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Pour concilier carbone et biodiversité, privilégiez le bois mort !

Une étude scientifique européenne publiée récemment remet en question un postulat central des politiques forestières actuelles : la biomasse vivante aérienne ne constitue pas un indicateur fiable de la biodiversité forestière. À partir de la base de données multi-taxonomique Bottoms-Up, les chercheurs ont analysé les relations entre les stocks de carbone et la richesse spécifique de six groupes taxonomiques dans les forêts européennes : plantes vasculaires, bryophytes, lichens, champignons lignicoles, coléoptères saproxyliques et oiseaux.

Les résultats sont sans appel : le bois mort, couché ou debout, est un déterminant bien plus puissant de la biodiversité que la biomasse vivante. Le carbone stocké dans le bois mort couché explique jusqu’à 36 % de la variance observée chez les champignons, et favorise également les lichens épiphytes. Le bois mort debout influence positivement les coléoptères saproxyliques. À l’inverse, les plantes vasculaires régressent dès que les stocks de carbone vivant ou de bois mort couché augmentent, en raison de la fermeture du couvert et de la réduction de la lumière au sol.

L’étude souligne un paradoxe majeur : les politiques climatiques (comme REDD+ ou la stratégie forestière européenne 2030) privilégient le carbone des arbres vivants, au détriment du bois mort, pourtant central pour la biodiversité et le cycle des nutriments. L’extraction croissante des rémanents forestiers à des fins énergétiques aggrave cette pression.

Les auteurs plaident pour une gestion intégrée et proche de la nature, intégrant explicitement la conservation du bois mort dans les inventaires et les plans de restauration. La standardisation des protocoles de suivi à l’échelle européenne est présentée comme un préalable indispensable à toute politique forestière cohérente.

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