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Numéro 162

Forêt.Nature, la revue technique consacrée à la gestion résiliente des espaces forestiers et naturels

4 numéros par an, 80 pages au format A4, couleur.

Des contenus adaptés aux préoccupations larges des gestionnaires forestiers et des espaces naturels

Sommaire

Numéro 162

Céline Emberger, Loic Molines

Violette Van Keymeulen, Hugues Claessens, Gauthier Ligot

Les écosystèmes forestiers présentent un potentiel significatif pour améliorer le bien-être et la santé humaine. En effet, de nombreux bienfaits liés à leur fréquentation ont pu être attestés par la littérature et ce, tant au niveau social, psychologique que physiologique. Ils concernent par exemple la réduction du stress, l’amélioration du système immunitaire, de l’humeur, la lutte contre la dépression et le burn-out ou encore l’estime de soi et les qualités interrelationnelles. Dans le cadre du projet interreg ASKAFOR visant à promouvoir la sylviculture mélangée à couvert continu, une synthèse de la littérature scientifique a été réalisée afin de comprendre comment la gestion forestière et les caractéristiques des peuplements pouvaient influencer les services de santé rendus. Nos recherches indiquent que le lien entre gestion, caractéristiques et santé n’est pas clair à ce jour et il est donc trop tôt pour orienter les pratiques sylvicoles en vue de promouvoir la santé en forêt. De plus, la valorisation de ce potentiel n’incombe pas uniquement aux gestionnaires forestiers puisqu’il dépend également des activités menées en forêt, de la sensibilité personnelle des utilisateurs et de la communication réalisée autour des bienfaits de ce milieu. Enfin, cette valorisation dépend également des partenariats noués entre les propriétaires forestiers et les acteurs du monde médical, scolaire, politique et touristique. Un rapport plus complet reprenant ces divers éléments a été rédigé dans le cadre du projet interreg et sera prochainement disponible sur le site askafor.eu

Éléonore Kirsch, Dorothée Denayer

Sur le Plateau de Millevaches en France, deux pratiques de gestion coexistent et forment autour d’elles deux communautés. Elles affichent leurs spécificités, déployant côte à côte des visions forestières fondées sur des valeurs et des projets apparemment différents. Cette étude envisage leur comparaison et leurs interrelations. Il s’avère que les communautés façonnent des forêts singulières, donnent leur propre définition du territoire, de la gestion et du temps en forêt. Leur altérité est source de tensions. Pour autant, en allant au-delà de leur apparente homogénéité, en explorant en détail ce qui les caractérise et ce qui les rapproche, elles coexistent et s’influencent dans des modèles qui ne sont ni imperméables l’un à l’autre, ni clôturés.

Sébastien Petit, Hugues Claessens, Quentin Ponette, Caroline Vincke

Le Fichier écologique des essences a été imaginé par Franz Weissen dans les années ‘90 pour aider les forestiers à réfléchir leurs choix d’essences lors des reboisements. Revu et amélioré grâce à l’Accord-cadre de recherches et vulgarisation forestières, il est paru dans sa nouvelle version numérique en juillet 2017 et a connu depuis un grand intérêt auprès des gestionnaires forestiers. Après quasi 5 années d’utilisation, c’est l’occasion de faire le bilan de son utilisation, des évolutions qu’il a connues et d’ouvrir les perspectives de développement pour le futur.

Jonathan Lisein, Hugues Claessens, Samuel Quevauvillers, Philippe Lejeune

Le portail cartographique Forestimator se focalise sur la mise à disposition précoce des résultats de recherche en gestion forestière et promeut ainsi une dynamique d’échange entre les chercheurs et les gestionnaires ou propriétaires forestiers. Plus d’une centaine de couches cartographiques sont consultables et téléchargeables, parmi lesquelles les cartes d’aptitude pour chaque essence forestière, les cartes de dégâts de scolytes de la crise 2018-2021 et la composition des peuplements en place. Un double-clic sur une station permet une description instantanée des conditions environnementales qui y règnent. Les utilisateurs les plus aguerris peuvent importer leur propre parcellaire et effectuer des analyses descriptives complètes. Forestimator intègre de nombreux outils open-source et est en ligne sur l’adresse forestimator.gembloux.ulg.ac.be

Céline Prévot, Sébastien Petit

La vente sur parc à grumes permet de valoriser des grumes de très haute qualité issues des forêts publiques. Elle permet de cibler des acheteurs spécialisés et de favoriser un circuit court. Cette vente est organisée de façon coordonnée entre six régions frontalières : la France (Grand Est), l’Allemagne (Sarre et Rhénanie-Palatinat, le Grand-Duché de Luxembourg, la Flandre et la Wallonie. Le 17 février dernier, la vente a atteint des records. En Wallonie, 350 m³ (88 grumes) étaient exposés. Les chênes indigènes constituaient la plus grande partie du volume (92 %). Plus de 1 100 offres ont été proposées par les différentes acheteurs (scieurs, trancheurs, merrandiers, ébénistes, menuisiers et négociants). Le prix moyen de vente pour les chênes indigènes en 2022 est de 1 344 €/m³. Soit une augmentation de 66 % par rapport à la vente de 2021. Le record du prix de vente revient à un chêne de la forêt domaniale de Saint-Michel-Freyr (cantonnement de Nassogne), acheté par un trancheur pour le prix de 3 469 €/m³, soit près de 30 000 € la grume.

Thibaut Goret, Maïké Dellicour

Les prairies permanentes font partie des types d’habitat les plus riches en espèces. Or, moins de 10 % des prairies européennes ont encore un statut de conservation dit « favorable ». Aujourd’hui, le monde scientifique reconnait qu’il est indispensable de restaurer certains habitats semi-naturels, en particulier les prairies. Cette option fut prise par les porteurs de différents projets LIFE cofinancés par la Commission européenne et en particulier le projet LIFE Prairies bocagères porté par Natagora, ONG de conservation de la nature. Un outil proposant des mesures de restauration adaptées à chaque type de prairie européenne faisait cruellement défaut avant la mise en œuvre du projet. C’est pourquoi un arbre de décision basé sur les connaissances et la littérature a tout d’abord été développé afin de faciliter l’adoption des techniques de restauration les plus appropriées. Dans le cadre du LIFE Prairies bocagères, environ 200 ha de prairies maigres de fauche ont été restaurées botaniquement entre 2012 et 2020 en suivant la méthodologie du guide évoqué. Elle consistait à adapter la technique de restauration en fonction du contexte écologique local (niveau initial de dégradation, présence d’une banque de graines et d’une prairie adjacente bien préservée). Alors que 71 % des prairies étaient initialement dans un état de conservation médiocre, 87 % de ces prairies sont maintenant dans un état de conservation bon ou moyen. Le nombre d’espèces a significativement augmenté avec le temps pour les trois techniques de restauration ; en moyenne, 2,4 espèces supplémentaires étaient trouvées chaque année dans chaque prairie. La similarité de la composition en espèces entre les restaurations et les prairies de référence a également augmenté significativement au fil du temps. Le projet LIFE Prairies bocagères a montré que la restauration des prairies peut être un franc succès à condition d’adapter la technique de restauration en fonction du contexte écologique local.