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Numéro 157

Forêt.Nature, la revue technique consacrée à la gestion résiliente des espaces forestiers et naturels

4 numéros par an, 80 pages au format A4, couleur.

Des contenus adaptés aux préoccupations larges des gestionnaires forestiers et des espaces naturels

Sommaire

Numéro 157

Blandine Georges, Hugues Claessens, Albéric De Coster, Olivier Desteucq, Benjamin Englebert, Léo Huylenbroeck, Adrien Michez

L’eau, ressource à protéger, est de plus en plus soumise à diverses contraintes liées notamment à la demande croissante en eau et au réchauffement climatique. Dans ce contexte, la gestion durable des cours d’eau est plus que jamais une nécessité. Pour mettre fin à la détérioration de l’état des masses d’eau et les amener à un « bon état », la directive cadre sur l’eau (DCE) a été adoptée en 2000 par l’Union européenne et transposée dans le droit wallon, dans le code de l’eau, en 2004. En décembre 2018, de nouvelles dispositions ont été ajoutées au code de l’eau, avec comme objectif une gestion intégrée, équilibrée et durable des cours d’eau. Un des apports importants de ce nouveau cadre juridique est l’officialisation d’un projet ambitieux en matière de gestion des cours d’eau : les Programmes d’Actions sur les Rivières par une approche Intégrée et Sectorisée (PARIS). Les PARIS ont pour but d’intégrer, dans le temps (planification sur 6 ans) et dans l’espace (à l’échelle d’unités de gestion appelées « secteurs »), l’ensemble des mesures de gestion spécifiques au linéaire de cours d’eau, en fonction d’enjeux prioritaires et d’objectifs de gestion identifiés à l’échelle des secteurs. En effet, la multifonctionnalité de nos cours d’eau les soumettent à des enjeux parfois contradictoires, souvent complémentaires. La démarche des PARIS distingue quatre enjeux : inondation (fonction hydraulique des cours d’eau), biodiversité (fonction écologique des cours d’eau), économique et socio-culturel. Les PARIS, établis pour chaque sous-bassin, contribuent à la coordination entre les gestionnaires et à la concertation avec d’autres acteurs comme le Département de la Nature et des Forêts ou les Contrats de rivière.

Violaine Fichefet, Alain Licoppe, Vinciane Schockert

Le loup a entamé une lente reconquête naturelle des territoires dont il a jadis été éradiqué. Ce retour progressif d’une espèce aujourd’hui protégée a incité l’administration, à la demande de la Ministre de la Nature, à rédiger un plan d’action. Celui-ci vise à protéger l’espèce, certes, mais surtout à favoriser sa cohabitation avec l’homme sur notre territoire. Le plan d’action synthétise les connaissances actuelles sur l’espèce et propose une panoplie d’actions visant (1) son suivi scientifique, (2) sa protection et la gestion de situations problématiques éventuelles, (3) l’appui à la protection des troupeaux par le financement de mesures de prévention (moyens de protection temporaires et durables) et l’indemnisation des dommages, et (4) la sensibilisation d’acteurs de terrain spécifiques ainsi que du grand public. Cet article résume les actions précises prévues pour atteindre chacun de ces objectifs opérationnels.

Maude Vandenabeele

Le travailloscope de Grimbiémont a été mis en place sur base du constat que de nombreux gestionnaires cherchaient des alternatives afin de diminuer les investissements lors des phases de renouvellement et des soins associés. La méthode des travaux ciblés est alors très vite devenue une évidence. Il était essentiel de valoriser la finesse technique nécessaire pour travailler des zones de régénération de façon ciblée. Le travailloscope de Grimbiémont est le premier en Wallonie. Il sera suivi par d’autres dispositifs abordant des thématiques bien spécifiques. Le contexte particulièrement favorable de Grimbiémont a permis de : • Tester la gestion des travaux ciblés dans la régénération naturelle mélangée (feuillus et résineux). • Analyser comment la nature effectue les premiers travaux sylvicoles (renouvellement, sélection, élagage, etc.) lorsque l’équilibre faune/flore est respecté. • Observer le résultats de travaux précédents (cassage, annélation). Ce module de formation a vu défiler 160 participants durant le printemps et l’été 2020. Il a permis de lever les a priori sur la mise en pratique des travaux ciblés en amenant des réponses techniques précises à des situations complexes.

Salvatore Pirronitto, Sophie Schmitz, Hugues Claessens

En pleine période de crise liée à la vitesse du changement climatique, la plantation d’essences adaptées à des climats plus chauds est une solution envisagée. Parmi celles-ci, une exotique, le cèdre de l’Atlas, présente de très bons atouts pour faire face aux modifications futures. En Wallonie, quelques plantations ont commencé depuis le début des années 2000. Une première visite de ces parcelles a montré un état sanitaire très bon et un début de croissance intéressant en comparaison avec d’autres peuplements français. Son installation requiert toutefois des investissements importants et de la prudence comme pour toute essence importée dans un nouvel environnement.

Romain Candaele, Philippe Lejeune, Alain Licoppe, Céline Malengreaux, Yves Brostaux, Kevin Morelle, Nicolas Latte

L’épicéa est la principale essence de Wallonie et parmi les plus importante d’Europe. Elle est malheureusement particulièrement touchée par les écorcements de cerf. Ce dégât rend une part importante du volume des arbres impropre à des transformations de haute valeur ajoutée, réduit la croissance et rend les peuplements sensibles aux tempêtes et aux stress climatiques. Ses répercussions dépassent donc de loin la seule perte de valeur marchande. L’écorcement est devenu un problème déterminant pour la très importante filière du bois résineux dans toute l’Europe avec l’accroissement des populations de cerfs depuis la fin du 20e siècle. Il peut contribuer à rendre problématique l’approvisionnement de la filière en s’additionnant aux pertes de volume causés par des épisodes de sécheresse qui seront plus intenses et fréquents dans les années à venir. D’autre part, le cerf est une espèce emblématique, qui a failli disparaître de nombreuses régions d’Europe Occidentale. Cette espèce présente aussi un enjeu important car elle contribue à la valeur des territoires de chasse. Cette étude a valorisé un inventaire remarquable par la superficie, la résolution spatiale et temporelle et la durée du suivi. En croisant ces données avec de multiples variables à fine résolution spatiale et temporelle, l’effet des principaux facteurs influençant l’écorcement a pu être évalué simultanément. Les résultats obtenus donnent des indications précieuses car ils mettent en évidence les meilleures stratégies pour réduire les taux d’écorcement pour lesquelles il n’existait pas encore de consensus.

Wim De Schuyter, Lotte Van Nevel, Kris Verheyen

Le marteloscope de Het Leen, en Flandre orientale, enseigne aux futurs gestionnaires les bases de l’éclaircie multifonctionnelle en forêt irrégulière. Loin de proposer des recettes, le marteloscope est justement l’occasion de tester la grande variété de choix possibles. L’analyse des résultats des équipes de martelage qui se sont succédées entre 2007 et 2019 montre une faible similitude dans les arbres choisis en éclaircie, alors que la surface terrière prélevée reste assez constante. L’analyse monte aussi que les caractéristiques propres des arbres n’influencent pas le choix de les prendre en éclaircie ou non, cela est sans doute dû à la difficulté de trouver un consensus en éclaircie multifonctionnelle. Enfin, l’analyse économique montre que certaines équipes de martelage obtiennent jusqu’à 30 % de recettes supplémentaires sans compromettre la surface terrière et la valeur écologique du peuplement restant.