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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

En Finlande, des chercheurs ont mesuré l’impact de cinq stratégies de gestion sylvicole, menées dans un objectif de rentabilité économique, sur les services écosystémiques rendus à la société (production de bois, stockage de carbone, bilan carbone et biodiversité). Ces stratégies ont été comparées au moyen de simulations d’évolution du peuplement sur une durée de 100 ans dans une zone de 43 000 hectares de forêt boréale. Les cinq stratégies sylvicoles étaient : la futaie régulière avec éclaircie par le bas, la futaie régulière avec éclaircie par le haut, la sylviculture à couvert continu, une combinaison entre la futaie régulière et la sylviculture à couvert continu et une sylviculture appelée d’âges multiples.

Du point de vue de la rentabilité économique, la méthode régulière avec éclaircies par le bas était de loin la moins rentable alors que les quatre autres se sont montrées assez équivalentes. La méthode régulière avec éclaircies par le bas était également la moins intéressante du point de vue du stockage de carbone (écosystème et produits bois), du bilan carbone et des indicateurs de biodiversité. La sylviculture à couvert continu et la sylviculture d’âges multiples étaient quant à elles les plus efficaces en matière de stockage du carbone (+24 % pour la sylviculture à couvert continu) et de biodiversité. À la fin de la période de 100 ans, les deux stratégies régulières montraient des stocks de carbone plus bas qu’ils ne l’étaient initialement. L’étude montre que, même quand l’objectif principal est la maximisation du revenu, il est possible d’améliorer la valeur des services écosystémiques rendus en optant pour des modes de gestion réduisant les surfaces de mises à blanc. L’étude a également montré la nécessité de travailler sur le long terme lorsque l’on s’intéresse au carbone.

Connaître la nature grâce à son smartphone ? Pour certains, il est hors de question de troquer ses jumelles et quelques bons livres contre l’intelligence artificielle !

Bon, il est vrai que ces applications ne remplaceront jamais les formations, les livres, les visites de terrain, qu’elles n’apprennent pas l’écologie et ne permettent pas d’acquérir des qualités d’observateur. Mais le constat est clair : de plus en plus d’applications visant à reconnaître la nature existent et peuvent être une porte d’entrée vers une connaissance plus approfondie et donner la soif d’apprendre.

Pl@ntNet est l’incontournable système d’identification des plantes sur base de photos de la feuille, de la fleur, du fruit ou même de l’écorce. Elle fait notamment intervenir la science participative, où les experts corrigent les novices et les résultats sont donnés en fonction du lieu où est prise la photo.

BirdNet est le shazam des chants d’oiseaux et utilise également la localisation. L’outil est très performant et peut même reconnaître plusieurs chants.

Enfin, Obsidentify, la préférée des naturalistes belges, est couplée avec la plateforme observations.be et donne un pourcentage de fiabilité. Elle obtient de bons résultats sur les oiseaux et les insectes.

Des chercheurs de l’université du Maryland, aux États-Unis, ont créé un nouveau procédé pour rendre des feuilles de bois transparentes. D’autres procédés antérieurs consistaient à retirer la lignine du bois (la « colle » des fibres). Cependant, ces procédés étaient chronophages, polluants et coûteux pour des résultats loin d’être optimaux

Cette nouvelle méthode ne retire plus la lignine mais la décolore. En effet, c’est en grande partie la teinte brune de la lignine qui donne la couleur au bois. Après décoloration, la feuille de bois reste blanche et est ensuite infusée dans de la résine époxy qui vient combler les vides dans le bois. Cette dernière étape a pour but de limiter la réfraction de la lumière à travers le bois et donc de le rendre plus transparent (par exemple, un mouchoir en papier trempé dans l’eau le rend translucide). 90 % de la lumière visible peut maintenant passer à travers.

Ces recherches sont menées dans l’espoir de pouvoir utiliser le bois en remplacement du verre afin notamment de limiter les casses accidentelles, d’améliorer les pertes d’énergie conséquentes au niveau des fenêtres et de réduire les besoins en énergie pour la production du verre.

Pour faire face aux changements climatiques, les gestionnaires forestiers envisagent plusieurs solutions sylvicoles, parmi lesquelles le mélange des essences et la diminution de la densité de tiges. Dans ce cadre, une thèse de doctorat a identifié les différentes réactions aux évènements extrêmes (notamment les sécheresses estivales) des peuplements mélangés de chênes sessiles et de pins sylvestres. La zone d’étude est située en forêt d’Orléans (France).

Les résultats de l’étude montrent que la croissance radiale des individus est affectée différemment par la sylviculture selon les essences en présence. Le chêne sessile possède une résistance au stress estival plus importante en mélange que dans sa monoculture. À l’inverse, la résistance du pin est plus faible en mélange que dans sa monoculture. La densité du peuplement ne modifie pas la résistance de ces deux essences.

Au niveau des ressources en eau, les deux essences prélèvent majoritairement dans les horizons proches de la surface en monoculture. Alors qu’il y a une complémentarité partielle entre les deux essences en peuplements mélangés, les chênes descendent majoritairement dans les horizons plus profonds (30-45 cm) et les pins restent dans les horizons plus superficiels. Cette complémentarité semble diminuer le stress subi par les chênes en mélange mais aucun effet n’est révélé sur le pin.

Les résultats montrent qu’il est nécessaire de prendre en compte la physiologie des essences sur l’utilisation de l’eau, relativement les unes par rapport aux autres, afin de pouvoir mettre en place le meilleur compromis possible entre la productivité et la diminution des risques liés à la sécheresse.

Le semis direct était largement pratiqué jusqu’au 18ème siècle, avant de s’éclipser au profit des plantations. Il connaît un certain essor depuis quelques années pour diverses raisons. Une enquête suisse, réalisée en 2020, analyse les résultats de plusieurs dizaines d’expériences de semis direct. La moitié des expériences recensées sont réalisées sur des coupes rases. Un tiers ont comme objectif un enrichissement du peuplement existant et un quart visent à initier un rajeunissement après une éclaircie.

Près de 70% des cas montrent des résultats satisfaisants à très bons, surtout pour le chêne, le noyer et le châtaignier. Le reste montrant des résultats mitigés, surtout pour le sapin pectiné, l’épicéa, le hêtre et le sorbier des oiseleurs.

Les avantages du semis directs sont multiples : meilleure stabilité de la plante par rapport aux plantations, accélération de la propagation des essences à semence lourde, enrichissement avec de nouvelles essences, richesse génétique, grande quantité de tiges qui favorisent un élagage naturel, réaction rapide (indépendamment de la disponibilité des plants en pépinière). Le semis direct offre en outre une opportunité de réaliser des projets d’éducation à l’environnement.

En termes de coût, ils sont faibles pour la récolte et le stockage (voir nul pour le stockage si le semis est réalisé immédiatement). Les entretiens l’année suivant le semis peuvent cependant effacer la différence de coût avec la plantation (fauchage des herbes et des ronces dans certains contextes).

Quelques idées de dispersion originales ont été testées avec succès : des caisses remplies de glands mises à disposition des geais, qui vont en cacher une grande quantité aléatoirement dans le peuplement ; chien domestique équipé d’une sacoche remplie de semences qu’il va disperser au gré de ses déplacements, semis sur neige, etc.

Lancé par la Ministre Céline Tellier, en charge de l’Environnement et de la Forêt, le projet pilote « Forêt résiliente » a pour objectif d’encourager les propriétaires forestiers à réfléchir différemment leur gestion pour régénérer leurs forêts et les orienter vers une forêt plus résiliente aux changements climatiques.

Grâce à un système d’appel à projets, les propriétaires d’une forêt privée en Wallonie peuvent demander jusqu’à 3000 €/ha d’aide pour reconstituer leurs surfaces mises à blanc pour raison sanitaire. L’objectif est d’arriver à terme à des forêts mélangées, adaptées aux changements globaux et intégrant davantage la biodiversité.

Les propriétaires ont jusqu’au 30 juin 2021 pour encoder leur dossier sur foretresiliente.be

Si certains insectes sont redoutés du sylviculteur, d’autres sont bien utiles à la forêt ! Certes, les ravages que causent certaines espèces ne sont plus à documenter. Les insectes ravageurs peuvent en effet s’attaquer à toutes les parties de l’arbre : feuilles, rameaux, écorces, bourgeons, fruits, sève, etc. Ils sont la cause de dégâts importants surtout s’ils sont exotiques et que la nature n’est pas adaptée localement pour contrer leurs effets.

Cependant, bien des insectes sont de véritables alliés du sylviculteur, rendant d’innombrables services à la forêt : pollinisation, prédation des ravageurs, décomposition de la matière organique, nettoyage des cadavres et autres excréments ou encore aération des racines n’en sont que quelques exemples. Sans les insectes et autres organismes du sol, comment pousseraient nos arbres ? Sans pollinisateurs, comment certaines essences se reproduiraient-elles ?

Plusieurs actions simples peuvent être mises en place pour favoriser les insectes en forêt, notamment le maintien de grosses tiges de lierre et la préservation d’arbres porteurs de microhabitats. Le lierre offre le gîte et le couvert à de nombreux insectes et oiseaux, alors que le maintien de quelques arbres à microhabitats, généralement de faible valeur économique, permet à de nombreux insectes d’accomplir leur cycle de vie complet. Un objectif de trois à cinq arbres porteurs de microhabitats par hectare est d’ailleurs recommandé.

L’avifaune prairiale voit ses populations décliner depuis de nombreuses années dans toute l’Europe. Les causes principales sont la réduction et la fragmentation des surfaces des prairies ainsi que l’évolution des pratiques agricoles. Une fauche trop précoce, par exemple,  ne laisse pas assez de temps aux oisillons pour se développer suffisamment et pouvoir s’enfuir devant les machines.

Une étude a ainsi été réalisée dans le Val de Saône afin de déterminer l’impact d’une fauche tardive (après le 15 juillet) sur le succès reproducteur des passereaux, du courlis cendré et du râle des genêts. Il en ressort tout d’abord que cette date est adéquate et induit un succès reproducteur d’environ 80 %. Ensuite, il est montré que les espèces philopatriques sont les plus impactées par cette mesure. En effet, les oisillons ayant survécu reviennent sur site tandis que les couples chassés des zones fauchées plus hâtivement ont tendance à s’établir de façon pérenne dans les zones de fauches tardives. Par ailleurs, il faut noter qu’une prairie de grande surface en fauche retardée a plus d’impact que plusieurs petites prairies. Cela peut s’expliquer par une concurrence accrue dans ces dernières en raison d’une surdensité ainsi que par le risque d’attirer de potentiels prédateurs.

Des chercheurs allemands et danois ont mis en évidence que les frênes peu sensibles à la chalarose ont une meilleure aptitude à la reproduction que les arbres très sensibles. Même si l’expérience a pour le moment été menée sur des clones, ces résultats sont encourageants pour le rétablissement potentiel des forêts de frênes. La sélection contre les génotypes les plus sensibles lors du renouvellement du peuplement devrait faciliter l’acquisition d’une résistance à la maladie dans les frênaies.

C’est une première en Europe : un cours en ligne sur la gestion forestière voit le jour, dispensé par AgroParisTech. Quel que soit le profil, pour autant qu’il y ait un intérêt pour la forêt et ses enjeux, chacun est invité à suivre pendant cinq semaines un parcours pédagogique composé de vidéos, conférences et autres ressources sur la forêt. Ce cours a pour ambition de permettre une meilleure compréhension du milieu forestier, de ses pratiques et de ses controverses. À la clé, un certificat de formation si l’élève réussit les quiz d’évaluation.

Une manière innovante d’amener une réflexion sur la gestion forestière actuelle et, pourquoi pas, de susciter de nouvelles vocations.

« Depuis le début du XXe siècle, une dizaine de maladies virales ont émergé. Leur point commun : toutes proviennent de la confrontation entre les humains et des espèces animales autrefois contingentées dans leur milieu naturel. »