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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Découvrez EcoBioSoil : un site dédié à l’étude de la biodiversité des sols en milieu tempéré. Développé dans le cadre de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Rennes, il comprend notamment l’OPVT, comprenez l’Observatoire Participatif des … Vers de Terre ! Organismes indispensables à nos sols.
L’OPVT a pour objectifs d’évaluer la biodiversité animale des sols agricoles et naturels à l’aide des vers de terre, et de faciliter les observations de différents publics à l’aide d’un protocole simplifié. Progressivement, plusieurs référentiels de ces macroorganismes du sol pourront ainsi être mis en place.

L’article de Forêt-entreprise fait le point sur les conclusions de plusieurs articles scientifiques récents consacrés aux relations complexes entre gestion forestière, âge des arbres ou des peuplements et stockage de carbone.
Ainsi, s’il est avéré qu’un arbre en vieillissant continue à se comporter en pompe à carbone (grâce à sa croissance), il n’est pas certain qu’à l’échelle de la forêt le résultat soit le même, vu que la densité d’arbres par unité de surface diminue avec le temps, naturellement ou sous l’action du forestier. Les auteurs de cette étude ne peuvent donc pas trancher entre jeune ou vieille forêt, vis-à-vis de leur efficacité quant à l’absorption de carbone.
Une autre étude démontre, elle, que l’effet de puit de carbone des vieilles forêts est maintenu grâce au contexte d’augmentation de la concentration atmosphérique en CO₂ et aux dépôts azotés qui booste la croissance des arbres. En réalité, les « jeunes » forêts (de moins de 150 ans dans l’article) seraient plus efficaces comme puit.
À l’échelle du continent européen, on observe par ailleurs le début d’une saturation future du puit de carbone. Les chercheurs l’attribuent à trois causes principales :
Enfin, plusieurs études invitent le gestionnaire forestier à optimiser l’effet d’atténuation par superficie plutôt qu’à l’échelle de l’arbre. Il se doit également de prendre en compte le risque grandissant à mesure que le stock de carbone d’une forêt augmente. Et l’effet de substitution doit intervenir dans ses choix. Ainsi, une forêt gérée régulièrement et durablement avec un âge d’exploitation qui maximise à la fois le volume et la qualité des produits, tout en prenant un risque raisonnable, semble être une stratégie payante pour un bilan carbone optimal sur le long terme.
Martel S. (2019). Gestion, âge, CO? : que nous apprennent de récentes publications ? Forêt-entreprise 245.

Trois scieries et un fabricant de lamellé-collé ont décidé de s’associer pour remettre au goût du jour la construction en sapin avec l’aide de l’INRA.
Le sapin pectiné a en effet de quoi séduire les potentiels acheteurs grâce notamment à ses nuances de blanc qui lui procure un style design. Par ailleurs, le bois massif est en perte de vitesse pour la fabrication de charpente et le lamellé-collé pourrait prendre la relève. Qui plus est, l’essence est bien présente dans le Massif central, les Vosges, les Alpes mais aussi les Pyrénées. Il est donc aisé de s’approvisionner de façon locale avec une ressource présente en suffisance. Vu son caractère montagnard, les propriétés mécaniques du sapin sont équivalentes, voire supérieures à celles de l’épicéa.
Une particularité distingue toutefois le bois de sapin. Il ne présente pas de poche de résine mais des poches d’eau. Les transformateurs ont donc opté pour un séchage préalable à l’air libre avant un passage en séchoir artificiel.
Enfin, un projet de recherche est en cours afin de détecter ces poches d’eau et permettre d’en limiter, au mieux, les impacts pour la transformation.
Carroy C. (2017). Le sapin a son lamellé-collé, et un projet de recherche, pour construire en bois de pays. Forestopic.

Dans le Land de Bade-Wurtemberg, en Allemagne, l’administration forestière a décidé d’espacer d’au moins 40 mètres les cloisonnements d’exploitation afin de ne pas dépasser 10 % de la surface forestière consacrée à ce réseau. Ceci implique que les arbres se trouvant hors de portée du bras de l’abatteuse-ébrancheuse (9 m en général) doivent être coupés manuellement et treuillés jusqu’à la piste de débardage.
Une autre solution est d’utiliser des mini-chariots de débardage sur chenilles. Leur principal atout est leur poids, entre 1,4 et 2,8 tonnes qui leur donne une pression au sol entre 0,16 et 0,30 kg/cm². Leur prix varie de 48 000 à 98 000 €. Il existe actuellement au moins 8 modèles disponibles de marques différentes.
La productivité de ces engins dépend du volume, du nombre d’arbres et de la distance mais pas tellement de l’essence ou de la pente. Leur coût est acceptable dans le contexte allemand, d’autant qu’ils augmentent la productivité des abatteuses-ébrancheuses en concentrant les grumes dans le périmètre des cloisonnements. L’impact environnemental du couple mini-chariot/abatteuses-ébrancheuses semble également être plus favorable.
Berendt F., Fortin M., Suchomel C., Schweier J. (2018). Productivity, Costs, and Selected Environmental Impacts of Remote-Controlled Mini Forestry Crawlers. Forests 9, 591. Doi:10.3390/f9100591.

Grille d’échantillonnage du Réseau de Mesure de la Qualité des Sols (RMQS) en France métropolitaine et à travers le monde.
Le sol constitue une ressource indispensable pour l’homme. Il est en effet le support de production de toutes les matières premières qui lui sont vitales : matériaux, aliments, combustibles, purification de l’eau, régulation du climat, etc. Afin de mettre en évidence la nécessité de mieux appréhender toutes les fonctions du sol, un groupe de chercheurs français s’est rassemblé en 2001.
Ils ont mis en place un réseau d’échantillonnage des sols. Un échantillon est prélevé tous les 16 km, ce qui permet de connaitre les propriétés physiques et chimiques des sols analysés mais aussi de les cartographier. Les chercheurs ont également, depuis 2006, entrepris d’approfondir la recherche en s’intéressant à la vie microbienne des sols ! En effet, les micro-organismes qui peuplent les sols sont comme la face cachée de l’iceberg, tant du point de vue de leur diversité que de leur quantité. Un gramme de sol contient plusieurs milliards d’individus et on dénombre jusqu’à un milliard d’espèces dont les rôles ne sont pas encore bien connus.
Les informations récoltées jusqu’à présent en France sont synthétisées dans un nouvel ouvrage : L’Atlas français des bactéries du sol.
The conservation. La vie secrète des sols français. 06/03/19.

À ce jour, aucun cas de peste porcine africaine (PPA) n’a été détecté en France. Au total, 60 sangliers (trouvés morts ou abattus) ont été analysés, tous sont négatifs à la PPA.
Des actions de surveillance et de lutte se font en coordination entre la France et la Belgique. Ainsi, dans la zone frontalière française la plus exposée au risque d’introduction du virus de la Peste Porcine Africaine (PPA), des mesures sont prises afin de diminuer les densités de population de sangliers et de limiter la circulation en forêt.
Des tests de détection de sangliers sont par ailleurs réalisés à l’aide d’une caméra thermique embarquée sur un hélicoptère. Ces tests visent à jauger l’efficacité des opérations de destruction. De plus, les agents de l’ONCFS utilisent la détection thermique aérienne pour cibler les secteurs géographiques d’intervention dans la zone surveillée.
Des travaux de pose des clôtures devraient  être achevés pour le début du mois d’avril.
Des mesures sont également prises dans le secteur de l’élevage porcin : dépeuplement des élevages non conformes dans les zones à risque et désinfection des véhicules de transport de suidés.
Par ailleurs, des négociations internationales sont en cours afin de permettre à un pays touché par la maladie de pouvoir continuer à exporter à partir des zones qui restent indemnes.
Peste Porcine Africaine : la Gendarmerie nationale et l’ONCFS coopèrent pour repérer les sangliers. Communiqué de presse, 26/02/19.
Peste porcine africaine : la mobilisation de l’ensemble des acteurs se poursuit tout le long de la frontière belge. Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, 28/03/19.

Les femmes sont-elles plus proches de la nature que les hommes ? Si oui, quelles en sont les implications sur le contrôle et la gestion des forêts par les femmes ? Cette question a été soulevée à plusieurs reprises et les études scientifiques récentes sur les attitudes et les comportements des femmes propriétaires forestiers suggèrent qu’elles sont plus préoccupées par l’environnement et moins orientées vers le profit que leurs homologues masculins.
Dans ce cadre, une étude menée sur les propriétaires forestiers suédois a examiné si les valeurs et attitudes exprimées se reflètent bien dans le comportement réel des propriétaires en ce qui concerne l’utilisation des ressources de la forêt.
Les résultats indiquent qu’il existe des différences entre les femmes et les hommes propriétaires aussi bien en ce qui concerne les activités sylvicoles que leur tendance à valoriser le bois et les autres valeurs liées à la forêt. Alors que les femmes et les hommes propriétaires s’intéressent de la même manière à la production de bois, les femmes propriétaires s’intéressent davantage aux valeurs écologiques, récréatives ou sociales de la forêt. Les femmes propriétaires sont également plus enclines à déceler des opportunités d’affaires dans des activités forestières moins traditionnelles, dans des domaines comme le tourisme et la santé.
La gestion des propriétés forestières est fondée sur une combinaison de valeurs de production traditionnelles et non traditionnelles dans une plus grande mesure au sein des massifs gérées par les femmes. Par exemple, en ce qui concerne l’appréciation des avantages/valeurs de la forêt, la chasse et la pêche ont globalement une valeur plus élevée pour les propriétaires masculins alors que les baies et champignons ont une valeur plus élevée pour les propriétaires féminins.
Umaerus P., Högvall M., Lidestav G. (2019). Do female forest owners think and act “greener”? Forest Policy and Economics, Vol 99. Doi : 10.1016/j.forpol.2017.12.001.

Les chênaies sont généralement gérées pour produire du bois. Si on axe leur gestion vers un objectif de conservation, on a tendance à les abandonner et les laisser devenir plus sauvage. L’étude s’est intéressé à une situation où la moitié d’une chênaie continuait d’être gérée pour la production de bois et l’autre était abandonnée, pour y étudier l’effet de l’un et de l’autre sur la biodiversité.
Les chercheurs ont étudié ces deux orientations en s’intéressant en particulier aux lichens, champignons et coléoptères et à leur « réactions » vis-à-vis de l’ouverture de la canopée, de la présence de bois mort et des conditions d’accueil des arbres.
Cette étude permet de mettre en évidence qu’il est intéressant de maintenir des trouées dans la canopée, tout autant que de maintenir des bois sénescents, habitats privilégiés des taxons cités précédemment. Une gestion plus systémique, combinant ces deux dimensions (économique et environnementale) remplit au mieux les conditions favorables à la biodiversité.
Horák J., PavlícekJ., Kout J., Halda J. P. (2018). Winners and losers in the wilderness: response of biodiversity to the abandonment of ancient forest pastures. Biodiversity and Conservation, Vol. 27, Issue 11. Doi : 10.1007/s10531-018-1585-z.

Le douglas semble montrer une plus grande sensibilité à la sécheresse ces dernières années. Jusqu’ici, cette essence était considérée comme résistante mais comment le douglas va-t-il réagir face aux épisodes de sécheresses qui tendent à devenir plus intenses et plus fréquents ?
L’objectif de cette étude était d’identifier les facteurs climatiques responsables de l’accroissement radial du douglas et de l’épicéa et d’examiner leur réponses respectives aux sécheresses estivales.
9 sites situés entre 260 et 600 m d’altitude, et comportant des peuplements mixtes d’épicéa et de douglas ont fait l’objet d’analyses dendrochronologiques (science basée sur l’analyse des cernes de croissance des arbres, en s’attachant essentiellement à la mesure de leur largeur, à leur description et à leur ordonnancement dans le temps). Ces études ont permis d’identifier les facteurs climatiques limitant la croissance des arbres :
Les auteurs recommandent ainsi une certaine prudence quant à considérer le douglas comme l’alternative idoine des peuplements dépérissants d’épicéa.
Vejpustková M. and Cihák T (2019). Climate Response of Douglas Fir Reveals Recently Increased Sensitivity to Drought Stress. Forests 97. Doi:10.3390/f10020097.

Diego Stocco fait chanter l’olivier de son jardin (2’54’’).
« Dans le jardin de ma maison il y a un arbre avec beaucoup de branches mortes. Il semble bizarre et agréable en même temps. Un jour, je me suis demandé si je pouvais créer un morceau de musique avec. »
Stocco D. (2009)

« Lorsque ma mère me demandait comment s’était passée ma journée à l’école lorsque j’étais enfant, je préférais faire une petite bande dessinée pour la lui raconter », révèle Erik Johansson. Le photographe Suédois qui a grandi dans une ferme avec ses parents et ses deux petites sœurs est devenu maître dans la manipulation de photographies. Depuis son enfance passée en partie dans la nature, il a toujours aimé dessiner. « C’est comme ça que j’ai toujours souhaité m’exprimer », ajoute-t-il. Et c’est à ses 15 ans qu’il obtient son premier appareil photo. « Cela m’a ouvert les portes d’un nouveau monde. Mais je sentais que je voulais faire quelque chose de plus avec ces images. Mon intérêt pour les ordinateurs a rendu naturel le fait que je me tourne vers la manipulation de photos. Je jouais avec les clichés sur l’ordinateur, en essayant de créer quelque chose qui n’aurait pas pu être capturé avec la caméra ».
Johansson E. Fubiz.net.