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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Elisabeth Pennisi a récemment présenté une synthèse des recherches effectuées dans le domaine de la communication et de la reconnaissance entre parents chez les plantes. Plusieurs travaux scientifiques y sont recensés, portant aussi bien sur certains arbustes que sur diverses plantes d’ornement.
Pour favoriser des individus apparentés, certaines plantes limitent la propagation de leurs racines, modifient leur nombre de fleurs ou changent l’arrangement de leurs feuilles pour minimiser l’ombrage de leurs voisines. Ce dernier mécanisme a été mis en évidence chez la moutarde Arabidopsis thaliana.
Les chercheurs ont également découvert que des membres d’une même famille ont tendance à produire des feuilles à la même hauteur. Par conséquent, plus de lumière est renvoyée vers leurs voisines, ce qui donne une indication de la parenté et initie les réarrangements subséquents dans les feuilles. La réduction d’ombrage qui en découle favoriserait une croissance plus vigoureuse et une meilleure production de graines.
Brian Pickles (Université de Reading, Royaume-Uni) a lui étudié la reconnaissance de la parentèle dans le cadre de la régénération des forêts. Après avoir tracé les flux de nutriments et les signaux chimiques entre les arbres reliés par des champignons souterrains, il a ainsi montré que les sapins nourrissent préférentiellement leurs parents et les avertissent des attaques d’insectes. En conséquence, une famille de sapins grandirait plus rapidement qu’une communauté de sapins non apparentés. Assurément des études intéressantes, bien que certains biologistes restent pour l’instant sur leurs gardes.
Soubelet H. (2019). Les plantes favorisent-elles leurs parents ? Publication de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, février 2019.

65 bois d’exception étaient présentés à la vente sur le parc à grumes de Wallonie dans la forêt domaniale de Saint-Michel-Freyr. Quatorze propriétaires publics issus de toute la Wallonie ont participé à cette vente. Au total 24 acheteurs différents se sont disputés les grumes de qualité. La majorité des bois étaient des chênes. Ces derniers se sont vendus en moyenne à 890 € par mètre cube ! Le record de la vente, un chêne issu de la domaniale de Saint-Michel-Freyr atteint même un prix total de 17.671 € ! Soit près de 2.300 €/m³ pour ce bois d’un volume de 7,7 m³. La qualité des grumes produites en Wallonie a donc été mise en avant au niveau européen.
Cette vente s’inscrit dans un dispositif transfrontalier puisqu’elle est commune avec la France, l’Allemagne, le Luxembourg, mais aussi la Flandre. La vente sur parc à grumes présente de nombreux atouts :• le regroupement de bois de qualité exceptionnelle en un seul endroit,• la valorisation des bois de qualité auprès d’acheteurs spécialisés,• la participation à une vente à l’échelle de la Grande Région,• l’appel du pied aux investisseurs pour l’installation ou le réinvestissement dans une filière de transformation des bois feuillus.
Par ailleurs, le parc à grumes de Wallonie a vocation à ne valoriser qu’une petite partie des 440.000 m³ de bois wallon exploité annuellement.
Communiqué de presse du Ministre René Collin, 22/02/2019.

Un groupe de chercheurs en agronomie et foresterie tente de dresser le portrait de notre perception de ce que sera le monde en 2100, au moment où la majorité de nos ressources non renouvelables sera épuisée. Répondez à l’enquête en ligne (quelques minutes) pour découvrir le scénario le plus vraisemblable et celui qui vous paraît idéal !

330 professionnels, chercheurs, gestionnaires ou étudiants réunis au 4ᵉ colloque de restitution des résultats de l’« Accord cadre de recherches et vulgarisation forestières », quel succès !
Cet outil de financement de la recherche scientifique forestière et de la vulgarisation de ses résultas existe depuis 1999 et devrait être reconduit pour 5 ans d’ici juin 2019. Il regroupe les compétences complémentaires de l’UCLouvain (ELIe), de l’ULiège (GxABT) et de Forêt.Nature sous la coordination du DNF et du DEMNA.
24 présentations cadencées des 5 dernières années de recherche ainsi qu’un éclairage international de Monsieur Jean-Luc Peyron, directeur d’ECOFOR, et les perspectives et conclusions dressées par Messieurs Jean-Pierre Scohy et Marc Herman, respectivement Inspecteur Général du DNF et du DEMNA. Le tout, suivi d’un cocktail dinatoire pour faciliter les échanges entre chercheurs et gestionnaires.
Vous voulez en savoir plus ? Consultez le hors-série n° 1 de la revue Forêt.Nature ! Vous pouvez le commander gratuitement (sauf frais de port) ou le consulter en ligne.

Comme les humains et les animaux, les arbres perçoivent aussi leur environnement. Cependant, les arbres ne peuvent échapper à une situation défavorable et doivent donc avoir de bons mécanismes pour y faire face afin de survivre pendant des décennies, voire des centenaires.
Le blog de l’Institut forestier européen (« Resilience Blog ») a publié un article sur un projet européen actuellement en cours sur le thème du stress des arbres : l’action COST STReESS (Studying Tree Responses to extreme Events : a SynthesiS).
Ce projet se focalise sur la compréhension de la façon avec laquelle les arbres réagissent à un environnement changeant et sur la façon de recueillir, d’utiliser et d’interpréter cette information pour évaluer l’impact des événements climatiques extrêmes sur les forêts. L’approche, appelée « approche centrée sur l’arbre », consiste essentiellement à « laisser les arbres nous dire » à quel point ils ont perçu un événement climatique extrême donné et comment cela les affecte au cours des années suivantes. Avec les techniques actuelles, cela peut être surveillé en temps quasi réel, ce qui ouvre aussi la possibilité de créer des systèmes d’alerte précoce pour évaluer l’état de santé de nos forêts. Les dendromètres automatiques (voir photo) sont l’un de ces outils qui fournissent des informations détaillées sur l’état hydrique de l’arbre ainsi que sur sa croissance.
Une étude pilote du projet qui est en cours actuellement vise à utiliser des données dendrométriques de toute l’Europe pour « demander aux arbres » comment ils ont perçu la canicule de 2018. En laissant les arbres raconter leur histoire, les chercheurs espèrent améliorer qualitativement, temporellement et spatialement l’évaluation de la résilience des forêts aux événements extrêmes.
Schifferdecker G. (2019). Let’s let the trees tell us – or: let the trees tell their story. EFI, Resilience Blog, 30/01/2019.

Les forêts de Ried et de Hohflüe (communes de Riederalp et de Bitsch, Suisse) protègent des dégâts naturels pouvant survenir en milieu montagnard (avalanches, chutes de pierres et boues torentielles). Toutefois, leur rôle protecteur est mis à mal par la pression de la grande faune, qui ralentit fortement la régénération et le rajeunissement naturel de ces forêts par un abroutissement important.
Une nouvelle méthode d’évaluation permet d’estimer les coûts de l’abroutissement par rapport à une situation basée sur un impact de la grande faune supportable. Dans le cas des forêts de Ried et de Hohflüe, il s’agit de montrer ce que coûtera le maintien de leur effet protecteur malgré la forte pression d’abroutissement dans les 50 années à venir.
Pour la forêt de Ried, l’abroutissement empêche la jeune forêt de se développer, à un point tel que son rôle protecteur ne sera plus assuré une fois que les dispositifs paravalanches installés dans les années ’90 auront atteint leur fin de vie. Leur remplacement nécessaire et la pose d’une clôture à gibier sur le reste de la surface forestière engendreront des coûts de 2,97 millions de francs suisses (environ 2,6 millions d’euros).
La forêt de Hohflüe nécessitera également la pose d’une clôture à gibier pour limiter l’abroutissement des jeunes arbres et assurer le rôle protecteur de la forêt, à hauteur de 1,2 million de francs suisses (environ 1,05 million d’euros). Si ces investissements ne sont pas réalisés, la situation n’en sera que plus coûteuse à l’avenir. De plus, l’abroutissement excessif dans les communes concernées ici entraîne des risques liés aux dangers naturels, qui entraîneront à leur tour des coûts non négligeables aux collectivités publiques dans les 50 années à venir.
Mettre en place rapidement des mesures de lutte efficaces contre l’abroutissement permettra donc d’éviter ou diminuer ces frais conséquents.
Zürcher-Gasser N., Frehner M. (2019). Forêts protectrices et coûts induits par l’abroutissement. La Forêt, 2/2019.

Avec le printemps réapparaissent les tiques et le risque de morsures. Au cours d’un de leur trois repas (un par stade de développement), elles peuvent potentiellement transmettre divers agents infectieux dont la bactérie responsable de la maladie de Lyme. Cette affection est en passe de devenir un important problème de santé publique en Europe.
Se protéger des tiques est donc indispensable et certaines solutions valent mieux que d’autres. Si on ne peut éviter de se rendre dans des endroits infestés, il faut prévoir de porter des vêtements clairs pour bien repérer les tiques et enfiler les bas de pantalons dans les chaussettes. Quatre molécules de répulsifs sont officiellement identifiées comme efficaces : le PMD, le DEET, IR35/35 et KBR 3023. Pour les deux dernières, les données manquent quant à leur impact lors d’une utilisation prolongée. D’autres produits d’origine naturelle sont en cours d’évaluation.
Autour des habitations dans les zones à risque : ramasser les feuilles mortes et tondre les pelouses. Installer des barrières efficaces contre les cervidés et contrôler les populations de gibier. Les tiques n’ont pas véritablement de prédateurs naturels.
En cas de morsure, retirer la tique le plus rapidement possible. Inutile de l’asphyxier avec un produit quelconque. Par contre, il est indispensable de surveiller la piqûre pendant un mois afin de repérer l’éventuelle apparition d’un érythème migrant. S’il apparaît : consulter un médecin (et exiger un traitement antibiotique de 3 semaines minimum [NDLR]).
Boulanger N. (2019). Les tiques sont de retour : ce qui fonctionne pour éviter les piqûres. The Conversation, 27/02/2019.

Depuis le 17 septembre dernier, la circulation et l’exploitation forestière sont interdites dans les zones noyau et tampon infectées par le virus de la peste porcine africaine. Cette mesure vise à assurer la plus grande quiétude possible afin d’éviter la dispersion des populations de sangliers et donc du virus.
Afin de soutenir la filière bois suite aux préjudices subis, le Gouvernement wallon, sur proposition du Ministre wallon de la Nature et de la Forêt, René Collin, a adopté une série de mesures et libéré une première enveloppe prévisionnelle de 4 millions d’euros.
Cette somme couvrira des indemnisations précises envers les exploitants forestiers et marchands de bois, les propriétaires privés et publics et le manque à gagner général de la filière locale. L’Office économique wallon du bois est chargé de proposer un dispositif afin d’objectiver les données économiques.
Le Ministre a également annoncé le report d’un an des délais d’exploitations des lots de bois sains acquis en 2017 et 2018 pour l’ensemble de la Wallonie pour les forêts publiques bénéficiant du régime forestier.
Communiqué de presse du Gouvernement wallon, 14/02/2019

Une récente étude menée conjointement par les universités de Hong-Kong et d’Auckland s’intéresse à la relation entre les enfants en bas âge et la nature, selon quatre domaines : le plaisir d’être dans la nature, l’empathie pour la nature, la responsabilité envers la nature et la sensibilisation à la nature.
Un indice de connectivité à la nature déjà établi a ainsi été adapté pour les parents d’enfants de 2 à 5 ans vivant à Hong-Kong, dans des immeubles à appartements sans accès à un jardin. Les parents ont été questionnés par les chercheurs sur le comportement et le bien-être psychologique de leurs enfants.
Les résultats démontrent notamment que plus les enfants montraient de plaisir à être dans la nature, moins ils étaient angoissés. Une plus grande responsabilité envers la nature a été associée avec une moindre hyperactivité, moins de difficultés d’attention et un meilleur comportement. Plus ils sont sensibilisés à la nature, moins les enfants avaient de difficultés émotionnelles.
Sobko T. et al. (2018). Measuring connectedness to nature in preschool children in an urban setting and its relation to psychological functioning. PLoS One 13(11).

Le douglas est de plus en plus présent dans les ventes ces dernières années. En cause, le boum de plantation de cette essence il y a 40 ans environ. La part de gros douglas est également en hausse dans les ventes et le volume sur pied ne cesse d’augmenter.
Cette essence présente effectivement de nombreux avantages. Outre sa vitesse de croissance, le bois de douglas est caractérisé par une durabilité naturelle notable ainsi que des performances mécaniques et une aptitude au collage pour le moins intéressantes.
D’un point de vue tant économique qu’environnemental, on a intérêt à produire du gros douglas de qualité. Un étude de l’INRA de 2006 conclut par exemple : « Il faut environ 65 ans (…) pour qu’un douglas ait restitué au sol toute la matière minérale qu’il y a puisée pour pousser ».
Dans le Morvan, bassin réputé du douglas, le mode de sylviculture est en débat. Les habitants de cette région deviennent de plus en plus véhéments à l’égard des coupes rases. On y pousse progressivement les propriétaires à se tourner vers un traitement irrégulier des douglasaies.
Même du côté des scieries, qui jusque-là délaissaient en bloc les gros bois de douglas, on commence à s’adapter et certaines d’entre elles se spécialisent dans les grosses et très grosses dimensions.
Carroy C. Le sapin de douglas suit son trajet en première classe. Et demain ? Forestopic, 31/01/19.

Vous êtes aux premières loges pour assister à la formation de ce Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris). Ce « time-lapse » retrace les 3 premières semaines de la vie de ce petit amphibien.
Jan va Ijken’s. National Geographic.

« L’International Landscape Photographer a dévoilé le palmarès des meilleures photographies de nature et de paysage prises en 2018. Depuis 5 ans, ce prix récompense les photographes passionnés de nature à travers le monde dans le but à la fois de primer l’excellence photographique et de mettre l’accent sur l’urgence de protéger notre environnement. Ces prises de vue sublimes, dont les techniques et approches artistiques diffèrent, tantôt plus spontanées tantôt plus retravaillées en post-production, montrent un aperçu de la fragile beauté de notre planète. Le grand gagnant de l’année, Adam Gibbs, nous régale avec ses clichés pris dans les forêts du Canada. Empreints de spiritualité, très peu retouchés, ils dévoilent l’amour de ce photographe pour l’environnement qui l’entoure. »
Costanza, Fubiz.net.
Ann Kristin Lindaas
Peter Svoboda
Greg Boratyn
Adam Gibbs
Adam Gibbs
Miles Morgan
Adam Gibbs
Paul Marcellini
Greg Boratyn
Roberto Marchegiani
Chris Byrne
Peter Svoboda
Xiao Zhu