Pour faire suite à notre article de 2023, dans lequel nous relations le parcours judiciaire exceptionnel d’un pin sylvestre du quartier du Laveu à Liège, l’épilogue est désormais connu : l’arbre est définitivement sauvé.
Le 8 décembre 2025, le Tribunal de première instance de Namur a rendu, en appel, un jugement qui met un terme à plus de 8 ans de procédure. La juridiction a confirmé que les nuisances ordinaires inhérentes à la présence d’un arbre en milieu urbain (chute d’aiguilles, ombrage, dissémination de graines…) ne constituent pas un trouble anormal de voisinage, et qu’aucune faute ne saurait être imputée à la Ville de Liège.
Ce dossier revêt une portée bien supérieure au sort d’un seul individu arboré. Le jugement consacre en effet deux principes appelés à faire jurisprudence : d’une part, la nécessité indubitable de maintenir des arbres à hautes tiges dans les espaces publics urbains ; d’autre part, la reconnaissance que les bienfaits collectifs qu’ils procurent relèvent de l’intérêt général. Il en découle une conséquence juridique structurante : les inconvénients générés par les arbres publics doivent désormais être considérés, dans une plus large mesure, comme une charge publique normale, à supporter collectivement dans l’intérêt commun. Les politiques municipales de végétalisation ne sauraient dès lors être entravées par des demandes individuelles isolées.
Dans un contexte de réchauffement climatique et d’effondrement de la biodiversité, ce précédent conforte le Plan Canopée de la Ville de Liège, porté par l’échevin de la Transition écologique Gilles Foret, ainsi que la position du Département Nature et Forêt du SPW, qui avait dès l’origine émis un avis négatif à l’abattage.