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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Le cœur des villes s’isole progressivement des zones forestières, le nombre de kilomètres à parcourir entre le centre-ville et une zone de « nature », n’a jamais été aussi grand. En cause, les aménagements urbains et notamment dans les périphéries qui cimentent et bétonnent d’anciennes zones plus naturelles comme les prés, les espaces de nature ou encore les forêts.
Au sein de nos villes, les arbres et parcs sont devenus de rares vestiges d’une naturalité oubliée et pourtant si convoitée. Pourtant, de plus en plus d’études mettent en avant les bienfaits des « bains de forêts » ou les caractères apaisant et dépolluant de certaines espèces végétales.
L’aménagement urbain tente de se reverdir. Depuis quelques années, de nouveaux paris cherchent à insérer la forêt et la nature en tant qu’éléments de base dans leurs architectures. À Milan, on peut ainsi admirer le prototype d’une forêt verticale. Stefano Boeri, concepteur de ce gratte-ciel a entièrement végétalisé sa construction qui change ainsi d’aspect au rythme des saisons. Son nouveau projet, localisé à Nanjing en Chine doit être livré en 2018 et permettrait d’absorber quelques tonnes de CO₂ par an, détail non négligeable pour les villes extrêmement polluées. Il n’est pas le seul, une nouvelle génération d’architectes et d’artistes végétalisent leurs œuvres toujours plus imposantes et ambitieuses, dans leur terrain de jeu de prédilection qu’est la mégalopole. De Paris à Taipei, les initiatives fleurissent pour redonner à nos villes une allure de jardin enchanté.
Legrande C. (2017). 7 forêts verticales à habiter. 7×7.press, 10/02/17

Les classes sociales des arbres selon Kraft : 1 super-dominant ; 2 dominant ; 3 co-dominant ; 4 dominé;  5 complètement dominé.
Les arbres en sous-bois ont un accroissement de cernes plus faible que celui des arbres se développant dans la canopée. Au-delà de cette information bien connue, il est intéressant de savoir quelles en sont les implications sur la structure du xylème (transport de sève brute) ainsi que sur la conductivité hydraulique potentielle de ces arbres de sous-bois.
Les arbres de sous-bois ont un xylème avec des vaisseaux plus nombreux mais de diamètres inférieurs aux grands arbres. La structure du xylème de ces arbres est également plus stable due à des variations de microclimat plus faibles qu’au niveau de la canopée.
Contrairement aux idées reçues, les arbres de sous-bois, une fois mis en lumière, n’atteignent jamais une structure de xylème ainsi qu’une conductivité hydraulique identiques à celles des arbres de grandes tailles, même s’ils s’en approchent. La taille de l’arbre a ainsi une influence sur la structure du xylème mais également sur sa capacité de réaction face à une ouverture de la canopée.
Noyer E. and al, (2016). Xylem traits in European beech (Fagus sylvatica L.) display a large plasticity in response to canopy release. Annals of Forest Science, DOI 10.1007/s13595-017-0634-1

En Allemagne, la région du Bade-Wurtemberg abrite des douglas de qualité, fruits de l’obstination d’un forestier qui dès 1907 s’est obstiné à promouvoir l’expansion du douglas vert. Aujourd’hui, les soins ont été rationnalisés, on élague 100 à 120 arbres/ha jusqu’à 11 m. Les diamètres objectif sont compris entre 60 et 100 cm sous écorce à DHP. La qualité recherchée vise les arbres avec une faible décroissance (1,9 cm/m) et 80 % de bois de qualité soit les arbres à faible aubier avec plus des deux tiers du volume sans nœud dans la partie élaguée. La largeur des cernes varie de 0,8 à 1,5 cm. La proportion de bois juvénile doit être aussi faible que possible, la croissance des vingt premières années doit donc être limitée.
Au mois de septembre a eu lieu la plus importante vente de douglas d’Allemagne. Plus de 1000 m³ sous écorce de billes de pied de douglas ont été proposés. Le prix de vente moyen sous écorce était de 235€/m³. Le prix record a atteint 411€/m³ (bille de 15 m de long, diamètre médian sous écorce de 82 cm, volume de 7,97 m³, soit 3 276 € la bille). Le marché local de gros douglas de qualité est animé par une vingtaine d’industriels qui ont su lui trouver des utilisations innovantes en particulier en agencement intérieur.
Les prix au mètre cube de pied de première qualité ne cessent de monter. La différence de prix entre la qualité A et B est actuellement de l’ordre de 50 %. Toutes qualités confondues, le douglas se vend environ 25 % plus cher que les résineux traditionnels (sapin, épicéa). Si la nodosité des arbres est avant tout l’élément sur lequel le classement des billes de douglas est établi, d’autres éléments interviennent de plus en plus à l’instar de la densité du bois, la largeur des cernes, la présence de bois juvénile. Et, au-delà de la largeur des cernes communément acceptée jusqu’à 6 mm en Allemagne, on s’intéresse de plus en plus au classement par module d’élasticité qui renseigne au mieux sur la résistance et la rigidité du bois. Ces nouveaux aspects principalement qualitatifs sont souvent difficiles à évaluer sur le terrain et demandent des moyens technologiques (tomographes, par exemple) et une logistique différente (mesure pièce par pièce en scierie).
Chavet M. et P. (2017). Allemagne : prix en hausse pour les douglas de qualité. Bois international, 13/05/17.

,Le congrès annuel de Pro Silva Europe s’est tenu du 28 au 30 juin derniers, à Sibiu, en Roumanie.
Ce meeting fut l’occasion pour les représentants de chaque pays membre de Pro Silva Europe de visiter plusieurs forêts dans les Carpates roumaines, dans les régions de Transylvanie et de la Valachie. Des forêts appartenant à différentes communes, à l’état et à un institut de recherche ont été visitées grâce aux explications des gestionnaires sur place et des membres de la toute nouvelle association Pro Silva Roumanie.
La prévision des activités et des projets de Pro Silva Europe était également à l’ordre du jour, avec des discussions et la constitution de groupes de travail en vue de maintenir une bonne coopération internationale. Ce meeting fut également l’occasion pour Pro Silva Irlande de présenter la version anglophone du document de vulgarisation illustrant la circulaire Pro Siva du DNF. Un exemplaire a été distribué aux participants.
Pro Silva Wallonie était représenté par une délégation : Christine Sanchez (Forêt Wallonne asbl) et Jean-François Plumier (Direction des Ressources forestières, DNF). Un compte-rendu technique sera publié dans le prochain bulletin de Pro Silva Wallonie.

Les agents de l’IGN observent et mesurent les arbres (hauteur, circonférence, accroissement, etc.) sur des placettes d’inventaire. Ils y décrivent aussi le peuplement forestier, la végétation ainsi que les conditions de station (pente, exposition, sol, etc.).
L’objectif principal de cette étude réalisée par des chercheurs français était d’estimer les changements de croissance récents pour huit grandes essences d’arbres européens, dans des contextes naturels allant du milieu montagneux jusqu’à la Méditerranée.
Dans ce contexte, les inventaires forestiers nationaux (IFN) qui assurent un suivi systématique et régulier des forêts, constituent une source de données unique. En utilisant un nombre important de valeurs d’accroissements issus des placettes des IFN, les changements temporels de l’accroissement en surface terrière ont été modélisés.
Les résultats montrent que les modifications récentes (1980-2007) des rythmes de croissance de ces principales essences varient fortement selon les essences et le contexte. Les accroissements augmentent pour les espèces de montagne, augmentent modérément pour les espèces de plaine et diminuent pour les espèces méditerranéennes, allant de +42 % dans les contextes montagneux à -17 % dans les contextes méditerranéens.
Ces changements révèlent l’effet récent du réchauffement climatique et sont structurés en fonction des conditions de croissance (température et précipitations). Ces changements d’accroissement sont plus importants dans des contextes plus froid et humide que dans les contextes plus chaud et sec pour lesquels des diminutions ont été observés.
Charru M., Seynave I., Hervé J-C., Bertrand R., Bontemps J-D. (2017). Recent growth changes in Western European forests are driven by climate warming and structured across tree species?climatic habitats. Annals of Forest Science, doi.org/10.1007/s13595-017-0626-1.

En haut, Frelon européen (Vespa crabro). En bas, Frelon asiatique (Vespa velutina).
Le premier nid de frelons asiatiques a été découvert le 20 novembre 2016 au sud de Tournai. Malgré sa destruction très rapide, d’autres frelons ont été détectés plus à l’intérieur du pays par la suite. La sonnette d’alarme est tirée. Une vigilance renforcée est appliquée sur le territoire pour permettre de repérer les frelons, les neutraliser ainsi que de suivre et de cartographier son invasion.
Centre wallon de Recherches agronomiques, Communiqués « Aidez-nous à détecter les frelons asiatiques », 04/07/2017.

La gestion forestière peut-elle influencer la régulation des ongulés par le loup ?
Il semblerait que la réponse soit : oui. Bojarska et al. ont étudié quelles caractéristiques du milieu amélioraient le succès de prédation du loup. Ils ont analysé les caractéristiques des lieux, dans une forêt gérée de manière intensive dans l’ouest de la Pologne, où les loups tuaient leurs proies (cerfs élaphes et chevreuils).
Il en résulte que loup tue plus souvent ses proies dans des endroits de lisière, à proximité d’eau, dans des zones munies de clôtures ou encore dans des peuplements forestiers plus jeunes. De ce fait, la gestion forestière peut aider le loup dans la chasse de ses proies par la création d’obstacles. Le maintien de certains éléments naturels tels que des plans d’eau, des marécages, un sous-étage ou des arbres morts au sol peut améliorer le succès de prédation du loup et éventuellement augmenter le contrôle des ongulés dans les forêts commerciales.
Voici un bel exemple de réconciliation entre la conservation de la nature et la gestion forestière.
Bojarska K., Kwiatkowska M., Skórka P., Gula R., Theuerkauf J., Okarma H. (2017). Anthropogenic environmental traps: Where do wolves kill their prey in a commercial forest? Forest Ecology and Management 397, doi.org/10.1016/j.foreco.2017.04.013.

Le bureau d’architecture Art & Build, associé à plusieurs entreprises de la filière bois en Europe, a mis au point des panneaux de bois aux lignes courbes, ouvrant de nouvelles perspectives pour la construction. Après un an et demi de recherche et développement, le prototype en CLT cintré (panneau de bois lamellé-croisé) vise à donner naissance à des murs porteurs de formes arrondies, là où les angles droits restent aujourd’hui la norme architecturale.
Le panneau de bois serpente, s’enroule sur lui-même et se déroule. La fabrication de ces panneaux en bois cintrés s’appuie sur le lattice hinge (qui signifie « charnière en treillis »). Cette méthode s’inspire elle-même du kerfing (littéralement, « action d’entailler le bois »), une technique utilisée par les luthiers pour rendre le bois flexible à froid. Le lattice hinge, et ses rainures en quinconce appliquées sur le bois, fait l’objet d’une base de données en ligne (Webentwood.com), réalisée par des étudiants de l’ENSA Paris-Malaquais.
Autre particularité, le cintrage se veut réversible. Une réalisation en innovation ouverte, sans dépôt de brevet est envisagée. Une fois les derniers réglages affinés, ce nouveau mode constructif pourrait se matérialiser en des bâtiments de quatre ou six étages au départ.
Carroy C. (2017). Des panneaux de bois courbes pour innover dans la construction. Forestopic, 07/06/17.

Le Centre national de la Propriété forestière (en France) vient de lancer un site web offrant des ressources pédagogiques sur la gestion forestière. L’idée est d’accompagner à distance les propriétaires privés désireux de s’investir dans leurs bois.
Le site commence avec des questions essentielles comme : Comment retrouver les limites de mes bois ? Qui peut m’aider à gérer mes bois ? Quels travaux ou coupes envisager dans mes bois ? Que valent mes arbres ? Comment vendre des arbres sur pied ? Comment m’organiser pour gérer mes bois ? Et continue sur des thèmes plus transversaux comme la préservation de la biodiversité.
À travers mini-textes et présentations vidéo, le CNPF propose ainsi à ceux qui manquent de disponibilité « d’entamer leur formation forestière depuis chez eux ». Le dispositif vient en complément des formations existantes sur le terrain.

« Pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous faisons très bien chez nous ?
Voilà la question au centre de la campagne de sensibilisation de l’Office économique wallon du bois. Des spots radio et télé (30’’) ainsi que des affiches abris-bus donnent un coup de projecteur sur les ressources forestières wallonnes et les produits issus du savoir-faire de nos entreprises. Une initiative qui bénéficie du soutien de la Wallonie et de la marque collective   « Bois local – Notre savoir-faire ».

Le concours photo « Experience Forests, Expercience PEFC », organisé simultanément dans 22 pays membres de PEFC, a recueilli plus de 11 000 photos au total dont près de 500 en Belgique.
Le jury, composé de photographes professionnels, s’est attelé à la sélection des photos soumises par les participants belges et vient de communiquer son palmarès.