Le changement climatique allonge la période de croissance des arbres, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’ils produisent plus de bois.
En forêt, une période de végétation plus longue semble à première vue être une bonne nouvelle. Si le printemps commence plus tôt et que l’automne se termine plus tard, les arbres ont plus de temps pour la photosynthèse et pourraient théoriquement produire du bois plus longtemps et donc stocker plus de carbone. Une étude menée par des scientifiques de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) montre que la durée de la période de croissance n’est pas le seul facteur déterminant pour la production annuelle de bois. Ce qui importe bien davantage, c’est la vitesse à laquelle les arbres produisent de nouvelles cellules de bois. Or, la hausse des températures peut ralentir ce processus.
Pour son étude, l’équipe de recherche internationale a analysé plus de cinquante mille échantillons de bois provenant de forêts de conifères sur quatre continents.
Ces prélèvements réguliers ont permis de suivre ce processus avec une grande précision. Le résultat est sans équivoque : la vitesse de formation cellulaire a eu une influence plus forte sur le nombre annuel de nouvelles cellules de bois formées que la durée de la phase de formation du bois. Or, ce rythme peut varier considérablement. Selon leur emplacement et les conditions, les arbres étudiés formaient entre environ une nouvelle cellule de bois par mois et deux cellules par jour et la chaleur fait partie des éléments qui peuvent freiner la croissance des arbres. Cela pourrait s’expliquer par une moindre disponibilité en eau dans des conditions plus chaudes, l’arbre pouvant alors réduire sa production de bois.
Dans les forêts boréales froides, des températures plus élevées peuvent s’avérer avantageuses dans un premier temps mais la situation est différente dans les régions tempérées ou méditerranéennes déjà plus chaudes. Là, l’allongement de la période de végétation peut être en partie annulé par un stress hydrique croissant et un ralentissement de la formation cellulaire.
Cette étude apporte ainsi un élément important pour les modèles de croissance forestière dans le futur, notamment du point de vue du stockage du carbone.