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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Depuis le début de la pandémie Covid, beaucoup plus de gens profitent de la forêt pour faire de longues balades à l’extérieur, ce qui n’est pas pour déplaire à la tique. Ce petit acarien est un parasite qui s’accroche à notre peau pour se nourrir de notre sang. Ses morsures peuvent provoquer de fortes inflammations et transmettre une maladie neurodégénérative encore trop peu connue : la maladie de Lyme.

Le monde scientifique nous alerte sur l’impact que le changement climatique pourrait avoir sur ce type de maladies. En effet, plusieurs études récentes soulignent l’augmentation de l’incidence de la maladie de Lyme eu Europe et en Amérique, probablement dû à l’augmentation globale des températures mais aussi à certains facteurs socio-économiques.

En l’absence de vaccin efficace, la meilleure solution reste la prévention. Il est conseillé de porter des vêtements couvrants et de retirer les tiques le plus rapidement possible, avec soin évidemment, car le risque de transmission de la bactérie augmente fortement avec la durée d’attachement.

Deux règles sont essentielles pour préserver les sols forestiers des tassements occasionnés par les machines : imposer l’utilisation des cloisonnements d’exploitation et éviter la formation des ornières sur ces lieux de passage.

Le guide français « Pratic’sols », rédigé par des acteurs de terrain, détaille comment protéger les sols lors d’un chantier forestier. Ce guide s’adresse à tous les partenaires d’une coupe de bois : le propriétaire, le gestionnaire, l’exploitant, le marchand, etc. et formule des recommandations pour qu’un chantier respecte l’intégrité des sols. Ces recommandations sont :

  • Circuler partout est une erreur : sachant qu’un à deux passages suffisent pour tasser à 80 % un sol sensible, il vaut mieux toujours passer au même endroit.
  • Maintenir les cloisonnements en bon état : on accepte de dédier une partie de la surface forestière à ces couloirs de circulation et on accepte d’imposer l’utilisation de ces couloirs à l’acheteur ou à l’exploitant.
  • Accepter de payer les travaux plus chers pour une exploitation prudente de qualité.

Une étude menée en République tchèque montre que le développement spontané de la régénération naturelle pionnière et post-pionnière améliore la qualité du sol après mise à blanc de pessières.

L’étude avait deux objectifs : étudier la régénération naturelle sur de grandes mises à blanc 12 ans après la coupe et un échec de plantation, et analyser la composition chimique du sol sous ces  jeunes couverts en la comparant  à celle de pessières mures voisines.

Les enseignements les plus intéressants de cette étude sont :

  • Le bouleau domine largement dans les premières successions des jeunes peuplements avec souvent présence dominante de l’épicéa en sous-étage.
  • Souvent, les peuplements permettent de produire dans un premier temps des bouleaux et sorbiers de qualité et ensuite des épicéas.
  • C’est dans les mélanges dominés par le bouleau dans un premier temps qu’on a retrouvé les plus grandes proportions d’épicéas.
  • Le sol des jeunes régénérations étudiées était à la fois moins acide et plus riche en nutriments que celui des pessières mûres voisines.

L’atlas des oiseaux nicheurs d’Europe retrace les tendances de ces trente dernières années. L’effet du réchauffement climatique est marquant. L’aire de répartition des oiseaux nicheurs européens se décale vers le nord à la vitesse de 1 km/an. De nombreuses espèces boréales disparaissent du sud de leur aire. Par exemple, la mésange boréale a disparu du Sud de la France. L’hypolaïs ictérine, un oiseau jaune vert qui a des talents d’imitateur, a maintenant comme frontière le Sud la Belgique.

Par ailleurs, les pays nordiques comptent 29 espèces en plus en seulement 30 ans.

Les espèces forestières ont plutôt tendance à augmenter leur aire de répartition, au contraire des espèces des milieux agricoles, de la toundra ou des landes.

L’atlas montre par ailleurs que les espèces dont les habitats bénéficient d’un statut légal de protection sont moins impactées que les autres.

Les changements climatiques annoncés et l’augmentation des stress biotiques sont souvent évoqués comme principaux facteurs de stress pour les forêts. Bien que ces phénomènes soient supposés avoir des effets importants sur la croissance des arbres, à la fois à court et à long terme, leurs impacts sont encore peu étudiés et compris.

Les impacts d’une attaque passée de chenilles du bombyx disparate ont été étudiés sur des pins sylvestres. Ces derniers ont ensuite été plus récemment largement infestés de gui. La réaction des arbres a été comparée sur des arbres fortement attaqués par le gui alors que d’autres ne l’ont pas été et ce, à la fois sur des stations humides et sèches. L’objectif est de quantifier l’importance relative des stress biotiques sous différentes conditions climatiques. La dendrochronologie a servi à identifier les variations à court et long terme de la croissance radiale mais également les adaptations anatomiques du bois durant l’attaque. Le bombyx a causé une forte réduction de croissance en 1953, de l’ordre de 50 % ! L’anatomie du bois a été modifiée et les arbres ont développé des trachéides, éléments qui servent à transporter la sève brute, avec de plus petites perforations transversales (33 % de moins).

L’arrivée récente du gui a causé des écarts importants d’accroissement pour les arbres atteints, à la fois sur les stations sèches et humides. Sur les stations sèches, les arbres atteints par le gui ont d’autant plus souffert des années sèches, ce qui s’est marqué au niveau de leur accroissement radial. Les arbres atteints sévèrement voyaient leurs accroissements diminuer encore plus lors des conditions climatiques sèches et chaudes. Cette étude met en évidence les impacts parfois à très long terme d’un stress sur le développement des arbres et montre que l’étude des accroissements peut aider à comprendre des phénomènes complexes de dépérissement.

Depuis le début des années 2000, les services écosystémiques s’imposent peu à peu dans les stratégies de conservation de la nature. L’idée de base étant que si on ne donne pas de valeur à la nature, elle n’en a pas, alors qu’en lui attribuant une valeur monétaire, on la fait entrer dans les discussions d’affaires et les débats politiques. Cette approche présente des avantages comme des inconvénients. Tous les aspects de la nature ne peuvent pas être monétisés et l’évaluation monétaire de la nature pourrait aussi nuire à d’autres aspects de sa protection. Ainsi, des études ont montré que des propriétaires terriens protègent simplement la nature parce qu’elle se doit d’être protégée. Les payer pour cela viendrait quelque part à « déprécier » ces normes sociales honorables. Parler de la nature en termes économiques pourrait aussi mener à une certaine distanciation psychologique avec elle, dans la mesure où des personnes qui se sentent moins connectées à la nature sont aussi moins enclines à la protéger. La sensibilisation a donc toujours un grand rôle à jouer. Dès lors, pourquoi ne pas, par exemple, restreindre ce langage de marchandisation aux seuls secteurs des affaires, des entreprises et des politiques ? La vie humaine est aussi largement monétarisée par les compagnies d’assurances notamment, alors qu’elle garde, en soi, une grande valeur pour la plupart d’entre nous. La même logique pourrait s’appliquer à la nature.

Le baromètre du 4ᵉ trimestre de l’Office économique wallon du bois dresse l’état des lieux de l’activité au sein de la filière durant les derniers mois de 2020. Durant cette période, le confinement qui a permis aux magasins de bricolage de rester ouverts a donné des idées aux bricoleurs et une progression de 25 % a été constatée dans l’achat de parquet et boiseries. Pour les professionnels de la construction, la période était délicate en raison des incertitudes liées aux mesures sanitaires et de la complexité de gestion du personnel en raison des quarantaines.

Du point de vue de la transformation, chez les feuillus, l’approvisionnement en matière première était stable et les prix sont repartis légèrement à la hausse. La demande en sciage et leurs prix sont restés constants. Le transport par container a connu un pic au mois de décembre en raison de la crise sanitaire. Ceci a rendu les exportations de bois quasi impossibles. Les fortes demandes sur le marché américain ont poussé les compagnies de fret à délaisser quelque peu le marché européen, ce qui a créé une pénurie de containers disponibles dans les ports partout en Europe et par conséquent, une flambée de leur prix.

Pour les résineux, la fin de l’année 2020 a encore vu l’arrivée de nombreux bois scolytés sur le marché. Les températures du mois d’août ont eu raison de nombreux épicéas qui se sont fait attaqués en fin de saison. Malgré les quantités importantes de bois sur le marché, les gros bois ont recouvré des prix avoisinants les 60 €/m³, voire dépassé les 70 €/m³. Les douglas ont continué de maintenir des prix dépassant les 80-90 €/m³ pour des bois de plusieurs mètres cubes.

Au niveau des conditions d’exploitation, les précipitations et les épisodes hivernaux ont rendu l’exploitation quasiment impossible à partir du mois de décembre.

Le hêtre (Fagus sylvatica) a connu son heure de gloire fin des années 1990, où son prix avoisinait alors celui du chêne, autour de 100 €/m³ en moyenne. Il a ensuite connu une dégringolade ces vingt dernières années pour peiner à atteindre les 40 €/m³ sur pied et 55 €/m³ façonné. En France, durant cette période, le volume de bois récolté a lui-même été divisé par un facteur de deux et demi affectant la production de sciage, les exportations de grumes et de planches.

Récemment, ce sont l’épidémie de covid-19 et le dépérissement des hêtraies qui accablent encore un peu plus cette essence pourtant pourvue de belles qualités. Le hêtre présente en effet une bonne résistance mécanique, un meilleur module d’élasticité et une densité inférieure à celle du chêne ce qui en fait une alternative avantageuse pour le dimensionnement et le poids des pièces. Encore fallait-il l’intégrer dans les normes de classement visuel pour le marquage CE et définir son aptitude au collage structurel ! C’est maintenant chose faite grâce à l’Institut FCBA (Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement) avec un objectif de promotion de l’essence dans la construction. Plusieurs entreprises européennes exploitent ces nouveaux débouchés (l’allemand Pollmeier, le français Lefebvre) mais aussi des initiatives plus locales comme en Suisse où des propriétaires forestiers se sont associés avec d’autres partenaires pour créer la société Fagus Suisse qui utilise prioritairement le hêtre de ces propriétaires afin de produire des éléments de structure en bois lamellé-collé et tasseau-collé.

Les abeilles mellifères, alliées importantes de la biodiversité forestière, ont disparues petit à petit de nos forêts. En cause la disparition de leur habitat naturel : la végétation diversifiée et les grands arbres à cavité creuse. Ceux-ci n’ont plus l’opportunité de grandir assez et d’accueillir des essaims dans nos forêts exploitées.

Un projet de recherche mené en Suisse a pour but d’étudier les conditions de repeuplement et d’observer le comportement de ces abeilles, leur mode de vie et leurs besoins. À terme, les chercheurs espèrent pouvoir émettre des recommandations pour une sylviculture favorable aux abeilles mellifères, afin de soutenir l’intérêt écologique qu’elles représentent.

« Selon un sondage, trois Belges francophones sur quatre se déclarent opposés à la chasse. Pour beaucoup, elle s’apparente uniquement à de la cruauté. Mais est-ce justifié ? L’émission #Investigation a voulu […] pénétrer et tenter de réellement comprendre la chasse, un monde qui nourrit, parfois lui-même à travers son intense lobbying, fantasmes et rumeurs. »