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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Les participants à la scierie Hontoir, Gesves.                                                                      ©Forêt Wallonne asbl
Ce jeudi 30 mars, l’asbl Forêt Wallonne organisait la première des deux journées d’études prévues en 2017. Cette journée visait à aborder le sujet du circuit court en forêt, grâce à la présence de plusieurs experts et dans une optique d’échange entre participants.
Ainsi, une vingtaine de membres de l’administration forestière ainsi que quelques participants extérieurs sont venus assister à la journée. La matinée était consacrée à la visite de peuplements du Domaine d’Haugimont appartenant à l’Université de Namur, guidé par le Régisseur du Domaine, Charles Debois. Les participants ont pu constater les différents stades d’évolution des chênes et d’autres espèces depuis l’installation sous couvert jusqu’au gros bois de haute qualité.
L’après-midi était consacré à la visite de la scierie Hontoir à Gesves, une scierie voisine sciant principalement du chêne. Les participants ont pu suivre la transformation des grumes de chêne en pleine action. Sur le parc de la scierie, les participants ont pu voir des planches de chêne, bouleau et érable issus de grumes venant du bois d’Haugimont qui étaient entreposées dans l’attente d’être transformées en dormants de porte par un menuisier local. Ces dormants seront posés dans un tout nouveau bâtiment de l’Université de Namur. Distance parcourue par ces bois avant leur destination : maximum 100 km.
La prochaine Journée d’étude aura lieu en novembre 2017 à Elsenborn sur le thème de la poussée silencieuse/traque-affût.

© seligaa/fotolia
Dans sa dernière chronique économique publiée dans le dernier Silva Belgica, Eric Letombe constate l’imprévisibilité du marché et relate les inquiétudes des dirigeants d’entreprises face aux incertitudes politiques et économiques. Pour les producteurs forestiers belges, le bilan des ventes de l’automne 2016 a été positif.
En résineux, les grumes se vendaient plus chères qu’en 2015. Les très gros bois en épicéa (circonférence > 210 cm) commencent à apparaître de plus en plus fréquemment dans les lots à vendre. En effet, actuellement les gros bois (>180cm) représentent une partie significative des bois sur pied des forêts résineuses en Europe de l’Ouest. Les moyens de transformation commencent à s’adapter à ce type de bois puisqu’il existe maintenant des scies circulaires qui permettent de débiter des bois jusqu’à 200 cm de circonférence.
Letombe E. (2017). Que nous réserve l’année 2017 ? Chronique économique Silva Belgica n°1. p. 46-48.

Un écran extrait du portail actuel EuroBirdPortal, montrant la répartition de l’hirondelle rustique (à gauche) et l’évolution de la température (à droite).                                             © CARTO/EuroBirdPortal
L’EuroBirdPortal, acronyme du projet Life « Combining and improving online bird portals data to display near-real-time spatio temporal patterns of bird distribution across Europe », a pour objectif de montrer les tendances spatio-temporelles à l’échelle européenne de la distribution de certains oiseaux.
Le premier objectif à atteindre consiste à montrer la répartition hebdomadaire de 105 espèces entre 2010 et 2015, afin de progressivement faire évoluer le site en un système fonctionnant en temps réel. Plus de 40 millions de données devraient chaque année s’ajouter grâce à 100 000 observateurs répartis un peu partout sur le continent.
En Belgique, c’est le site Observations.be qui transférera ces données au portail.
Communiqué de presse Natagora, 02/03/2017.

© caocao191/fotolia
Des chercheurs américains ont étudié l’impact à long terme de l’abroutissement sur le peuplier tremble. Ils ont évalué les différentes stratégies de résistance ou de tolérance en passant à la loupe les feuilles (morphologie, photosynthèse, chimie) et en mesurant la croissance des tiges 1, 2, 3 et 26 ans après régénération d’une part sous clôture et d’autre part sans.
Après 3 ans, les peupliers non protégés ont des feuilles 50 % plus petites et ont une concentration en tanins 33 % plus élevée. Même après 26 ans, les tiges abrouties ont une croissance en circonférence plus faible et restent en-dessous du seuil critique de 2 m, considéré comme nécessaire pour échapper à l’abroutissement. A l’opposé, les tiges qui ont grandi dans la clôture atteignent déjà 6 m de hauteur.
Bien que les adaptations anatomiques et chimiques des feuilles soient conséquentes, elles n’interfèrent pas avec la photosynthèse. L’abroutissement incite donc les tiges à investir dans les défenses chimiques et anatomiques à la fois par l’augmentation de leur concentration en tanins et par la réduction de leurs feuilles.
Rhodes A. C., Anderson V., St Clair S. B. (2017). Ungulate herbivory alters leaf functional traits and recruitment of regenerating aspen. Tree Physiology n°37. p. 402-413. doi: 10.1093/treephys/tpx015

© kivitimof /fotolia
Divers facteurs affectent négativement l’abondance et la diversité d’espèces d’insectes dans les zones urbanisées.
Dans nos villes, les températures sont un peu plus élevées suite à l’utilisation de matériaux sombres (asphalte, etc.). De plus, les espaces verts sont espacés les uns des autres. Ceci conduit à avantager les espèces préférant la chaleur et celles ayant une plus grande capacité de dispersion.
Les routes ont également un impact. Une grande mortalité est observée chez les insectes amenés à traverser ces barrières écologiques (collision sur les pare-brise, écrasés, effets de la lumière, bruit et vibrations produits par les voitures). Les plus petites espèces et celles dépourvues d’ailes seraient les plus défavorisées. L’impact serait plus variable pour les espèces volantes. Les polluants de l’air et le sel utilisé pour le salage des routes lors des épisodes neigeux impactent également les populations d’insectes.
Verbeke R. (2017) L’urbanisation mène à l’uniformisation des insectes. Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.
Hodges K. E. (2015). Effects of roads on insects: a review. Biodiversity and Conservation n° 24, Issue 3. p. 659–682. doi:10.1007/s10531-014-0831-2

© faithie/fotoli
« L’année 2016 est l’année la plus chaude jamais enregistrée » dresse l’Organisme Mondial de Météorologie (OMM) dans sa déclaration annuelle sur l’état du climat.
« Par rapport à l’ère préindustrielle, la température moyenne est en hausse de 1,1°C. Record également pour la température de l’eau de mer, pour la concentration en CO2 dans l’atmosphère et pour la hausse du niveau moyen des mers ».
« Nous touchons aux limites de notre savoir scientifique concernant le climat et nous avançons maintenant en territoire inconnu » indique David Carlson, directeur du programme mondial de recherche sur le climat de l’OMM.
Muelenaere de M. (2017). Le climat entre en « territoire inconnu ». Le soir.

Cotylédons de hêtre                                                                                                                       © Lutz Peter/fotolia
La lumière est un des principaux facteurs extérieurs affectant la structure du sous-bois et le développement de la régénération. La réaction de trois espèces (hêtre, frêne et érable sycomore) a été analysée selon un gradient lumineux, en termes d’affectation de biomasse au-dessus du sol (feuilles, troncs et tiges) et de croissance.Le hêtre a alloué plus de biomasse à ses branches et moins à sa tige, par rapport aux deux autres espèces, comportement dû à sa grande tolérance à l’ombre. L’érable et le frêne ont ainsi, au contraire du hêtre choisi de faire grandir leur tige pour dépasser le masque ombrageant qui les surplombait.
Le taux de croissance relatif de toutes les espèces a augmenté avec la quantité de lumière disponible jusqu’à atteindre un seuil où l’accroissement en lumière n’a plus eu d’impact. La surface foliaire a quant à elle diminuée avec l’augmentation du gradient de lumière.
Annighöfer P., Petritan A. M., Petritan I. C., Ammer C. (2017). Disentangling juvenile growth strategies of three shade-tolerant temperate forest tree species responding to a light gradient. Forest Ecology and Management n° 391. doi : 10.1016/j.foreco.2017.01.010

© JulietPhotography/fotolia
Ces dernières années, l’intérêt pour les forêts irrégulières et mélangées a augmenté en raison de leur plus grande résilience attendue face aux perturbations climatiques. Cependant, leur potentiel de croissance en lien avec la station n’est pas facilement quantifiable.
Une étude menée en Allemagne a abordé le sujet en utilisant des modèles de croissance pour l’épicéa et pour le sapin pectiné basés sur des observations de longue date provenant de forêts irrégulières et mélangées dans le sud-ouest de l’Allemagne. Les résultats de l’étude indiquent que sans tests rigoureux, les outils de décision déjà validés pour des peuplements équiennes ne peuvent pas être transposés aux peuplements irréguliers et mélangés.
La prise en compte des variables basées sur les précipitations et la température est importante et permet de mieux saisir la complexité des relations climat-croissance. Cette compréhension est essentielle pour réduire l’incertitude entourant les prévisions des impacts du changement climatique sur les écosystèmes forestiers.
Danescu A., Albrecht A.T., Bauhus J., Kohnle U. (2017). Geocentric alternatives to site index for modeling tree increment in uneven-aged mixed stands. Forest Ecology and Management n° 392. p 1-12. doi: 10.1016/j.foreco.2017.02.045

© panaramka/fotolia
Le rapport hauteur/diamètre (H/d) est un indice également connu sous le nom de facteur d’élancement ou de coefficient de stabilité et couramment utilisé pour évaluer la stabilité des arbres et des peuplements.
Une étude réalisée en République tchèque a élaboré des modèles statistiques de H/d pour l’épicéa commun et le hêtre. L’étude visait à développer des modèles en intégrant les mesures qui décrivent la densité du peuplement, la concurrence et la qualité du site. De plus, la position spatiale des arbres a été examinée.
Une grande base de données récoltées à partir de placettes permanentes situées dans diverses régions du pays a été utilisée. Différentes utilisations de ces modèles peuvent s’envisager. Parmi celles-ci, les gestionnaires forestiers peuvent estimer la vulnérabilité des arbres ou d’un peuplement aux dégâts liés à la neige, au givre et au vent, et donc mieux concevoir les traitements et pratiques sylvicoles qui aident à améliorer la stabilité. Dans cette perspective, ces modèles peuvent également servir à évaluer la qualité et l’efficacité des éclaircies.
De même, les modèles permettront d’identifier les arbres potentiellement plus susceptibles d’être endommagés par la neige et le vent, et donc aider à retirer ces arbres avant les dommages.
Sharma R.P., Vacek Z., Vacek S. [2016]. Modeling individual tree height to diameter ratio for Norway spruce and European beech in Czech Republic. Trees n°30. doi:10.1007/s00468-016-1425-2

« L’homme a un impact terrible sur l’environnement, c’est bien connu. Dans notre quotidien, l’angoisse des enjeux environnementaux et de nos conditions de vie futures est constamment présente.
Toshio Shibata, photographe japonais, essaye d’aller outre cette dichotomie entre hommes et nature. La série présentée ici-bas, montre des structures architecturales cohabitant en parfaite harmonie avec le paysage environnant. L’artiste établit un processus d’échange entre les éléments en créant une harmonie subtile.
Grâce à un long temps d’exposition, le photographe a pu retranscrire la force de l’eau glissant sur des écluses et des canaux. Les routes semblent sculpter les flancs des montagnes et les formes précises dessinées par l’homme rencontrent la sinuosité de la nature. Une vision optimiste de la relation de l’homme à l’environnement. »
Costanza (2017). Human Works that Perfectly Match with Nature. Fubiz.net

© John Smith/fotolia
La saga démarrée en décembre à propos du projet de décret visant à élargir la possibilité de vendre des forêts domaniales à des privés « sans l’aval du parlement wallon » a fait l’objet d’un nouveau rebondissement fin mars. Le projet de loi décrié avait déjà été suspendu et le parlement wallon avait décidé d’auditionner plusieurs parties.
Le second tour de consultations concernait Natagora et Inter-Environnement Wallonie. Pour ces associations représentatives, le projet menace la biodiversité, les revenus publics et limite l’accès à la forêt et doit donc être abandonné !
« Tant qu’il n’y aura pas un large consensus, on ne pourra pas avancer » reconnaît René Collin qui a donc décidé de suspendre le projet jusqu’à nouvel ordre.
D’après Herminaire J-C. ; Belga M. M. ; La libre Belgique ; RTL info (2017).

L’institut national de l’Information Géographique Forestière (IGN) a publié un résumé de 32 pages qui illustrent l’état et l’évolution de la forêt française ces dernières années.
En France métropolitaine, la forêt occupe 16,7 millions d’hectares et est en progression (0,7 % par an). Les feuillus y sont majoritaires (67 % de la surface) alors que les résineux représentent 21 % et sont principalement situés en zones montagneuses. La superficie restante est constituée de peuplements mixtes feuillus-résineux.
Pour moitié la forêt est monospécifique. Les peuplements comportant 2 essences représentent 33 %, 3 essences 12 % et 4 % pour les peuplements à 4 essences ou plus. Entre 2006 et 2014 la forêt a produit 91,6 millions de m3, c’est-à-dire 5,8 m3 par hectare et par an. Les prélèvements sur la même période sont quant à eux de 44,5 millions de m3.
Roboam B.A. (2017). La forêt en chiffres et en cartes. Mémento 2016. Bois mag n°162. p. 14-15.

© phil35m & Pictures news/fotolia
La forêt se cultive-t-elle comme un champ de maïs ou l’homme doit-il y « laisser faire » la nature ? Est-elle un fait culturel ou seulement naturel ? Ces questions ont été posées à de jeunes chercheurs d’AgoParisTech.
Ces deux notions de « culture » et de « nature » ne devraient pas être opposées. La notion de multifonctionnalité permet en ce sens un compromis entre les aspects sociaux, économiques et écologiques. C’est par exemple l’objet de la directive européenne Natura 2000 qui intègre l’Homme comme un fait dans un espace de nature.
C’est avant tout un choix entre une société de consommation (récolte à révolution, export de biomasse, travail du sol, fertilisation et amendements, plantation) et une société plus frugale (coupes moins brutales, exports raisonnés, protection des sols par un couvert continu, régénération naturelle).
Pour un autre, ces deux aspects ne peuvent pas se superposer sur de mêmes surfaces. Pour éviter les cahiers des charges trop chargés, il conseille d’ailleurs de s’inspirer du système canadien qui partitionne les espaces forestiers.
Le dernier enfin, met en avant que les notions de nature et de culture sont intimement liées pour ces écosystèmes forestiers historiquement constitués. On parle d’un territoire au cœur d’un jeux d’acteurs dont les « rapports de force » détermineront l’avenir plus ou moins naturel de cet espace.
Carroy C. (2017). La forêt, nature ou culture? La parole aux jeunes chercheurs. Forestopic