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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

L’UNESCO et le Programme Hydrologique International présentent un rapport sur l’impact de la gestion forestière sur les ressources hydriques. Ce document est divisé en treize sections, chacune faisant le bilan d’un pays sous différentes latitudes. Chaque État présente les problématiques auxquelles il est confronté et fait un état des lieux de sa gestion forestière actuelle, des recherches et actions mises en place et des améliorations nécessaires pour préserver ses ressources hydriques.

Les mares forestières et les petits réseaux hydrauliques sont des réservoirs de biodiversité et participent à l’équilibre général de la forêt. En raison de la perte de leur fonctionnalité originelle (extraction de matériaux, abreuvoirs pour les chevaux de débardage, etc.), ils sont petit à petit délaissés et cessent d’être régulièrement entretenus. En France, avec l’appui des CRPF et de leurs partenaires, des travaux de restauration sont entrepris dans différentes régions. Dans les grands massifs, la diversité des stades d’évolution des mares est favorisée. Mais lorsqu’elles sont isolées, le stade 2 est favorisé. Il correspond à une mare où le phénomène de comblement commence, où les hélophytes et hydrophytes ont déjà colonisé le milieu et où la richesse en biodiversité est la plus grande. Des actions de communication auprès des propriétaires sont également menées afin de les sensibiliser sur les intérêts d’identifier et de restaurer ces milieux de vie.

En introduisant dans un modèle mathématique les variables environnementales connues pour influencer la régénération naturelle du chêne sessile, des chercheurs ont pu estimer  l’effet du mélange du chêne avec une autre essence sur sa régénération, indépendamment des conditions du milieu.

Quatre  essences résineuses (le pin de corse, le pin sylvestre, le pin maritime et le douglas) et une essence feuillue (le châtaignier) ont montré un effet positif du mélange sur la régénération naturelle  du chêne.  En effet, dans ces mélanges, la proportion de chênes dans la régénération était supérieure à celle qu’on  aurait pu attendre compte tenu de la proportion de chênes dans le peuplement. L’impact du mélange était donc positif. Aucune des essences étudiées n’a par contre impacté négativement la régénération du chêne. Dans les mélanges avec des essences résineuses, l’effet positif observé était fortement corrélé au niveau de tolérance à l’ombre de l’essence en mélange. Cette corrélation n’a par contre pas été observée dans les mélanges avec des feuillus. L’effet positif du mélange avec des essences résineuses intolérantes à l’ombre est expliqué par leur plus grande perméabilité à la lumière liée à une architecture de couronne moins optimisée  que celle des essences tolérantes à l’ombre. Leur sous étage est donc plus lumineux et la distribution de la lumière plus hétérogène. Chez les feuillus, l’effet non significatif de ce facteur pourrait être lié à la plus grande plasticité du développement de leur couronne, comblant plus facilement les vides dans la canopée.

On sait aujourd’hui que les peuplements mélangés présentent de nombreux avantages, comme une productivité significativement plus élevée sur les sites moins productifs et une plus grande résilience face aux changements globaux. Assurer le renouvellement d’un peuplement mélangé peut cependant se révéler un vrai challenge en raison des différences de tolérance à l’ombrage et d’exigences environnementales des espèces constituant le mélange. Cette étude montre que le mélange peut avoir un effet positif sur la régénération. Elle vient compléter le vaste et passionnant champ de recherche sur la régénération des peuplements mélangés à couvert continu.

L’Office économique wallon fait le bilan du 1er trimestre 2021. Ce début d’année 2021 est marqué par le prix des matières premières en nette augmentation ! Le bois n’y échappe pas et cette tendance entamée fin 2020 s’accélère. Deux raisons principales sont avancées : le manque de matière dans les pays qui ont retrouvé la croissance comme la Chine et les USA, mais aussi les taxes à l’importation de bois canadien mises en place par l’Administration Trump. Le secteur américain de la construction connaît une bonne reprise et est à la recherche de matière première. D’habitude, c’est vers la Scandinavie, l’Allemagne ou l’Autriche que les américains se tournent. Mais la demande est telle qu’ils sont forcés de prospecter bien plus large. Cette forte demande crée une pénurie et les prix s’envolent également en Europe.

Bien que fustigé lorsqu’on parle de grumes feuillues, le fret maritime permet actuellement de libérer nos forêts des bois scolytés et de désengorger les stocks de nos entreprises. Le prix du fret a fortement augmenté. L’augmentation du prix du container trouve son origine dans la distorsion de flux et de disponibilité des containers qui manquent dans les pays où l’activité économique reprend.

Chez nous le secteur du sciage connaît donc un véritable boum ! Au vu du marché porteur, l’offre en épicéa est à la hausse et des bois sains sont à nouveau proposés à la vente. Certains propriétaires délivrent des volumes supplémentaires, ce qui laisse craindre une pénurie de bois résineux à moyen terme.

Vu la forte demande, les délais sont particulièrement longs (12 à 15 semaines) et il devient difficile de s’approvisionner.

Concernant les bois feuillus, l’offre en chêne est faible et les prix des bois augmentent, tout comme ceux des sciages.

Le département de la santé des forêts françaises a sorti son rapport de réussite des plantations forestières de l’année 2020.  Le constat est le suivant : près de 30 % des plantations n’ont pas repris. Cette situation s’inscrit dans un contexte difficile, car 2019 et 2018 avaient déjà connu un taux d’échec important. Le mélèze d’Europe, les chênes sessile et rouge ainsi que le douglas sont les essences qui ont le moins bien repris en plantation, surtout dans les régions qui ont connu la sécheresse estivale de 2020.

Dans la presque totalité des cas (90 %), ce sont des causes abiotiques comme le gel, la hausse générale des températures et la sécheresse qui ont provoqué la mort des jeunes plants. La mauvaise qualité des plants ou de la parcelle sont aussi considérées comme des causes de mortalité chez ces plants.

L’objectif de ce suivi est d’évaluer l’impact des stress potentiels sur la survie des plants dans leur première année de vie en forêt, et d’établir un indicateur du suivi de l’état sanitaire des forêts françaises.

L’Observatoire wallon de la santé des forêts, dans le cadre de sa mission de surveillance, entretient un dispositif pour suivre l’envol du scolyte de l’épicéa en Wallonie. Ce dernier a relevé une augmentation significative des captures ces derniers jours, ce qui marque le début du premier envol. Aucun essaimage massif n’avait encore été remarqué depuis la sortie de l’hiver. Le forestier gagne ainsi six semaines par rapport aux trois années précédentes. Il est probable que cela empêche une troisième génération de se développer en 2021.

Quelques rappels pour la gestion des scolytes :

–        Évacuer les chablis

–        Surveiller minutieusement les peuplements d’épicéas

–        Abattre les arbres scolytés, les évacuer ou les écorcer

–        Reporter les ventes de bois sains (dans la mesure du possible)

 La gestion rapide des arbres scolytés reste la priorité pour mettre fin à cette pullulation.

Sur une même surface, un ensemble d’arbres de différentes essences séquestre et stocke plus de carbone atmosphérique que son pendant pauvre en essences. Mais la diversité a-t-elle également un impact sur la croissance des arbres ? Des études de long terme sur des prairies ont montré que la diversité a un effet sur la productivité dans le temps, au fur et à mesure que la complémentarité entre les espèces qui coexistent augmente. En est-il de même pour les forêts ?

Des chercheurs ont étudié la forêt boréale en Finlande pour déterminer si les effets de la diversité sur la croissance des arbres changent de manière prévisible au cours du développement des peuplements. Pour ce faire, ils ont analysé les données des trajectoires de croissance du diamètre des essences et ont comparé les données de forêts mélangées avec des données issues de monocultures.

Les résultats de l’étude montrent que, dans ces forêts, l’effet de la diversité sur la croissance des arbres augmente progressivement et devient significatif lorsque les semis ont une vingtaine d’années et qu’ils commencent à interagir et à entrer en concurrence. Les différentes essences ont montré des résultats semblables.

En 2016, La bourgeoisie de Basadingen-Schlattingen (canton de Thurgovie, en Suisse) a reçu le Prix Binding pour sa forêt. En effet, elle a été gérée selon le principe de la limitation volontaire en futaie permanente et comprend dès lors un grand nombre de vieux arbres de valeur. Cependant, elle est aujourd’hui menacée par une densité importante de chevreuils et par des épisodes de sécheresse.

Le projet « Collaboration chasse-sylviculture 2016-2022 », mené par la biologiste Nicole Imesch, spécialiste de la grande faune, a pour but de parvenir à un équilibre tolérable pour le milieu. Pour y arriver, des échanges ont lieu entre forestiers, associations de chasseurs et propriétaires.

Lors d’une sortie annuelle forêt-gibier, dirigée par la biologiste, une analyse de la situation de chaque essence face à l’abroutissement est réalisée en petits groupes composés d’experts forestiers, de chasseurs, ainsi que du président de la bourgeoisie de Basadingen-Schlattingen. Les différents acteurs se sont accordés sur des objectifs communs comme, par exemple, la régénération de toutes les essences indigènes, des effectifs de gibier en bonne santé et en adéquation avec l’habitat, un niveau tolérable de dégâts de sangliers dans l’agriculture, etc. La clé du succès pour limiter les conséquences de l’abroutissement sur les essences rares réside donc dans une collaboration harmonieuse entre les différents acteurs.

On en entend trop peu parler dans les médias ou ailleurs. Les invasions biologiques sont pourtant une cause majeure de dégâts, non seulement écologiques (extinction d’espèces locales) mais aussi sanitaires (allergies, toxicité) et économiques (dommages aux infrastructures). Les espèces exotiques envahissantes ont colonisé tous les endroits où l’Humain a mis les pieds depuis des siècles. Ce n’est pas un problème en soi, sauf quand leur développement menace la faune et la flore indigènes, menant à de lourdes perturbations des écosystèmes et des chaînes trophiques. Récemment, une équipe de chercheurs français a ainsi chiffré les coûts économiques des invasions biologiques dans le monde, en les compilant dans la base de données « InvaCost », un travail complexe de standardisation de données d’origines diverses et liées à des dégâts variés à travers le monde. Finalement, une somme globale a pu être calculée à l’échelle mondiale : 1288 milliards de dollars de coûts économiques ! Une somme astronomique et pourtant largement sous-estimée. En effet, seules les données les plus robustes ont été prises en compte et certains dégâts ne sont pas monétisés ou monétisables.

Ces milliers de milliards de dollars de pertes représentent dix à cent fois plus que les investissements réalisés pour éviter ou contrôler les invasions biologiques. De plus, avec le temps, on observe une augmentation exponentielle des coûts. Rien qu’en 2017, ils représentent plus de 163 milliards de dollars. C’est dire la nécessité de contrôler ces invasions le plus tôt possible. Un énorme travail de prévention doit être réalisé à cet égard. Dès qu’une invasion est détectée, des actions doivent être mises en place pour l’enrayer au maximum. Ceci limitera non seulement les dégâts à la biodiversité locale, mais réduira aussi grandement les coûts de gestion d’un tel fléau.

Le mélèze a le vent en poupe ces dernières années. Il est très demandé, autant par les forestiers publics que privés, dans un but de diversification. Mais les plants et graines sont en pénurie… L’OWSF met en garde, il faut absolument être attentif à la provenance !

1. La provenance doit être issue des Sudètes afin d’éviter le chancre du tronc et des branches (Lachnellula willkommii).

2. Les plants ne doivent pas provenir ou être élevés dans une région où Phytophthora ramorum sévit (actuellement en Grande-Bretagne, Irlande et Bretagne).

Phytophthora ramorum cause d’importants dégâts aux trois espèces de mélèze. Il peut également infecter d’autres essences, telles que le douglas, le châtaignier, le chêne rouge, et le hêtre. La vigilance est de mise.