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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

L’équipe qui a mis au jour le louveteau de Tumat.
Derrière ce titre qui prête à confusion se cache une vérité quant à elle tout à fait sérieuse. En effet, des scientifiques ont pu analyser de l’ARN de loup (molécule considérée comme le « livret d’instructions » pour la fabrication des protéines) vieux de 14.300 ans récolté dans le pergélisol sibérien en 2015.
Nous connaissions déjà les propriétés conservatrices du permafrost pour l’ADN dont l’analyse est presque devenue routinière. Mais le fait que l’ARN, beaucoup moins stable, puisse également y être préservé constitue une seconde découverte et non des moindres. Elle donne aux chercheurs l’espoir de trouver plus d’ARN ancien qui, une fois traité, donnerait des informations sur les mécanismes cellulaires précédant la mort mais surtout sur l’évolution des virus constitués d’ARN tels le HIV, la fièvre jaune ou à Ebola.
Degueldre C. (2019). De L’ARN de loup vieux de 14 000 ans dans le permafrost Sibérien. Communiqué IRSNB, 31/07/2019.

Depuis longtemps quelques feuillus seulement focalisent l’attention de la filière bois. Les forêts européennes recèlent pourtant une grande diversité potentielle : tilleul, merisier, érables, aulne, sorbier, charme, poirier… Malheureusement, ces bois autrefois valorisés ne font plus partie intégrante de la filière et les volumes récoltés ne font que diminuer depuis plusieurs décennies. Ils sont en effet plus disséminés au sein des massifs et donc difficiles à mobiliser. Qui plus est, ils ne connaissent pas de marchés stables ni dans le temps, ni dans les volumes transformés.
La fermeture de nombreuses petites scieries valorisant la ressource très localement a contribué à ce phénomène. Les habitudes de consommation ont également joué un rôle prépondérant. Les meubles en bois massif n’ont plus du tout la cote, particulièrement pour les essences aux couleurs prononcées.
Pourtant de nombreux forestiers ont planté ces essences voici quelques décennies en espérant récolter le fruit de leur travail et de tous les soins qu’ils ont apporté à leurs bois. Ceux-là n’ont pour autant pas tout perdu malgré le prix parfois dérisoire offert pour ces grumes. Ces essences relativement rares en forêt apportent une diversité dont il faut tirer parti pour faire face aux différents pathogènes et aux changements climatiques. Beaucoup jouent un rôle plus large de soutien à la biodiversité et de préservation des sols. Les apports de ces essences compteront de plus en plus à l’avenir.
Les modes étant cycliques, la tendance ramènera peut-être au premier plan ces essences aux très nombreux atouts.
Charoy P. (2019). Feuillus divers, pourquoi les marchés n’en veulent plus. Forêts de France 626.

« Pour contrôler précisément l’humidité ambiante, l’œuvre est placée dans une enceinte climatique hygrorégulée. Les chercheurs y font varier de 10 % l’humidité relative de l’air : ce taux suffit pour étudier le phénomène de déformation sans provoquer de dommages au tableau. Une balance à haute précision, visible ici sous l’œuvre, leur permet alors de mesurer la masse d’eau absorbée par le bois. »
Les œuvres en bois se déforment au fil du temps. Une équipe de scientifiques et de restaurateurs du musée Fabre de Montpellier tente de comprendre ces déformations du bois et leur influence sur les œuvres. Pour ce faire, toute une série de dispositifs inédits de mesure des déformations du bois et de la quantité d’eau absorbée par le bois ont été mises en place en 2018.
L’objectif ? Comprendre les secrets des mouvements du bois afin de pouvoir restaurer les œuvres et améliorer leur conservation préventive.
Nicolas N., Pelletier L. (2019), Les œuvres à l’épreuve des musées. Le Journal CNRS 25/07/2019.

Après 65 ans d’absence sur notre territoire, la Stélis des caricoles (Stelis odontopyga), une abeille parasite d’une autre abeille, l’osmie épineuse des caricoles (Osmia spinulosa), a à nouveau été observée en Belgique en 2019. Une bonne nouvelle que l’on doit aux prospections réalisées dans le cadre du projet SAPOLL, visant à approfondir les connaissances sur nos pollinisateurs sauvages. Observée dans la réserve dunaire « De Westhoek » à La Panne, Stelis odontopyga dépend entièrement d’une population saine de son hôte Osmia spinulosa, qui lui-même est relativement rare et a la particularité de construire son nid dans les coquilles d’escargots vides. En Belgique, la Stélis des caricoles est à la limite nord de sa répartition. Comme de nombreuses espèces méridionales, elle pourrait toutefois apparaître plus fréquemment chez nous à l’avenir, en raison du changement climatique en cours. À noter également que la grande discrétion de l’espèce a pu la rendre relativement inaperçue dans les inventaires précédents. Des prospections ciblées dans l’habitat approprié devront donc être menées pour clarifier sa répartition.
Communiqué SAPOLL, 20/08/2019.

De l’insecte au mammifère, toute la beauté du monde animal est représentée dans le concours de photographies Wildlife Photographer of the year qui est organisé depuis 1965 par le Natural History Museum de Londres. L’année dernière, 45.000 photos ont été envoyées au jury et une centaine ont été retenues.
Les images sont choisies pour leur composition artistique, leur innovation technique et leur interprétation fidèle du monde naturel.
En 2018, notre compatriote Michel d’Oultremont avait reçu le prix « Étoile montante » de ce prestigieux concours.
1er prix adulte : Yongqing Bao
1er prix jeune : Cruz Erdmann
Charlie Hamilton James
Ripan Biswas
Tommy Pedersen
Frank Deschandol
Peter Haygarth
Charlie Hamilton James
Max Waugh

Régisseur-adjoint pour la Donation Royale (domaine d’Ardenne)
Échéance : 31/10/2019
Collaborateur·rice et Directeur·rice pour la Fondation Forêt de Soignes (h/f/x)
Échéance pour postuler : 31/10/2019

Vue du système racinaire de plants déterrés 6 ans après plantation. En haut : plants de 1 an cultivés en godet de 275 cm³. En bas : plants de 3 ans (2+1) cultivés en pleine terre.
Dans le cadre de l’éligibilité des plants en godets aux subventions publiques en France, le ministère de l’Agriculture a demandé à l’IDF et l’Institut Technologique FCBA d’étudier la qualité de plantations de douglas réalisées avec différents types de plants : racines nues et godets de 200 à 300 cm³.
Les principaux résultats de cette étude montrent que les taux de reprise des plantations sont identiques. L’analyse n’a pas mis en évidence de différence entre les deux modes de culture pour la majorité des variables mesurées : reprise, survie après quelques années, stabilité de la partie aérienne, épaisseur du système racinaire, dégâts de gibier…
Quelques différences existent comme la courbure basale qui est davantage présente sur les plants à racines nues, mais ces défauts sont davantage liés à la plantation qu’à leur mode de culture et leur proportion reste faible dans les plantations étudiées. Par ailleurs, les plants à racines nues, plus grands au moment de la plantation, ne conservent pas cet avantage et sont rattrapés par les plants en godet après quelques années. Les dégâts liés à l’hylobe (dans un contexte de plants traités contre l’insecte) concernent 5 % des plants quel que soit le mode de culture considéré mais ces attaques entraînent davantage de mortalité sur les plants en godets que sur ceux à racines nues.
La conclusion des auteurs est donc que les deux types de plants conduisent à des peuplements de qualité comparable sous réserve toutefois d’être plantés de façon soignée. Aucun argument technique ne semble donc justifier un traitement différent de ces plants au niveau des arrêtés régionaux et des aides financières publiques.
Girard S., Veuillen L., Chaumet M., Thivolle-Cazat A. (2019). Évaluation et perspectives de développement des plantations de douglas réalisées avec des plants élevés dans des conteneurs inférieurs à 300cc. Rapport final de la convention n° E17/2018, Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, CNPF (IDF), FCBA, 157 p.

En France, les professionnels de la filière forêt-bois disposeront bientôt d’un nouvel outil : une carte dynamique des dessertes dédiées au transport du bois. Cet outil collaboratif en ligne permettra de visualiser et de partager plusieurs types d’informations :• sur les équipements (places de dépôt, aires de retournement, de croisement, barrière…) et les ouvrages d’art (nom de leur gestionnaire, les points de contraintes…),• sur les contraintes (pente supérieure à 10 %, lacet, tunnel, pont, dégradation éventuelle, obstacle, fermeture temporaire…),• des infos générales (nom des pistes forestières, nature du revêtement – bitume, terre, terrain empierré…).
Le site internet est annoncé pour la fin de l’année. Une application mobile fonctionnant en mode déconnecté pourrait être développée par la suite.
France Bois Forêt (2019). Transport des bois ronds : vers une e-cartographie des dessertes. La Lettre B 30, 10/07/19.

la Fondation de la Forêt de Soignes vient de nommer à sa tête Herman Van Rompuy, ancien premier ministre et ancien (et tout premier) président du Conseil européen. Habitant en bordure de la Forêt de Soignes, c’est une forêt qu’il connaît et affectionne particulièrement.
La Fondation a été créée par les trois régions propriétaires et gestionnaires du massif en juin dernier. Elle a pour missions principales de mettre en œuvre le schéma de structure interrégional, y compris la participation du public et la communication, de rechercher des (co-)financements, d’encadrer l’accueil du public et de coordonner la collecte de données et l’échange d’informations.
La Fondation est installée dans les bâtiments du Rouge-Cloître (en Région bruxelloise). La porte Groenendael, en Région flamande, constituera la principale porte d’accès à la Forêt de Soignes pour le grand public. Enfin, un centre de documentation sera installé à la porte de La Hulpe en Région wallonne.
Pour rappel, plusieurs zones de la Forêt de Soignes sont inscrites au patrimoine mondial naturel de l’UNESCO depuis 2017.
Communiqué Vlaanderen, Bruxelles Environnement et Wallonie, 21/10/2019.

Où en est-on après 1 an de peste porcine dans les forêts gaumaises ? C’est le 10 septembre 2018 que démarrait la crise. Très rapidement, la Wallonie, chapeautée par l’Union européenne et l’AFSCA, mettait en place un double territoire interdit de circulation de près de 60.000 ha. Cette zone est aujourd’hui portée à 110.000 ha et a été modifiée tout au long de l’année en fonction de l’évolution de la maladie.
Les éleveurs porcins ont été contraints d’abattre 4000 porcs. Ils ont été dédommagés mais ne peuvent toujours pas reprendre leur activité. Les propriétaires et exploitants forestiers sont interdits de circulation et de travail, excepté pour gérer la deuxième catastrophe : les scolytes. Et le secteur du tourisme et des loisirs est toujours largement impacté vu l’interdiction de circuler en forêt.
Fin août 2019, sur 3.702 sangliers analysés (cadavres récupérés et animaux abattus), 827 étaient positifs. La bonne nouvelle c’est que depuis mars le nombre de cas positifs est en baisse pour arriver à huit en juin, deux en juillet et un seul en août. De là à affirmer qu’on arrive en bout de crise, aucun spécialiste ne l’affirme. Une des craintes restantes est que le virus n’évolue en une souche moins virulente, laissant le temps aux sangliers de se disperser plus loin avant de mourir (alors qu’aujourd’hui, la mort est très rapide).
Enfin, du côté de l’enquête judiciaire, c’est le silence complet.
Bodeux J.-L. (2019). Un an de peste porcine en Lorraine, une vraie catastrophe. Le Soir, 10/10/19.

L’observatoire de la santé des forêts lance avec la SRFB un suivi sanitaire des peupleraies. Objectif : donner des indications sur la rouille à Melanpsora et le puceron lanigère (Phloeomyzus passerinii).
Les conditions climatiques semblent favoriser la maladie de la suie de l’érable dans les régions de Namur et Ath. De nouvelles détections permettront une meilleure compréhension de la dispersion de la maladie.
La News de l’OWSF, septembre 2019.

Face à la science, de nombreuses contre-vérités circulent (délibérément ou non) qui ralentissent la prise de décision visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone. Tordons le cou à cinq d’entre elles !
1. Le changement climatique actuel fait juste partie du cycle naturel de la Terre. FAUX. L’histoire climatique de notre planète montre qu’une variation aussi subite du climat de manière globale et homogène ne peut pas être liée à une cause naturelle.
2. Les changements sont dus aux taches solaires (sunspots) et aux rayons galactiques et cosmiques (GCRs). FAUX. Même s’ils ont tous deux l’aptitude de changer le climat terrestre, les quantités recensées de sunspots frappant la Terre n’ont pas suivi de tendances ascendantes et la suggestion que les GCRs peuvent aider à la création de nuages impliquerait que leur diminution en termes d’émission causerait un réchauffement du globe (les nuages renvoient une partie du rayonnement solaire incident). Or la science montre que leur capacité à créer des nuages est mauvaise et que les quantités de GCRs ont augmenté ces dernières cinquante années et devraient donc avoir un effet inverse sur le climat.
3. Le CO₂ représente une faible partie des gaz de l’atmosphère (0,04 %) donc il ne doit pas avoir un effet important. FAUX. Il a été prouvé à maintes reprises qu’une quantité déterminée de CO₂ capture plus de chaleur et pour plus longtemps qu’une quantité équivalente d’air. Pour ce qui est de l’échelle, 0,0001 % du poids d’un homme moyen en cyanure peut le tuer.
4. Les scientifiques manipulent les données. FAUX. Cela demanderait un complot entre des milliers de scientifiques dans plus de cent pays différents. En outre, les méthodes de prises de mesures sont améliorées d’année en année.
5. Les modèles climatiques ne sont pas fiables et trop sensibles au CO₂. FAUX. Il existe un large panel de modèles spécifiques à une série de domaines comme le fonctionnement des nuages, etc., et ils sont continuellement évalués sur bases de données historiques. Par exemple, des évènements ponctuels (éruptions volcaniques) sont reconstruits avec succès. De plus, la comparaison de résultats issus de modèles conçus et calibrés indépendamment les uns des autres démontre leur efficacité.
En combinant toutes les données scientifiques, il ressort bien que le réchauffement climatique observé actuellement a une cause 100 % anthropique.
Maslin M. (2019). Cinq idées fausses sur les changements climatiques – démystifiées. The Conversation 19/09/2019.