Search
Generic filters
Formation
Revue Forêt.Nature
Forêt.Mail
Bibliotheque

La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Filière Bois Wallonie (FBW) lance PanoraBois.be, une plateforme interactive centralisant les données de référence du secteur forêt-bois wallon. L’outil vise à structurer des données issues de sources officielles (instituts statistiques, administrations, fédérations professionnelles) pour positionner la filière aux échelles régionale, nationale et internationale, et éclairer décideurs et professionnels.

Les chiffres-clés révèlent une forêt wallonne de 557 300 ha (33 % du territoire), à parts quasi égales entre propriétés publiques (49 %) et privées (51 %, majoritairement des parcelles de moins de 5 ha). La certification progresse : 50 % de la surface en PEFC, 1,9 % en FSC. Point de vigilance sylvicole notable : les prélèvements résineux (3 001 665 m³/an) dépassent l’accroissement (111 %), contrairement aux feuillus où le prélèvement reste sous l’accroissement (75 %).

Côté filière, 8 438 entreprises et 18 939 emplois directs sont recensés, avec des dynamiques contrastées selon les segments : recul du nombre d’entreprises et de la consommation de pâte à papier, mais progression du bois énergie, des pellets et de la construction bois (8,02 % des logements neufs).

FBW, interlocutrice privilégiée du Gouvernement wallon, entend ainsi transformer son expertise en outil stratégique partagé, à travers une équipe pluridisciplinaire couvrant analyse économique, innovation et accompagnement des entreprises.

Une étude menée par des chercheurs des universités de Florence et de Palerme et du CNR (IRET) a comparé, en conditions réelles d’exploitation, les performances de tronçonneuses à batterie et de tronçonneuses thermiques professionnelles de la marque Stihl. Deux chantiers italiens ont servi de terrain d’essai : une éclaircie de douglas dans la forêt de Vallombrosa (Toscane) et une coupe rase de pin sylvestre sur le domaine de Montebello (Émilie-Romagne). Deux opérateurs expérimentés ont alterné quotidiennement l’usage des deux types de machines, permettant un suivi chronométré précis des temps de travail, des rendements et des consommations.

Les résultats montrent une équivalence opérationnelle entre les deux technologies : les productivités nettes relevées sont comparables, voire supérieures pour la batterie certains jours. Le facteur limitant la productivité n’est donc pas le type de motorisation, mais le contexte du peuplement (diamètre, densité, accessibilité). Sur le plan économique, l’investissement initial en matériel à batterie reste 3 à 4 fois supérieur en raison du parc de batteries nécessaire pour couvrir une journée complète, mais le coût d’usage rapporté à la production se situe à un niveau intermédiaire entre carburant normal et mélange deux temps. Les avantages en matière de réduction du bruit, des vibrations et des émissions restent déterminants pour un usage en zones sensibles ou protégées.

Les auteurs concluent que la motorisation électrique constitue une perspective réaliste pour les chantiers forestiers, sous réserve d’amélioration de l’autonomie et du poids des batteries.

Cet été, un réseau de 18 partenaires, réunissant des praticiens forestiers et des formateurs de toute l’Europe, lance un nouveau projet LIFE sous la coordination de Forêt.Nature : LIFE ForSkills.

Notre objectif : renforcer les compétences et l’expertise des forestiers en matière de gestion forestière favorable à la biodiversité (biodiversity-friendly forest management, BFFM) et intégrer ces pratiques dans leur travail quotidien à travers l’UE.

Dans les années à venir, nous allons :

  • Proposer une série de formations et de démonstrations de bonnes pratiques.
  • Construire une communauté de pratique de formateurs à l’échelle européenne.
  • Contribuer à la diffusion large des pratiques BFFM, pour des forêts

Précurseur dans l’usage de cette technologie dès 1997, l’ONF réalise de premiers tests d’images prises au départ de mini-hélicoptères télécommandés embarquant caméra et GPS. En 2012, un premier LIDAR léger équipe un drône et permet de produire les premières images de forêts en 3D. Entre 2015 et 2017, un appel à projet interne permet l’aboutissement de 4 projets utilisant des drones : l’inventaire forestier, la caractérisation des milieux dunaires, le suivi d’une liane envahissante à Mayotte et la détection de dépérissements. De 2018 à 2024, ce sont toutes les directions territoriales (DT) qui s’équipent de drones pour des missions de mise à jour réactive d’orthophotographie, de surveillance incendie, d’évaluation des risques en montagne ou encore des opérations de police. La DT Grand Est utilise le drone pour des diagnostics avant/après travaux et même de la plantation assistée par drone. En 2025, on compte une centaine de télépilotes à l’ONF qui se consacrent principalement aux diagnostics qualitatifs avec le mode « œil déporté » et quantitatifs avec des drones spécifiques utilisables « hors vue » c’est-à-dire au-delà du champ visuel du télépilote.

Munis de capteurs trois bandes, les drones fournissent des images haute résolution permettant d’actualiser rapidement les orthoimages suite à un événement. En lien avec les données LIDAR, ces images peuvent fournir des Modèles Numériques de Hauteur (MNH) permettant notamment de détecter la couronne des arbres ou des trouées. En cas de tempête, les images obtenues par drônes permettent d’estimer les volumes à récolter et d’optimiser la logique de récolte des bois. La santé des forêts peut également être vérifiée au moyen de capteurs à infra-rouge. La marge de progression est encore importante tant les utilisations envisageables sont nombreuses.

La scierie Forêt Vivante, implantée à Anizy-le-Grand dans l’Aisne (France), a été créée il y a 3 ans par trois associés issus du milieu forestier picard. Son objectif est de constituer un débouché commercial structuré pour les bois issus de la sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC), en réponse à l’absence quasi totale d’une telle filière pour les feuillus locaux. Le site de 4 hectares mobilise un investissement de 6 millions d’euros et emploie six personnes.

L’approvisionnement repose sur la Charte Forêt Vivante que signe chaque fournisseur. Celle-ci impose qu’au moins 50 % des volumes proviennent de peuplements gérés en SMCC ou futaie irrégulière, interdit les coupes rases sauf sanitaires ou trouées inférieures à 0,5 ha, et fixe un rayon d’approvisionnement moyen inférieur à 50 km. Les fournisseurs sont majoritairement des propriétaires privés, complétés par l’ONF sur les massifs conduits en coupe jardinatoire.

La scie à ruban est dimensionnée pour les gros bois caractéristiques de la SMCC. Un système de billonnage individualisé (essence, qualité, origine géographique) assure une traçabilité numérique complète jusqu’au client final via QR code.

Le principal défi est commercial : le marché des feuillus locaux pour usages extérieurs étant quasi inexistant en France. L’expérience d’Anizy-le-Grand constitue un exemple concret pour les gestionnaires cherchant des débouchés locaux et valorisants pour leurs peuplements mélangés.

Dans son communiqué du 25 août, la Société Royale Forestière de Belgique alerte sur un risque d’incendie en Wallonie appelé à devenir plus fréquent et plus difficile à maîtriser. Ce constat, issu de son assemblée générale du 13 mai, souligne que le danger dépend de plusieurs facteurs combinés : météo, végétation, relief, sol, mais aussi accessibilité des massifs et disponibilité en eau.

La SRFB demande la mise en place d’une plateforme partagée où propriétaires et gestionnaires, publics comme privés, pourraient renseigner chemins praticables, zones de retournement pour les secours et points d’eau mobilisables. Un tel outil est en cours de développement par le Département de la Nature et des Forêts, mais reste pour l’instant fermé aux acteurs privés, un point que la SRFB souhaite voir évoluer rapidement.

L’organisation appelle aussi à simplifier les procédures administratives pour les aménagements utiles à la prévention (accès, réserves d’eau, zones coupe-feu), via formations, autorisations clarifiées et soutien financier, en écho aux demandes de NTF, le syndicat des propriétaires ruraux.

Côté travaux forestiers, la SRFB relaie la règle pratique des « 30-30-30 » (température > 30 °C, humidité < 30 %, vent > 30 km/h) pour évaluer quand suspendre les chantiers utilisant des outils thermiques. En cas de danger exceptionnel, des restrictions temporaires et proportionnées (report de travaux, limitation d’accès à certains massifs) pourraient être envisagées, sans remettre en cause l’accès général à la forêt.

Enfin, la SRFB insiste sur le rôle d’appui des forestiers auprès des pompiers et sur la nécessité d’une préparation collective associant propriétaires, zones de secours, DNF, communes et scientifiques… tout en évoquant, à plus long terme, l’adaptation des peuplements forestiers.

Choisir de maintenir une structure équienne ou de l’irrégulariser progressivement en optant pour une gestion en couvert continu constitue un enjeu majeur de la gestion forestière dans un contexte de dérèglements climatiques.

Cette étude compare ces deux approches selon leurs effets sur la production, la rentabilité, le stockage du carbone, le fonctionnement des écosystèmes, la biodiversité et la résistance aux perturbations. L’évolution de quinze peuplements représentatifs de forêts situées en Wallonie, initialement équiennes et proches de la maturité, a été simulée selon ces deux stratégies. Celles-ci reposent toutes deux sur la régénération naturelle. D’un côté, le peuplement est renouvelé en une fois par la méthode des coupes progressives, de l’autre on garde un couvert continu et on régénère progressivement le peuplement en sous-étage tout en récoltant régulièrement. Les résultats montrent que la gestion régulière comme la gestion irrégulière présentent des performances économiques et un stockage du carbone globalement similaires sur la durée d’une révolution. Le bilan carbone est positif dans tous les peuplements et environ quatre fois supérieur chez les résineux, en raison notamment d’une plus forte accumulation de biomasse vivante, d’un stockage accru dans les produits récoltés mais surtout d’un effet de substitution plus important. Dans les peuplements feuillus, le bilan carbone est en moyenne 18 % supérieur en irrégulier, principalement dans les chênaies et les mélanges chêne-hêtre.

Le fonctionnement des écosystèmes reste assez similaire. Toutefois, les peuplements irréguliers présentent une stabilité temporelle significativement supérieure, particulièrement chez les résineux. Cette stabilité semble davantage liée aux niveaux de surface terrière et de stock en croissance définis pour la simulation qu’à la structure sylvicole elle-même. La biodiversité présente un bilan contrasté : la diversité en essence tend à être plus élevée en régulier, tandis que les arbres porteurs de dendromicrohabitats sont généralement plus abondants en irrégulier. Enfin, la sylviculture irrégulière améliore nettement la résistance au vent en évitant les phases de forte vulnérabilité des peuplements réguliers matures.

Les résultats de cette étude montrent que le choix de la sylviculture la plus appropriée dépend de ce que l’on prend en considération. La gestion irrégulière présente un avantage en termes de stabilité, de risque de gestion et de présence de dendromicrohabitats.

Mené par des chercheurs de l’Université Grenoble Alpes (INRAE-LESSEM) et du CNPF-IDF, dans le cadre du projet OUI-GEF (« Outils innovants pour une gestion concertée des forêts »), cette étude analyse les déterminants de la décision de coupe en forêt privée à l’échelle de la parcelle. Son originalité tient à l’appariement de données d’enquête (1002 questionnaires réalisés en 2018 auprès de propriétaires de trois parcs naturels régionaux contrastés : Chartreuse, Massif des Bauges, Pilat) avec des caractéristiques biophysiques fines et géolocalisées des parcelles, combinaison rarement mobilisée dans la littérature forestière française.

La décision de couper apparaît avant tout liée au comportement et à la présence effective des propriétaires sur leurs parcelles : fréquence de visite, accessibilité perçue et pratique d’activités de loisirs constituent les déterminants les plus robustes, devant les seules contraintes physiques (pente, altitude) et biologiques (essence, structure du peuplement). Les revenus élevés réduisent la probabilité de coupe, traduisant chez les propriétaires aisés une logique patrimoniale plutôt que productive, tandis que la durée de détention l’augmente. La taille de la parcelle influence davantage la décision que la surface totale de la propriété, confirmant le rôle du morcellement. Un effet de voisinage significatif est également mis en évidence : la coupe d’une parcelle est favorisée par l’exploitation des parcelles proches, suggérant des dynamiques locales d’imitation ou de diffusion.

Les auteurs concluent que les politiques de mobilisation du bois gagneraient à combiner accompagnement technique, présence sur le terrain et animation territoriale, plutôt que de reposer sur les seuls leviers économiques.

En France, 1,7 million de renards, mustélidés et corvidés classés « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » sont abattus chaque année pour limiter les dommages aux activités agricoles et à la santé publique. Une équipe du Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (MNHN, CNRS, Sorbonne Université), avec l’University of the West of England, a évalué pour la première fois l’efficacité écologique et économique de cette politique, sur sept saisons de chasse (2015-2022) et dix espèces (renard, fouine, martre, putois, belette, corneille, corbeau freux, pie, geai, étourneau).

Les résultats, issus de modèles linéaires mixtes appliqués aux données officielles de dégâts déclarés et de prélèvements, ne montrent aucun lien entre l’effort de régulation et l’évolution des coûts de dommages : une hausse des tirs ne réduit pas les déclarations de dégâts l’année suivante, et une baisse ne les augmente pas non plus. Les suivis du programme STOC-EPS confirment par ailleurs que le piégeage et le tir n’infléchissent pas les effectifs reproducteurs des espèces d’oiseaux visées, plusieurs présentant même une relation positive avec l’effort de contrôle, suggérant un phénomène de compensation démographique rapide.

Sur le plan économique, le coût de la régulation létale est estimé entre 103 et 123 millions d’euros par an, contre seulement 8 à 23 millions d’euros de dommages officiellement déclarés. Ce rapport coût/bénéfice est défavorable même dans les scénarios les plus conservateurs. Les auteurs pointent aussi une perte potentielle de services écosystémiques (dispersion de graines par les corvidés, régulation des rongeurs par les petits carnivores…). L’étude plaide pour une révision du cadre réglementaire à l’expiration du décret triennal en 2026, au profit de solutions non létales.

Le projet COCOBIN, coordonné par l’Université d’Oulu (Finlande) teste une substance issue de l’écorce de bouleau, la subérine, comme alternative au plastique.

La subérine est un composé naturel qui imperméabilise l’écorce des arbres en empêchant la perte d’eau. Une fois extraite, elle est appliquée sur du papier et du carton pour bloquer le passage de la vapeur d’eau, principale cause de dégradation des aliments emballés.

Le premier test a été réalisé. Les premiers résultats sont prometteurs d’après les chercheurs, mais certaines performances restent à confirmer en conditions humides. La recyclabilité de ce matériau et la sécurité du contact alimentaire doivent également encore être éprouvées.