis, une forêt avec un ruisseau et une prairie, les chercheurs ont souhaité savoir si les informations sonores de ces environnements étaient perceptibles par le cerveau humain, pour qu’il identifie simplement par l’ouïe les caractéristiques du milieu.

Les résultats des simulations sont limpides : la classification de l’habitat, du moment de la journée ou même de la saison sont largement supérieurs à la performance due au hasard. Il serait donc possible d’entendre le vivant, d’en déterminer des caractéristiques, même pour des personnes vivant en ville et peu exposés à ce type de sons quotidiennement.

Cela soutient l’hypothèse que l’accès à des espaces bioclimatiques diversifiés est une nécessité pour le bien-être et la qualité de vie, et que leurs transformations par des activités humaines ont un impact sur ceux-ci.

Alexandre et Loïc, deux bioingénieurs liégeois, se sont lancés comme scieurs avec leur scierie mobile. Installée sur un châssis de remorque, cette scierie est déplaçable et le client peut faire appel à eux pour faire scier toutes sortes de petit bois. Un des avantages principaux de la scierie mobile est que les bois ne doivent pas être transportés ni exportés à l’étranger, ils sont sciés à l’endroit où ils ont été abattus. Un autre avantage est la taille des lots. Contrairement aux grandes scieries fixes qui préfèrent des lots importants par souci de rentabilité, la scierie mobile est adaptée aux petits lots.

Même si le sciage se fait en plein air, ils travaillent avec beaucoup de précision, selon les besoins de leur clientèle, que ce soient des madriers, des voliges ou de plus grosses pièces. Avec cette petite scierie, qui pèse 2,5 tonnes, ils viennent compléter l’offre sur le marché du bois en Wallonie.

Les panneaux en fibres de bois sont des matériaux appréciés dans l’ameublement, l’aménagement intérieur ou l’isolation thermique. Ils sont fabriqués à partir de bois d’éclaircies, de chablis ou de dosses. Selon leur utilisation, le temps est plus ou moins long avant qu’ils ne deviennent des déchets. En Europe, on estime à 60 millions de tonnes les déchets de panneaux de fibres de bois durant ces cinq dernières années.

Au travers du projet EcoReFibre, regroupant 19 partenaires européens (industriels, chercheurs, écoles…), la filière se mobilise pour valoriser cette ressource et répondre aux exigences de circularité et de sobriété.

Le projet vise à développer des équipements pour mieux trier et des technologies intelligentes pour extraire les fibres de bois et les convertir en nouveaux panneaux. L’objectif est d’atteindre un taux de 25 % de fibres recyclées dans le marché européen des panneaux de fibres de bois.

La dispersion des graines est un processus écologique essentiel pour la (re)colonisation des plantes, en particulier dans les habitats intensément modifiés par l’homme, tels que les terres agricoles abandonnées, où l’arrivée des graines est souvent limitée.

En Espagne, des chercheurs ont étudié les schémas spatiaux de l’ensemencement d’un palmier nain généré par quatre mammifères frugivores et leur correspondance avec la distribution spatiale des plantes adultes.

Cette étude a démontré le rôle central de disperseur de graines du blaireau d’Europe (et dans une moindre mesure du renard roux et du sanglier) dans la (re)colonisation naturelle des terres agricoles abandonnées. Les blaireaux, en déposant leurs excréments avec les graines dans de petits trous et les enterrant peu profondément, pourraient augmenter la survie des graines en empêchant les attaques des vertébrés et en améliorant les conditions microclimatiques.

La disparition d’une de ces espèces disperseuses de graines implique une altération de ce service écosystémique, avec des effets préjudiciables potentiels sur le recrutement, l’établissement et la distribution des plantes.

Les écosystèmes forestiers jouent un rôle tampon vis-à-vis des micro-habitats du sous-étage et,dans un monde qui se réchauffe, fournissent des refuges aux espèces qui y sont inféodées. Ces effets dépendent de la structure et de la gestion forestière. Cependant, le rôle des sols et de la roche-mère est moins connu, alors qu’ils ont également un impact sur la complexité de la structure de la forêt.

Cette étude a évalué les différences en termes d’effet tampon des forêts de feuillus sur des sols calcaires et siliceux. Six espèces ont été transplantées durant des années sèches et humides dans des trouées et sous couvert sur les deux types de sol. La survie des plantations, la transmission de la lumière, la température de l’air et le déficit de pression de vapeur (différence entre la quantité d’eau présente dans l’atmosphère et la quantité d’eau que l’atmosphère pourrait contenir à saturation) ont été mesurés dans tous les traitements. La structure de la forêt et les paramètres du sol ont également été quantifiés sur les deux types de substrat.

· La structure forestière est considérée comme plus complexe sur sol calcaire que sur sols siliceux. Cela induit une lumière plus diffuse transmise en sous étage des contextes calcaires.
· L’humidité de l’air était plus élevée dans le sous-étage des forêts calcaires. A l’inverse, la température maximale de l’air et le déficit de pression de vapeur était plus bas dans les forêts calcaires. Enfin, la quantité de nutriments était plus faible dans les sols siliceux et le sol y était plus sec.
· Pendant les années sèches, la canopée des forêts calcaires a joué un rôle de facilitation pour l’installation des plants transplantés, notamment dans les habitats les plus ombragés.

Les forêts calcaires ont une meilleure capacité à jouer un rôle de tampon que les forêts siliceuses : les dominantes ligneuses calcaires ont des effets facilitateurs plus élevés et, naturellement, la survie en milieu ouvert (calcaire) est plus faible au cours des années sèches.

Un nouveau guide s’est ajouté au recueil de publications du Centre suisse de compétence en sylviculture : une fiche technique de 40 pages sur la conversion en futaie irrégulière. L’auteur du guide, Pascal Junod, un des co-responsables du centre de compétences indique que le guide est avant tout destiné aux propriétaires et gestionnaires forestiers, aussi bien aménagistes que sylviculteurs.

L’objectif de ce guide, en plus de rappeler les principes, les avantages et les inconvénients des futaies irrégulières, est de proposer des cheminements possibles en vue d’hétérogénéiser à petite échelle la structure des peuplements.

Le changement climatique est intégré à la démarche notamment par le fait que la part des feuillus augmente et qu’en plaine la durée de vie des arbres de la strate supérieure diminue.

La conversion est une décision stratégique du propriétaire forestier qui débute au moment où il décide de s’affranchir des coupes à blanc. Elle a pour conséquence, à plus ou moins long terme, la création de forêts irrégulières, composées d’essences en station. L’objectif d’une conversion réside cependant moins dans la structure elle-même, que dans l’état d’équilibre qui permet à l’écosystème d’être le plus multifonctionnel possible.

Ce guide a vu le jour notamment parce que les structures forestières complexes et plus proches de la nature, sont de plus en plus appréciées. Cet intérêt croissant des propriétaires et praticiens forestiers contraste cependant avec la modeste documentation spécifique dédiée à la conversion vers ce type de structure.

La Wallonie a investi dans un plan de relance, via Filière Bois Wallonie, qui vise deux objectifs principaux : d’une part, diversifier nos forêts et d’autre part innover dans le secteur du bois.

Le projet « forêt résiliente » propose un accompagnement et des primes afin d’inciter les propriétaires, publics et privés, à diversifier davantage leurs forêts. Avoir une diversité en essences permet en effet de rendre les forêts plus résilientes face aux changements climatiques.

En aval, la filière bois encourage l’innovation, afin d’exploiter au mieux nos ressources en bois, et contrer l’export vers les marchés internationaux.

Dans plusieurs parties du monde, la fragmentation forestière est une cause importante de perte de biodiversité. Par la perte de surface forestière, les habitats sont dégradés, le maillage forestier est rompu et de nombreuses fonctions écologiques sont perdues. De même, l’analyse de la complexité des espaces naturels est nécessaire pour comprendre leur fonctionnement.

L’identification et le contrôle de cette fragmentation dans l’espace et le temps n’est pas tâche aisée, encore plus si le travail n’est réalisé que par l’homme. Ainsi, une équipe scientifique s’est attelée à améliorer une méthode mathématique existante permettant de traiter des images satellitaires en analysant leur désordre et en identifiant les différentes structures des massifs forestiers (ce qui prépare le travail pour les scientifiques).

Cette nouvelle méthode, plus précise et efficace que les techniques utilisées auparavant, vient enrichir la boîte à outils à disposition des chercheurs pour relever de façon fine les dégradations du maillage écologique. Une première application dans les Carpates à permis d’identifier l’intensité des déforestations de la région entre 2000 et 2021, de comparer les différents massifs montagneux de la région et trouver les sources et accélérateurs de déforestation.