La forêt constitue l’un des principaux espaces de proximité où se ressourcer, offrant de nombreux services écosystémiques à la population. Si les effets bénéfiques de l’environnement visuel forestier sur la détente étaient déjà bien documentés en psychologie environnementale, des travaux récents mettent en évidence le rôle déterminant de la dimension acoustique dans ce processus.
Sur le plan visuel, les paysages propices au ressourcement se caractérisent par la présence de végétation et d’eau, ainsi que par une structure spatiale claire, peu confinée et facilement lisible ou compréhensible. Ces environnements présentent en outre une qualité de « fascination » : ils captent l’attention sans exiger de notre part de la concentration. Une forêt claire, peu dense en sous-bois, entretenue et dotée d’aménagements simples tels que des bancs, correspond aux préférences des usagers en quête de repos.
Pour aller plus loin, la récente étude suisse Hören und stören ? a permis de hiérarchiser, en plus des facteurs visuels, l’influence des facteurs auditifs sur la qualité de l’expérience en forêt. Conduite auprès de 305 individus pratiquant des activités de détente calme dans dix localités à la frontière entre régions urbaines et rurales, l’étude a mis en évidence que les sons naturels de l’eau, des chants d’oiseaux et du vent ont été systématiquement les mieux évalués par les participants. À l’inverse, les bruits de véhicules à moteur arrivaient en dernière position, derrière les bruits de tir ou de chantier. Ainsi, même un faible niveau de bruit de trafic suffit à réduire significativement la fonction restauratrice des espaces forestiers périurbains.
Ces résultats plaident en faveur d’une prise en compte conjointe de la tranquillité visuelle et acoustique dans la planification de l’aménagement des paysages. Par ailleurs, l’étude WaMos 3 (2022) rappelle que si la population suisse adhère globalement à la gestion forestière, elle en accepte difficilement les manifestations concrètes à proximité de ses lieux de promenade habituels. Un dialogue renforcé entre gestionnaires forestiers et usagers apparaît dès lors souhaitable pour concilier les impératifs sylvicoles et les attentes récréatives.