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Le changement climatique allonge la période de croissance des arbres, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’ils produisent plus de bois.

En forêt, une période de végétation plus longue semble à première vue être une bonne nouvelle. Si le printemps commence plus tôt et que l’automne se termine plus tard, les arbres ont plus de temps pour la photosynthèse et pourraient théoriquement produire du bois plus longtemps et donc stocker plus de carbone. Une étude menée par des scientifiques de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) montre que la durée de la période de croissance n’est pas le seul facteur déterminant pour la production annuelle de bois. Ce qui importe bien davantage, c’est la vitesse à laquelle les arbres produisent de nouvelles cellules de bois. Or, la hausse des températures peut ralentir ce processus.

Pour son étude, l’équipe de recherche internationale a analysé plus de cinquante mille échantillons de bois provenant de forêts de conifères sur quatre continents.

Ces prélèvements réguliers ont permis de suivre ce processus avec une grande précision. Le résultat est sans équivoque : la vitesse de formation cellulaire a eu une influence plus forte sur le nombre annuel de nouvelles cellules de bois formées que la durée de la phase de formation du bois. Or, ce rythme peut varier considérablement. Selon leur emplacement et les conditions, les arbres étudiés formaient entre environ une nouvelle cellule de bois par mois et deux cellules par jour et la chaleur fait partie des éléments qui peuvent freiner la croissance des arbres. Cela pourrait s’expliquer par une moindre disponibilité en eau dans des conditions plus chaudes, l’arbre pouvant alors réduire sa production de bois.

Dans les forêts boréales froides, des températures plus élevées peuvent s’avérer avantageuses dans un premier temps mais la situation est différente dans les régions tempérées ou méditerranéennes déjà plus chaudes. Là, l’allongement de la période de végétation peut être en partie annulé par un stress hydrique croissant et un ralentissement de la formation cellulaire.

Cette étude apporte ainsi un élément important pour les modèles de croissance forestière dans le futur, notamment du point de vue du stockage du carbone.

Dans un bilan publié le 15 septembre 2026, l’Observatoire wallon de la santé des forêts (OWSF, SPW ARNE) décrit un été marqué par trois vagues de chaleur. Selon le réseau PAMESEB du CRA-W, juillet 2026 égale 2022 comme mois le plus sec des 26 dernières années. Enfin, les orages du 19 août ont surtout ruisselé, sans recharger les sols.

L’UCLouvain (Earth and Life Institute) suit en temps réel quatre placettes de douglas en Ardenne : humidité du sol, accroissement, teneur en eau du bois et flux de sève. Les sols sont extrêmement secs sur 30 cm, et trois placettes ont atteint le point de flétrissement, ce qui accroît le risque d’embolie. Le feuillage jaunit et tombe précocement depuis fin juillet. Les peuplements affaiblis deviennent plus sensibles aux pathogènes et aux ravageurs. Après les 3 300 ha brûlés dans les Hautes Fagnes, l’OWSF prépare un suivi sanitaire post-incendie.

L’OWSF et l’ULiège (Laboratoire de Climatologie et de Topoclimatologie) complètent le SPEI-3 (Standardized Precipitation-Evapotranspiration Index), indicateur de référence, avec le SREW, qui intègre la capacité de rétention en eau des sols. Celui-ci montre que la Fagne-Famenne-Calestienne était en stress physiologique dès fin avril. Au 30 juin, toutes les zones bioclimatiques l’étaient, et elles le restaient fin août.

L’OWSF déconseille les exploitations précipitées. Elle recommande de maintenir un couvert continu, de limiter les prélèvements, de conserver un sous-étage protecteur, de protéger les sols grâce aux cloisonnements, d’adapter les essences à la station et d’intégrer la résilience climatique dans chaque décision sylvicole.

L’équipe de Forêt.Nature a formé 22 agents de l’Administration de la Nature et des Forêts du Luxembourg (ANF) sur un enjeu sylvicole majeur : réussir et suivre la régénération naturelle du chêne.

Car si cette approche séduit de plus en plus de gestionnaires, elle exige une solide connaissance de l’autécologie des chênes et des processus naturels dont le sylviculteur cherche à tirer parti. Même lorsque les conditions sont favorables, une intervention reste souvent nécessaire pour maintenir la régénération.

Au programme : rappels théoriques (méthodes de régénération, adéquation à la station, travaux), puis visites de parcelles en régénération, en plein ou par zones diffuses, sous couvert ou à découvert. Analyses de cas, historique des actions ayant mené à la réussite ou à l’échec, exercices pratiques et solutions de rattrapage ont permis aux participants de poser un diagnostic, puis de choisir les interventions et les itinéraires techniques adaptés à chaque type de peuplement. Une approche de terrain, directement transférable en gestion courante.

Cette étude comparative, publiée par la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB), est la première du genre : aucune base de données n’existait sur le sujet. Elle examine l’application aux espaces naturels protégés de six impôts : taxe foncière sur le non bâti, impôt sur le revenu, droits de mutation à titre gratuit (DMTG) et à titre onéreux (DMTO), plus-values et impôt sur le capital. L’enjeu est croissant : avec l’objectif de 30 % d’aires protégées à l’horizon 2030, l’extension concernera surtout des terrains privés, et une fiscalité incitative ou compensatrice pourrait faciliter l’acceptation du statut.

Les situations nationales sont très disparates. Vingt pays ont instauré des dispositifs favorables, mais treize ne l’ont fait que pour un seul impôt. La Belgique se classe très bien : la Flandre agit sur quatre impôts sur six, la Wallonie sur trois, et ces régions taxent moins les aires protégées, notamment forestières, que la plupart des pays européens. La Flandre applique en outre une imposition dégressive selon le niveau de protection, qui encourage des mesures plus ambitieuses.

La France, à l’inverse, n’a mis en place des mesures que pour deux impôts sur six, d’ampleur limitée : exonération quinquennale de taxe foncière pour Natura 2000 et certaines zones humides, sous engagement de gestion, et abattement des trois quarts en DMTG. Elle soumet ces espaces à 13 taxes, dont l’impôt sur le capital, et la charge dépasse parfois 100 % du revenu.

Recommandations des auteurs :

  • alléger en priorité les impôts récurrents non liés au revenu (taxe foncière sur le non bâti, DMTG), puis ceux sur les revenus,
  • prévoir des dispositions pour les terrains dont la protection interdit les usages productifs,
  • réformer les subventions dommageables à la biodiversité,
  • rapprocher la fiscalité du patrimoine naturel de celle du patrimoine culturel,
  • et envisager une recommandation de la Commission européenne pour les sites Natura 2000.

La disparition accélérée des pessières en Wallonie (-37 % en surface entre 1980 et 2021) conjuguée à la crise des scolytes de 2018-2022, a profondément modifié le paysage des reconstitutions forestières. Les coupes rases non replantées représentaient 7 % des mises à blanc en 2006 et atteignent près de 34 % sur la période 2013-2015. Face à cet essor, une étude s’est attachée à caractériser l’état réel de ces jeunes peuplements issus de régénération naturelle, à 16-23 ans après coupe rase, et à évaluer leur potentiel de valorisation sylvicole.

Cette étude a été réalisée par Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège), dans le cadre du Plan quinquennal de Recherches et Vulgarisation forestières, avec l’appui de la Cellule d’appui à la petite forêt privée (Filière Bois Wallonie) et des Experts Forestiers de Belgique asbl,

La méthodologie combine deux niveaux d’analyse. À l’échelle régionale, la photo-interprétation d’orthophotos successives (2001-2023) sur 11 080 points d’inventaire a permis d’identifier et de dater les mises à blanc non replantées. À l’échelle du terrain, vingt parcelles (45 hectares au total) représentatives de situations à vocation sylvicole ont fait l’objet de relevés structuraux standardisés selon la méthode PCQM, complétés par la désignation de tiges d’avenir selon l’approche QD (Qualification-Dimensionnement).

Les résultats montrent une recolonisation généralement avancée mais très hétérogène : densité moyenne de 1935 tiges/ha et surface terrière moyenne de 11 m²/ha, avec une forte variabilité inter-parcelles. Le bouleau domine (45 % de la surface terrière), devant l’épicéa (20 %) et les saules (12,5 %). La densité moyenne de tiges d’avenir s’établit à 76,5 tiges/ha. Selon la typologie croisée construite à partir du vivier d’arbres d’avenir de qualité et de la densité du peuplement de bourrage, 10 % des peuplements atteignent une réussite complète, 50 % une réussite partielle, et le reste cumule des déficits nécessitant des interventions correctrices.

L’étude recommande une approche diagnostique systématique avant toute décision de gestion : dans les situations où la régénération s’est déjà installée, il s’agit d’établir un diagnostic du peuplement puis, si nécessaire, patienter au-delà des délais habituels pour confirmer la trajectoire, et enfin, intervenir de façon ciblée (dépressage, détourage, élagage ou enrichissement localisé) selon le profil réel du peuplement.

Le 15 septembre 2026, lors d’une réunion de consultation réunissant une soixantaine de parties prenantes du secteur forestier, la ministre de la Transition écologique (France), Monique Barbut, s’est prononcée en faveur d’un développement de la sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC) « là où c’est possible ».

Cette consultation, menée à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, vise à établir d’ici fin septembre une liste de mesures multisectorielles pour « accélérer l’adaptation au changement climatique ». Les réflexions portent sur la diversification des peuplements forestiers et des sylvicultures, la défense des forêts contre l’incendie (DFCI), les obligations légales de débroussaillement (OLD) et le label Bas-Carbone.

Ces travaux doivent aussi permettre de faire converger plusieurs plans nationaux : le volet forêt-bois du plan national d’adaptation climatique (Pnacc 3), le futur programme national de la forêt et du bois (PNFB) et le plan de restauration de la nature.

Le ministère prépare deux circulaires à destination des préfets. La première doit faciliter les dérogations « espèces protégées » pour les travaux de DFCI. La seconde doit aider les communes à appliquer les OLD, notamment grâce à leur droit de préemption sur les forêts sans document de gestion. Un élargissement du label Bas-Carbone est également prévu pour y intégrer les voies pare-feu, les zones humides et des méthodes d’« enrichissement » sylvicole.

À l’occasion de la consultation, la ministre a également salué la dernière proposition de loi sur la forêt, dans laquelle elle retrouve des mesures qui lui « parlent », notamment sur le couvert continu et la diversification. Elle souhaite encourager la SMCC et a demandé à l’Office national des forêts (ONF) et au Centre national de la propriété forestière (CNPF) un projet de plan d’action plus global d’ici trois mois.

Le ministère ne prévoit toutefois pas d’ajouter de critère majeur sur la SMCC dans le nouveau cahier des charges sur le renouvellement forestier, qui entrera en vigueur en 2027. La ministre évoque l’horizon 2028 pour aller plus loin, mais l’élection présidentielle du printemps 2027 pourrait en décider autrement.

Ces mesures arrivent dans un contexte où la France a connu une saison de feux intense. Le bilan provisoire a été revu à la hausse : 76 300 hectares de forêts brûlés lors de 2 736 feux (contre une moyenne annuelle de 19 500 hectares ces 20 dernières années).

L’acidification des sols reste l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les forêts européennes. Les solutions conventionnelles telles que le chaulage peuvent rapidement augmenter le pH du sol, mais s’accompagnent souvent d’effets secondaires indésirables, tels que la perte de carbone et la perturbation du couvert végétal. La poudre de roche, issue de roches volcaniques ou métamorphiques broyées, est de plus en plus souvent considérée comme une alternative durable au chaulage. Utilisée depuis plus de 100 ans en agriculture biologique et depuis plus de 10 ans pour la restauration de la nature sur des sols sableux acides, elle fait récemment l’objet de recherches intensives en raison de sa capacité à séquestrer le CO₂.

Elle présente en effet plusieurs avantages. Son altération lente entraîne une augmentation progressive du pH, ce qui évite les fluctuations brusques pouvant nuire à la vie du sol et aux plantes. Ensuite, contrairement au chaulage, la poudre de roche ne favorise pas la décomposition de la matière organique, ce qui évite toute perte de carbone du sol. Enfin, la poudre de roche apporte non seulement du calcium et du magnésium, mais aussi d’autres nutriments importants tels que le potassium, le phosphore, le silicium et des oligo-éléments.

Des expériences ont été menées dans des forêts fortement acidifiées aux Pays-Bas et en Flandre. Différents types de poudre ont été testés pour étudier leur effet sur la croissance de jeunes arbres. Le plus souvent, celle-ci était améliorée. La clé du succès résidait toutefois dans une approche sur mesure et un dosage fin.

Actuellement, il est possible de faire analyser son sol par un laboratoire agréé pour un avis concernant l’utilisation de la poudre de roche, le type de poudre de roche et la dose à appliquer.

Au cours des prochaines années, les recherches porteront sur l’impact de ce phénomène sur la stabilité de la matière organique du sol (KU Leuven) et sur la diversité des ectomycorhizes (UAntwerpen).

La forêt européenne a connu de nombreux incendies cet été 2026. Une synthèse de la littérature scientifique disponible met en lumière les facteurs écologiques qui augmentent la résilience des forêts face aux feux.

Premier facteur : la structure. Un peuplement à couvert continu et présentant de multiples étages de végétation présente un microclimat humide. Une étude réalisée à l’échelle mondiale mesure l’effet de tampon thermique exercé par les canopées forestières fermées sur les températures sous couvert : les forêts refroidissent considérablement le sous-bois pendant les fortes chaleurs, et réchauffent le sous-bois pendant les périodes froides. Cet effet de tampon thermique augmente lorsque les températures extérieures deviennent extrêmes. Une étude belge récente fait un constat similaire pour les forêts et précise que des coupes d’arbres réduisant de plus de 50 % le couvert forestier annule l’effet de tampon thermique.

L’étude relève également une idée reçue, qui attribue au bois mort une responsabilité dans la propagation des incendies. La littérature scientifique démontre le contraire. D’ailleurs, deux des sept indicateurs européens qui quantifient la bonne santé et la résilience des forêts concernent le bois mort.

Les recommandations qui ressortent de cette analyse, pour augmenter la robustesse des peuplements forestiers vis-à-vis des incendies sont :

  • Favoriser une structure à plusieurs étages
  • Proscrire les coupes rases
  • Augmenter le nombre d’arbres plus âgés, le nombre d’espèces d’arbres, la diversité génétique intraspécifique ainsi que la quantité de bois morts de gros diamètres en forêt
  • Éviter le tassement des sols
  • Restaurer les réseaux de zones humides
  • Diminuer le morcellement des forêts

L’Union des entrepreneurs de travaux forestiers de Wallonie vient de lancer une charte destinée à mettre en avant les membres engagés dans un travail de qualité et adapté au contexte actuel, notamment grâce à la formation continue.

Avec les bouleversements climatiques, l’évolution des compétences est devenue un enjeu crucial pour le secteur forestier. Le métier exige en effet une technicité croissante et des savoir-faire de plus en plus pointus, en particulier pour accompagner la régénération naturelle.

Cette démarche permettra aux propriétaires et gestionnaires forestiers de confier leurs travaux sylvicoles à des professionnels reconnus et qualifiés.

La charte est consultable sur le site de la Confédération belge du bois.

Sylva Nova, D’Ieteren et FSC Belgique annoncent la première validation FSC d’un projet « Impact Vérifié » en Belgique, portant sur les services récréatifs de la forêt d’Argenteau (commune de Visé), massif périurbain situé entre Liège et Maastricht.

Depuis 2018, la « Procédure Services Écosystémiques » du FSC permet à tout gestionnaire dont la forêt est déjà certifiée de démontrer l’impact positif de sa gestion sur sept types de services : biodiversité, carbone, eau, sols, loisirs, valeurs culturelles et qualité de l’air. La démonstration est vérifiée par un organisme de certification indépendant lors d’un audit FSC, ce qui crédibilise la démarche auprès des partenaires financiers.

Face aux tensions entre usages récréatifs, enjeux économiques et écologiques, et aux effets du dérèglement climatique, Sylva Nova, propriétaire de 35 hectares du site, a lancé en 2025 un Living Lab forestier avec AgroParisTech. Réunissant propriétaires, usagers, acteurs publics et associations, la démarche a combiné diagnostic cartographique des usages, idéation collective et priorisation d’un plan d’actions partagé : comité d’accompagnement, signalétique didactique, balisage différencié des parcours, maintien d’une école du dehors, enquête de satisfaction des usagers…

Validé en juillet 2026 pour cinq ans, le projet (indicateur ES5.2, impacts socio-économiques des loisirs et du tourisme en forêt) devra être vérifié en 2031. Il est soutenu par D’Ieteren Automotive, partenaire de longue date de Sylva Nova, dans le cadre de sa stratégie ESG.

Sylva Nova vise désormais de nouveaux projets centrés sur la biodiversité et le carbone. Au sein de FSC, plus de 150 projets sont déjà recensés dans plus de 30 pays, sur plus de 5 millions d’hectares.