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La revue de presse mensuelle et gratuite sur la forêt et la nature

Une étude récente, publiée dans la revue Nature, s’est penchée sur l’influence des essences d’arbre sur l’activité dans le sol. Au total, 64 forêts européennes sont passées sous le crible des chercheurs. Plusieurs conclusions ont été mises en lumière.

Les forêts dominées par des espèces d’arbres à croissance rapide, comme le charme ou le bouleau verruqueux, présentent une activité du réseau trophique du sol plus forte. Ces essences fournissent davantage de matière organique fraîche de bonne qualité nutritive et accélèrent les processus de décomposition des matières organiques et le recyclage des nutriments du sol.

À l’inverse, les forêts dominées par des espèces d’arbres à croissance plus lente, comme le pin sylvestre ou l’épicéa commun, présentent une activité du réseau trophique du sol plus faible. Ces essences mettent la priorité sur la conservation des ressources.

Le mélange de différentes essences d’arbres n’améliore pas toujours le fonctionnement du sol ; il peut même le réduire, malgré une augmentation de la croissance aérienne des arbres induite par cette diversification. Une conclusion innovante de cette étude met en lumière que ce qui profite aux arbres en surface ne profite pas toujours au réseau trophique souterrain.

La diversité des arbres à elle seule ne suffirait pas pour préserver la vitalité des écosystèmes forestiers. Mélanger oui, mais pas n’importe comment ! Les traits fonctionnels des différentes essences doivent être pris en compte.

Dans un futur proche, le dérèglement climatique va accroître la fréquence et l’intensité des sécheresses. Cela favorisera les essences résistantes à la sécheresse (c’est-à-dire celles qui résistent à la cavitation induite par le stress hydrique). Les conclusions de l’étude suggèrent que ce changement dans la composition en espèces des communautés d’arbres pourrait ralentir le fonctionnement du sol, avec des répercussions sur le recyclage de la matière organique du sol. Les auteurs soulignent la nécessité de prendre en compte les dynamiques aériennes mais aussi souterraines dans la gestion des forêts face aux dérèglements climatiques.

Le projet PameSylve a pour but d’étendre à la forêt le réseau des stations météorologiques Pameseb. Le CRA-W en partenariat avec l’OWSF et l’ULiège ont déjà installé deux des trois stations prévues à cet effet en Wallonie (Anlier et Bertrix, La Croix Scaille à venir).

Ce projet s’inscrit dans une étude plus large de l’ULiège qui vise à développer un indice de sécheresse propre à la forêt. Les données de ces stations forestières seront diffusées en accès libre via le bilan bioclimatique mensuel.

Les membres de l’ANATEF (Association nationale des techniciens et gestionnaires forestiers indépendants, en France) ont fait le déplacement en Belgique pour approfondir leurs compétences en sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC).

L’équipe de Forêt.Nature leur a concocté une formation sur mesure, construite autour des besoins exprimés par le groupe. Au programme :

  • Travailloscope, un dispositif pédagogique qui permet de tester et comparer des choix de travaux sylvicoles ciblés sur base objective.
  • Gestion des lisières, bois morts et arbres habitats, essentiels à la biodiversité forestière.
  • Conduite du mélange au stade juvénile, avec diagnostic stationnel et choix des essences selon leur autécologie.
  • Et enfin gestion du bouleau, essence pionnière souvent délicate à intégrer dans une trajectoire de peuplement mélangé.

 

Les participants ont en outre reçu un mémento technique sur chacune des thématiques.

Cette étude s’intéresse à l’influence de la structure des peuplements forestiers sur le déficit de pression de vapeur (VPD), un indicateur de la demande en eau de l’atmosphère. Lorsque le VPD est élevé, les arbres perdent davantage d’eau, ce qui augmente leur sensibilité à la sécheresse et réduit leur croissance. Les chercheurs ont cherché à déterminer si des forêts plus diversifiées et plus complexes pouvaient limiter ce phénomène sans accroître l’assèchement du sol.

Les travaux ont été réalisés dans des forêts de l’Est de l’Allemagne, sur des sols sableux et pauvres, où des peuplements purs de pin sylvestre sont progressivement transformés en forêts mélangées, composées de plusieurs essences et de plusieurs étages de végétation. Les résultats montrent que les peuplements mixtes, riches en sous-bois, présentent un VPD plus faible que les peuplements purs de pin, tout en maintenant un niveau d’humidité comparable dans la couche superficielle du sol.

Le principal facteur expliquant cette amélioration est la stratification verticale de la forêt et en particulier la présence d’un sous-bois dense. Celui-ci réduit l’effet desséchant du vent, apporte un ombrage plus continu et augmente l’humidité de l’air par la transpiration des plantes. Son effet est particulièrement marqué dans les peuplements simples de pins, où il compense les ouvertures de la canopée, mais plus limité dans les peuplements déjà mixtes et très structurés.

L’étude montre également que les propriétés du sol et les conditions climatiques restent les principaux facteurs contrôlant l’humidité du sol. Contrairement aux craintes initiales, un sous-bois plus dense n’a pas entraîné d’assèchement supplémentaire de la couche arable, au moins dans les conditions étudiées. En revanche, la disponibilité en eau des horizons plus profonds mériterait d’être examinée dans de futurs travaux.

Les chercheurs estiment que certains attributs de la structure forestière, notamment une forte densité de sous-bois et une répartition irrégulière des arbres, peuvent compenser jusqu’à 24,5 % (0,41 kPa) de l’augmentation du VPD liée au réchauffement climatique. Cet effet est considérable, car une augmentation de la VPD de 0,1 kPa correspond à une hausse de température de 3 °C, dépassant l’augmentation prévue de la température annuelle moyenne mondiale. Bien que cette atténuation reste partielle, elle constitue un levier important pour améliorer le microclimat forestier, favoriser la régénération naturelle et renforcer la résilience des forêts face aux sécheresses. Ces résultats soutiennent les pratiques de gestion visant à développer des peuplements mélangés, irréguliers et bien stratifiés, tout en conservant un sous-bois fonctionnel.

Face aux conflits d’usages croissants dans les forêts péri-urbaines, Sylva Nova, propriétaire de 35 des 155 hectares de la forêt d’Argenteau (Natura 2000, entre Liège et Maastricht), a lancé en partenariat avec le Forest’InnLab d’AgroParisTech un Living Lab forestier. Cette démarche d’intelligence collective, structurée en six étapes méthodologiques éprouvées en France par l’INRAE, l’Université de Lorraine et AgroParisTech, vise à coconstruire un plan de gestion partagé avec les parties prenantes du territoire.

Quatre ateliers réunissant une trentaine d’acteurs (Ville de Visé, riverains, usagers, experts forestiers) ont permis d’identifier les zones de tension (chasse, sylviculture, loisirs, biodiversité), puis de coconstruire une dizaine d’actions prioritaires : comité d’accompagnement, panneaux didactiques, code de bonne conduite, balisage de sentiers, protection des zones de reproduction amphibienne, caillebotis en zones humides. Fait notable : bien que Sylva Nova ne détienne qu’une partie du site, la réflexion a porté sur l’ensemble de la forêt, avec répartition du pilotage entre acteurs concernés, notamment la Ville de Visé.

Les clés de réussite identifiées : une ambition commune formulée dès le départ, l’articulation entre ambitions du propriétaire, attentes territoriales et expertise sylvicole (les choix techniques restant du ressort de Sylva Nova), et des règles de gouvernance claires. Le projet entre désormais dans un second cycle axé sur la mise en œuvre et le suivi, avec une enquête de satisfaction à venir. Sylva Nova, déjà certifié FSC gestion forestière, a également sollicité une certification FSC Services Récréatifs – une première potentielle en Belgique – et rejoindra le réseau international Task Force IUFRO FORLIVS.

Passer du temps en forêt nous apporte un sentiment de bien-être généralement partagé. Ce ressenti est confirmé grâce à une étude menée par l’Université McGill et UNature, qui mesure les effets de la nature sur notre état physiologique.

58 participants ont pris part à (Re)Connexion Nature, une immersion guidée en forêt au Québec, lors de laquelle, par le biais d’un capteur au doigt, l’équipe de recherche a pu mesurer l’activité électrodermale, la température cutanée et la fréquence cardiaque tout au long de l’activité. Les participants ont également répondu à un questionnaire d’état d’humeur avant et après l’activité.

Que s’est-il passé dans leur corps ? Les émotions positives ont augmenté, tandis que les états de fatigue, de colère ou de tension ont diminué significativement. Les participants ont ressenti plus de vigueur, et leur fréquence cardiaque a fortement diminué après l’activité. Un signe de relâchement a pu être observé grâce à la hausse de la température cutanée. Enfin, l’activité électrodermale a augmenté pendant les exercices de toucher, d’écoute ou encore de marche pieds nus.

UNature propose ce parcours guidé à des groupes de professionnels ou d’étudiants, afin de prévenir les risques psychosociaux et de mettre la nature au centre des questions liées à la santé.

Les sciures de bois représentent des millions de tonnes de déchets chaque année dans le monde. Une grande partie de ces déchets est brûlée et réémet donc le CO₂ dans l’atmosphère.

Des chercheurs de l’ETH Zurich et de l’Empa sont parvenus à compresser ces sciures avec un liant minéral (le struvite) dans le but de produire des panneaux de construction robustes, peu inflammables et recyclables.

Selon les premières estimations, ce matériau pourrait atteindre la même classe de résistance au feu que les panneaux de particules liés au ciment. Ils conviendraient donc pour une utilisation intérieure et permettraient de réduire l’empreinte carbone du ciment, qui correspond à 60 à 70 % du poids des panneaux classiques.

Autre avantage, ces panneaux sont recyclables, à l’inverse des panneaux composites déjà présents sur le marché qui finissent en décharge comme matériaux dangereux.

Enfin, les panneaux de sciure n’ont que 40 % de liant et sont donc nettement plus légers que les panneaux classiques.

Le projet pilote ValPar.CH (valorisation de l’infrastructure écologique dans les parcs d’importance nationale), mandaté par l’OFEV dans le cadre du Plan d’action de la Stratégie Biodiversité Suisse, a mobilisé une équipe de recherche interdisciplinaire pour analyser la valeur de la nature sous ses dimensions écologique, sociale et économique.

Les résultats de cette phase I débouchent aujourd’hui sur un guide pratique destiné aux services d’aménagement impliqués dans ces problématiques. L’outil structure ses apports autour de trois axes complémentaires : la planification (identification des potentiels spatiaux, prise en compte des dynamiques territoriales, distinction entre zones robustes et sensibles), la gouvernance (implication des acteurs, exploitation des synergies, consolidation de structures durables) et la communication (valorisation des services écosystémiques, création d’expériences de nature, renforcement de l’appréciation sociétale).

Le guide donne accès à l’ensemble des publications ValPar.CH ainsi qu’aux jeux de données publics, couvrant la modélisation dynamique, les valeurs sociétales et les évaluations économiques.

Les contenus proposés constituent des bases de décision et de discussion scientifiquement fondées, sans se substituer aux études de site spécifiques, aux planifications détaillées ni aux procédures juridiquement contraignantes. Ils visent avant tout à éclairer les relations complexes entre biodiversité, paysage et services écosystémiques pour appuyer une prise de décision informée.

Depuis le 5 juin 2026, la Wallonie franchit une étape notable dans la modernisation de ses procédures administratives liées à la gestion cynégétique : la demande de permis et de licence de chasse est désormais entièrement dématérialisée via la plateforme Mon Espace Wallonie.

Concrètement, le chasseur peut introduire sa demande en ligne, effectuer son paiement directement sur la plateforme et accéder à son permis sous forme de QR code, consultable sur smartphone ou imprimable. La vignette annuelle et la carte papier disparaissent, supprimant ainsi l’obligation de se déplacer en guichet pour retirer son titre de chasse.

Sur le terrain, lors d’une action de chasse, le titulaire devra présenter son permis digitalisé (ou QR code imprimé) ainsi qu’un document d’identité. Le certificat d’assurance, vérifié en amont lors du dépôt du dossier, n’est plus à porter sur soi. À titre exceptionnel pour cette première saison, le certificat médical reste facultatif et non bloquant pour la soumission du dossier.

La dématérialisation n’affecte ni les obligations réglementaires liées à l’exercice de la chasse, ni les modalités de contrôle en vigueur. Pour les usagers ne souhaitant pas recourir à la voie numérique, les guichets des directions territoriales du SPW Intérieur et Action sociale restent accessibles.

Une enquête menée par six journalistes de Médor, entre juin 2025 et aujourd’hui, dresse un état des lieux préoccupant de la petite voirie en Wallonie : 4 630 km de chemins et sentiers publics sont aujourd’hui entravés ou difficilement praticables, sur les 51 000 km que compte la région. Barrières, panneaux dissuasifs, labours, manque d’entretien communal : les 368 cas d’entrave recensés via un appel à signalements citoyen illustrent une privatisation progressive de l’espace public, héritée en partie des remembrements agricoles du 20ᵉ siècle.

L’article, structuré en 10 questions-réponses, éclaire les mécanismes de ce conflit territorial : les acteurs en présence (associations de sentiéristes comme Tous à Pied et Chemins de Wallonie, d’un côté ; collectifs de propriétaires et d’agriculteurs comme NTF ou la FWA, de l’autre), les fondements juridiques du statut d’un chemin (Atlas des chemins vicinaux de 1841, décrets wallons de 2011 et 2014, prescription trentenaire), la fiabilité comparée des outils cartographiques disponibles (IGN, OpenStreetMap, WalOnMap, Chemins de Wallonie), et le rôle souvent délicat des communes, en première ligne pour arbitrer ces différends malgré des moyens limités.

Un dossier utile pour comprendre les enjeux de gestion, de statut juridique et de gouvernance qui pèsent sur ce patrimoine viaire souvent invisible.