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Entre les deux mon cœur balance

Choisir de maintenir une structure équienne ou de l’irrégulariser progressivement en optant pour une gestion en couvert continu constitue un enjeu majeur de la gestion forestière dans un contexte de dérèglements climatiques.

Cette étude compare ces deux approches selon leurs effets sur la production, la rentabilité, le stockage du carbone, le fonctionnement des écosystèmes, la biodiversité et la résistance aux perturbations. L’évolution de quinze peuplements représentatifs de forêts situées en Wallonie, initialement équiennes et proches de la maturité, a été simulée selon ces deux stratégies. Celles-ci reposent toutes deux sur la régénération naturelle. D’un côté, le peuplement est renouvelé en une fois par la méthode des coupes progressives, de l’autre on garde un couvert continu et on régénère progressivement le peuplement en sous-étage tout en récoltant régulièrement. Les résultats montrent que la gestion régulière comme la gestion irrégulière présentent des performances économiques et un stockage du carbone globalement similaires sur la durée d’une révolution. Le bilan carbone est positif dans tous les peuplements et environ quatre fois supérieur chez les résineux, en raison notamment d’une plus forte accumulation de biomasse vivante, d’un stockage accru dans les produits récoltés mais surtout d’un effet de substitution plus important. Dans les peuplements feuillus, le bilan carbone est en moyenne 18 % supérieur en irrégulier, principalement dans les chênaies et les mélanges chêne-hêtre.

Le fonctionnement des écosystèmes reste assez similaire. Toutefois, les peuplements irréguliers présentent une stabilité temporelle significativement supérieure, particulièrement chez les résineux. Cette stabilité semble davantage liée aux niveaux de surface terrière et de stock en croissance définis pour la simulation qu’à la structure sylvicole elle-même. La biodiversité présente un bilan contrasté : la diversité en essence tend à être plus élevée en régulier, tandis que les arbres porteurs de dendromicrohabitats sont généralement plus abondants en irrégulier. Enfin, la sylviculture irrégulière améliore nettement la résistance au vent en évitant les phases de forte vulnérabilité des peuplements réguliers matures.

Les résultats de cette étude montrent que le choix de la sylviculture la plus appropriée dépend de ce que l’on prend en considération. La gestion irrégulière présente un avantage en termes de stabilité, de risque de gestion et de présence de dendromicrohabitats.

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