Le carbone organique du sol (COS) joue un rôle primordial dans le cycle global du carbone. La dynamique du COS est régie par le bilan net entre les apports de carbone (litière végétale, exsudats racinaires) et les pertes (décomposition microbienne, lessivage). Les pratiques forestières ont un impact significatif sur les stocks de COS en modifiant les propriétés physico-chimiques du sol et l’activité microbienne.
Une méta analyse des données scientifiques existantes dans le monde nous apprend que les mesures de gestion forestière ont des effets variables sur le COS selon les zones climatiques . Ainsi, en forêt tropicale, la récolte peut entraîner une perte de l’ordre de 16 % du COS. La temporalité joue également beaucoup. À court terme, c’est-à-dire dans les 5 années qui suivent une récolte, on observe une hausse moyenne de 8 % du COS, particulièrement en forêts tempérées (9,45 %), alors qu’à plus long terme, on observe une réduction moyenne du COS d’environ 8 %. La hausse du COS observée dans les premières années après récolte s’explique par le dépôt concentré des résidus de récolte qui dominent les apports à court terme. Par contre, après quelques années, la perte de COS peut être attribuée à la réduction du couvert (simplification de la structure végétale et perturbation du sol) et à l’accélération de la décomposition par les micro-organismes du sol qui sera d’autant plus importante que la température et le taux d’humidité seront élevés (forêts tropicales). Des pratiques de gestion comme l’éclaircie sélective semblent maintenir la continuité des apports de litière en conservant une partie du couvert, favorisant un équilibre apports et décomposition. À l’inverse, une mise à blanc réduit considérablement les apports en matière organique, en particulier dans les forêts tropicales où les taux de décomposition sont 2 à 3 fois plus élevés que dans les zones tempérées. Le reboisement a par contre peu d’effet sur le COS, reflétant probablement une compensation entre l’accumulation de la litière et la décomposition du stock de carbone d’origine dans les peuplements nouvellement plantés.