L’Office fédéral de l’Environnement suisse a publié cet automne les résultats d’un projet de recherche du plan d’action Stratégie Biodiversité Suisse mené par l’équipe ValPar.CH. Le rapport est téléchargeable en français et en allemand. Pour appréhender les multiples valeurs de la nature et les services écosystémiques qu’elle fournit, les chercheurs ont abordé les trois piliers classiques : valeurs sociales, valeurs écologiques et valeurs économiques. Ils se sont aussi penchés sur les défis de la planification et de la gestion à long terme dans ce domaine comme les aspects dynamiques du développement dans un monde incertain, les conflits d’objectif, le défi de la planification globale avec estimation du financement et la définition des responsabilités et enfin le défi de la communication. Ils proposent des pistes de solution pour l’avenir avec l’identification de zones prioritaires pour la biodiversité et les services écosystémiques et une planification à l’échelle du paysage passant par différents processus. Communication et sensibilisation sont essentielles à la stratégie, tout comme un bon monitoring.
Les recommandations de l’étude suggèrent que prendre en compte les multiples valeurs de la nature ainsi que la dynamique des changements futurs permet de garantir la fonctionnalité de la biodiversité et des services écosystémiques, une approche qui serait largement soutenue par la population.
Les cinq recommandations principales sont :
- La planification doit tenir compte des évolution futures et protéger en priorité les zones qui devraient continuer à remplir leurs fonctions malgré les changements dans les conditions futures.
- Des processus participatifs doivent être mis en place de manière à intégrer les perspectives économiques et sociales dans les processus de planification.
- La communication et l’éducation à la nature doivent être axées sur les différentes catégories de valeurs pour assurer l’acceptation des mesures de protection et d’entretien envisagées.
- La responsabilité de la planification et de sa réalisation concrète doit être confiée aux organismes régionaux pour renforcer l’identification et l’engagement des parties prenantes.
- Enfin, la gestion durable d’un réseau écologique fonctionnel d’habitats nécessite un programme spécifique avec financement, monitoring et prise en compte des aspects dynamiques.
Ces recommandations sont également utiles aux cantons dans leur travail de planification de l’infrastructure écologique ainsi que pour sa mise en œuvre et son développement futur.