Cette étude s’intéresse à l’influence de la structure des peuplements forestiers sur le déficit de pression de vapeur (VPD), un indicateur de la demande en eau de l’atmosphère. Lorsque le VPD est élevé, les arbres perdent davantage d’eau, ce qui augmente leur sensibilité à la sécheresse et réduit leur croissance. Les chercheurs ont cherché à déterminer si des forêts plus diversifiées et plus complexes pouvaient limiter ce phénomène sans accroître l’assèchement du sol.
Les travaux ont été réalisés dans des forêts de l’Est de l’Allemagne, sur des sols sableux et pauvres, où des peuplements purs de pin sylvestre sont progressivement transformés en forêts mélangées, composées de plusieurs essences et de plusieurs étages de végétation. Les résultats montrent que les peuplements mixtes, riches en sous-bois, présentent un VPD plus faible que les peuplements purs de pin, tout en maintenant un niveau d’humidité comparable dans la couche superficielle du sol.
Le principal facteur expliquant cette amélioration est la stratification verticale de la forêt et en particulier la présence d’un sous-bois dense. Celui-ci réduit l’effet desséchant du vent, apporte un ombrage plus continu et augmente l’humidité de l’air par la transpiration des plantes. Son effet est particulièrement marqué dans les peuplements simples de pins, où il compense les ouvertures de la canopée, mais plus limité dans les peuplements déjà mixtes et très structurés.
L’étude montre également que les propriétés du sol et les conditions climatiques restent les principaux facteurs contrôlant l’humidité du sol. Contrairement aux craintes initiales, un sous-bois plus dense n’a pas entraîné d’assèchement supplémentaire de la couche arable, au moins dans les conditions étudiées. En revanche, la disponibilité en eau des horizons plus profonds mériterait d’être examinée dans de futurs travaux.
Les chercheurs estiment que certains attributs de la structure forestière, notamment une forte densité de sous-bois et une répartition irrégulière des arbres, peuvent compenser jusqu’à 24,5 % (0,41 kPa) de l’augmentation du VPD liée au réchauffement climatique. Cet effet est considérable, car une augmentation de la VPD de 0,1 kPa correspond à une hausse de température de 3 °C, dépassant l’augmentation prévue de la température annuelle moyenne mondiale. Bien que cette atténuation reste partielle, elle constitue un levier important pour améliorer le microclimat forestier, favoriser la régénération naturelle et renforcer la résilience des forêts face aux sécheresses. Ces résultats soutiennent les pratiques de gestion visant à développer des peuplements mélangés, irréguliers et bien stratifiés, tout en conservant un sous-bois fonctionnel.