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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Emplacement prévisionnel de la future forêt « Coast to coast »
Il est prévu que le Nord de l’Angleterre devienne beaucoup plus vert. Le gouvernement du Royaume-Uni a dévoilé les plans pour une vaste nouvelle forêt couvrant une zone du pays, d’un océan à l’autre.
Selon les plans, la forêt bénéficiera de 50 millions de nouveaux arbres, plantés dans un patchwork dense de 25 000 hectares le long d’une bande de 190 km. Cette forêt va repeupler l’une des régions les moins boisées du pays avec des essences locales (principalement feuillus) et va offrir un paysage plus verdoyant pour s’échapper des nombreuses grandes villes situées à proximité.
Cet épais ruban vert est encore loin d’être installé. Le gouvernement a promis un montant initial de 6,4 millions d’euros sur les 560 millions d’euros nécessaires pour réaliser pleinement le projet. Mais ce qui est important à propos de ce plan, c’est qu’il participe à une transformation qui est déjà en cours – il s’agit en fait de la deuxième grande tentative de renaturation du paysage anglais au cours des dernières années. Cette première tentative se situe à environ 160 km au Sud, dans les Midlands anglais, où une vaste forêt, appelée « National Forest », s’étendant sur une bande de 320 km est en train d’atteindre sa maturité.
Les avantages d’une vaste forêt dans un territoire densément peuplé sont nombreux : les arbres à proximité des villages et des villes nettoient et rafraîchissent l’air ambiant, réduisent la pollution et le bruit et améliorent les habitats des animaux rares. L’auteur termine en indiquant qu’en quelques décennies, un écureuil pourrait voyager de la côte Est à la côte Ouest, uniquement en sautant d’arbre en arbre.
O’Sullivan F. Britain’s Next Megaproject: A Coast-to-Coast Forest. Citylab, 10/01/18.

Avec des vents dépassant les 200 km/h, la tempête Friederike a traversé l’Allemagne le 16 janvier dernier en mettant à terre pas moins de 8 millions de m³.
Plus tôt, le 3 janvier, en Suisse c’est la tempête Eleanor qui fait vaciller 1,3 million de m³, soit un quart de la récolte annuelle du pays. Ici, le marché estime pouvoir résorber ce volume grâce à une structure de prix stable et aux capacités de façonnage en place. La bonne conjoncture économique et l’engouement pour la construction bois, associée à l’amélioration du cours de l’euro contribuent à ces perspectives encourageantes. Les grumes d’épicéas devront toutefois être exploitées avant le printemps pour éviter qu’elles ne deviennent un terrain de reproduction pour le scolyte.
Après la gestion d’urgence, il s’agit d’évaluer correctement les mesures à prendre dans chaque cas en vue de terminer les travaux d’exploitation, mais aussi préparer l’avenir des forêts en assistant la régénération naturelle et artificielle.
Friederike Bilanz : Schlimmste Schäden im Wald seit Kyrill. Westfalen-Blatt, 22/01/18.
Tempêtes hivernales de début 2018 : près de 1,3 million de mètres cubes de bois au sol. Office fédéral de l’environnement, 18/01/18.

En Belgique, pays du hêtre, une étude a été mise en place pour anticiper l’avenir du hêtre dans le contexte actuel de changement climatique. 329 hêtres sur 36 sites répartis dans l’ensemble de la Belgique ont ainsi été étudiés. Un « carottage » a été réalisé pour analyser comment ces arbres réagissent face aux évènements climatiques majeurs en termes d’accroissement radial (en largeur).
Depuis le XXe siècle, la température moyenne annuelle a augmenté d’environ 2°C en Belgique. Les hêtres voient globalement leur accroissement moyen diminuer mais sa variabilité augmenter. Le plus surprenant est que, quelque soit le climat (climat maritime à climat plus continental) et l’altitude (de 7 à 590 m), les hêtres réagissent de manière synchrone. « C’est comme s’ils se trouvaient tous dans la même forêt, quel que soit leur âge et indépendamment des facteurs environnementaux locaux ».
Le hêtre est considéré comme une essence très sensible aux changements climatiques mais il résiste plutôt bien jusqu’ici. On constate ainsi une mortalité plutôt limitée ces dernières années. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) prévoit que la température annuelle moyenne continue d’augmenter. Il convient donc d’éviter de planter cette espèce dans des stations à risque. On encouragera également l’adaptation de cette espèce grâce au processus de sélection naturelle en favorisant la régénération naturelle.
Forestopic. Face au changement climatique, les hêtres se synchronisent, 23/02/18.
D’après Latte N., Lebourgeois F., Kint V., Drouet T., Claessens H. Le Hêtre face au changement climatique : le cas de la Belgique. Revue Forestière française. DOI : 10.4267/2042/65336

Les 5 chênes ardennais vendus par le DNF en 2013 à Saint-Avold. Prix moyens : 1289 €/m³ !
Suite à sa visite sur le parc à grumes de Saint-Avold, le Ministre René Collin souhaite que le DNF en installe un en Wallonie. Ce type de vente sur parc est destiné à exposer des bois de très haute qualité pour les acheteurs de bois les plus exigeants. Il est déjà pratiqué en France et en Allemagne (ventes Franco-allemandes de feuillus précieux à Saint-Avold et Sarrebruck, par exemple). Cinq chênes issus de la forêt domaniale de Saint-Michel (cantonnement de Nassogne) y avaient été vendus en 2013 et avaient ainsi démontré la pertinence d’un telle démarche.
En Wallonie, le parc à grumes ouvrira au printemps 2019 et exposera un maximum de 300 m³ de grumes issues des forêts domaniales et communales.
Le projet sera suivi et évalué par l’Office économique wallon du Bois.
Le Soir 26/02/2018 et Vers l’Avenir 24/02/2018.

L’Office économique wallon du bois (OEWB.be) a sorti son baromètre trimestriel de la filière bois pour le 4e semestre 2017. Plusieurs sous-secteurs d’activités sont analysés. La question des gros bois résineux est abordée en regard de l’équipement des scieurs et de la demande des marchés. Certains scieurs avisés ont pu investir à temps dans des lignes leur permettant de traiter ces gros bois, de douglas principalement.
Un appel à plus de ventes de printemps est également lancé afin d’étaler davantage le calendrier des ventes, très dense pour les acheteurs durant l’automne. Au printemps 2018, les volumes mis en vente par le DNF sont de 57 600 m³, contre 792 704 m³ pour l’automne 2017.

Exemple de carte présente dans le rapport, ici concernant la fragmentation des habitats
À la fin du mois de janvier dernier, le Ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio a présenté la dernière édition du Rapport sur l’État de l’Environnement wallon. Ce rapport, fruit d’un travail de compilation réalisé en concertation avec de nombreux partenaires issus des centres de recherches et universités, propose une vision synthétique et actualisée de l’état de l’environnement en Wallonie ainsi que les pressions qu’il subit.
C’est une obligation légale de rapportage prévue dans le Code de l’Environnement qui amène le DEMNA (Département de l’étude du milieu naturel et agricole) à réaliser ce rapport chaque année. Les objectifs liés à ce travail sont d’informer les citoyens, surveiller l’évolution de la situation environnementale wallonne ainsi que d’outiller les décideurs, experts et acteurs de l’environnement dans la définition des politiques prioritaires à mener et à poursuivre.
À ce propos, le rapport soulève la perte de biodiversité comme un problème majeur pour notre région, comme pour le reste de l’Europe. Un tiers de toutes les espèces animales et végétales sont en danger d’extinction en Wallonie.
Un nouveau site internet associé au rapport a par ailleurs été inauguré. Ce site offre la possibilité aux utilisateurs de composer leur propre rapport à la carte, en sélectionnant uniquement les fiches, graphes et couches cartographiques (personnalisables) qui les intéressent. De plus, ce site permettra au DEMNA de publier les nouvelles données disponibles en temps réel sans attendre l’édition suivante de la version papier.
Communiqué de presse du Ministre de l’Environnement : « Présentation du rapport sur l’état de l’environnement wallon 2017 ». 23/01/18.

Analyser des dessins d’enfants afin de comprendre leur perception de la forêt : une manière intéressante d’aider les gestionnaires forestiers à mieux cibler leur communication. En 2013, la Direction Générale de l’Agriculture et du Développement Rural de la Commission européenne avait lancé le concours « Qu’est-ce que la forêt pour moi ? », auquel plus de 9000 enfants de 6 à 10 ans à travers toute l’Union européenne avaient participé en dessinant leur vision de la forêt. Sur cette base, un échantillon de 100 dessins a fait l’objet d’une étude exploratoire.
Ce qui en ressort est que la vision des enfants est globalement positive, réaliste et systémique d’un point de vue écologique. En revanche, les jeunes dessinateurs ne réalisent pas que la forêt de l’Union européenne est le résultat de l’action de l’homme et qu’elle nécessite un suivi et une gestion fréquente par des agents forestiers. Ces derniers, les rares fois où ils ont été représentés, sont perçus comme une menace pour la forêt. La fonction de production est également perçue négativement.
Ainsi, ces dessins indiquent que la sensibilisation à l’importance de la forêt est globalement efficace chez les jeunes citoyens européens. La communication forestière devrait à présent mettre l’accent sur l’importance de la fonction de production de bois ne menaçant pas la forêt et la gestion adéquate de celle-ci par des professionnels experts.
Farcy C. et al. « Qu’est-ce que la forêt pour moi ? » Représentations sociales de la forêt par les enfants de l’Union européenne. Forêt.Nature n°142.

En 2014, une partie de la forêt d’Anlier s’est retrouvée libre de bail de chasse. Le Département de la Nature et des Forêts, avec l’accord des communes propriétaires, a décidé d’y proposer des chasses à licence. Les chasses à licence consistent à offrir à un nombre déterminé de chasseurs la possibilité de tirer certains animaux à différentes périodes de l’année et selon différents modes de chasse. La chasse à licence permet de garder des prix démocratiques, ce qui laisse la possibilité à des chasseurs moins fortunés de participer à la régulation des populations d’animaux. Dans le cas de la forêt d’Anlier, les deux modes de chasses proposés par le DNF sont l’affût et la traque-affût pour leur efficacité, leur éthique et le dérangement réduit de l’ensemble des espèces et particulièrement les espèces non chassées.
L’expérience s’est achevée en 2017, après 3 saisons de chasse. Quelques critiques fusent du côté de quelques chasseurs, avançant des chiffres de manque à gagner pour les communes et de frais exorbitants d’organisation et de suivi de ces chasses par le DNF. Ces chiffres devraient néanmoins être mis en relation avec la globalité des dépenses (régénération, protection, etc.) et des recettes. Ils devraient, en outre, être mis en perspective avec l’ensemble des services fournis par la forêt.
Toutefois pour le DNF, le bilan est positif et les objectifs sont atteints. Le but était en effet de ne pas permettre à la population de l’espèce Cerf d’augmenter et de viser à terme une densité de 30 animaux par 1000 ha, seuil qui correspond à un équilibre acceptable et reconnu en Europe.
D’après Lekane E. Chasses à licence, un choix. L’Avenir, 31/01/18.

Des études menées en Allemagne et au Pays-Bas montrent le lien en cascade qui existe entre la présence du renard roux et le moindre risque pour l’homme de contracter la maladie de Lyme.
Le cycle de vie des tiques communes (Ixodes ricinus) passe par trois hôtes successifs dont les rongeurs lors de leur stade larvaire. Les tiques ne naissent pas porteuses de la bactérie (de type Borrelia) mais se contaminent par le sang d’un hôte déjà contaminé.
Les études en question ont notamment montré que :
Le risque pour l’homme de contracter la maladie de Lyme augmente donc lorsque le renard est absent d’un territoire.
L’Homme et l’Oiseau 95(3).