Le 15 septembre 2026, lors d’une réunion de consultation réunissant une soixantaine de parties prenantes du secteur forestier, la ministre de la Transition écologique (France), Monique Barbut, s’est prononcée en faveur d’un développement de la sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC) « là où c’est possible ».
Cette consultation, menée à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, vise à établir d’ici fin septembre une liste de mesures multisectorielles pour « accélérer l’adaptation au changement climatique ». Les réflexions portent sur la diversification des peuplements forestiers et des sylvicultures, la défense des forêts contre l’incendie (DFCI), les obligations légales de débroussaillement (OLD) et le label Bas-Carbone.
Ces travaux doivent aussi permettre de faire converger plusieurs plans nationaux : le volet forêt-bois du plan national d’adaptation climatique (Pnacc 3), le futur programme national de la forêt et du bois (PNFB) et le plan de restauration de la nature.
Le ministère prépare deux circulaires à destination des préfets. La première doit faciliter les dérogations « espèces protégées » pour les travaux de DFCI. La seconde doit aider les communes à appliquer les OLD, notamment grâce à leur droit de préemption sur les forêts sans document de gestion. Un élargissement du label Bas-Carbone est également prévu pour y intégrer les voies pare-feu, les zones humides et des méthodes d’« enrichissement » sylvicole.
À l’occasion de la consultation, la ministre a également salué la dernière proposition de loi sur la forêt, dans laquelle elle retrouve des mesures qui lui « parlent », notamment sur le couvert continu et la diversification. Elle souhaite encourager la SMCC et a demandé à l’Office national des forêts (ONF) et au Centre national de la propriété forestière (CNPF) un projet de plan d’action plus global d’ici trois mois.
Le ministère ne prévoit toutefois pas d’ajouter de critère majeur sur la SMCC dans le nouveau cahier des charges sur le renouvellement forestier, qui entrera en vigueur en 2027. La ministre évoque l’horizon 2028 pour aller plus loin, mais l’élection présidentielle du printemps 2027 pourrait en décider autrement.
Ces mesures arrivent dans un contexte où la France a connu une saison de feux intense. Le bilan provisoire a été revu à la hausse : 76 300 hectares de forêts brûlés lors de 2 736 feux (contre une moyenne annuelle de 19 500 hectares ces 20 dernières années).