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Pourquoi les propriétaires forestiers privés coupent-ils (ou pas) leur bois ?

Mené par des chercheurs de l’Université Grenoble Alpes (INRAE-LESSEM) et du CNPF-IDF, dans le cadre du projet OUI-GEF (« Outils innovants pour une gestion concertée des forêts »), cette étude analyse les déterminants de la décision de coupe en forêt privée à l’échelle de la parcelle. Son originalité tient à l’appariement de données d’enquête (1002 questionnaires réalisés en 2018 auprès de propriétaires de trois parcs naturels régionaux contrastés : Chartreuse, Massif des Bauges, Pilat) avec des caractéristiques biophysiques fines et géolocalisées des parcelles, combinaison rarement mobilisée dans la littérature forestière française.

La décision de couper apparaît avant tout liée au comportement et à la présence effective des propriétaires sur leurs parcelles : fréquence de visite, accessibilité perçue et pratique d’activités de loisirs constituent les déterminants les plus robustes, devant les seules contraintes physiques (pente, altitude) et biologiques (essence, structure du peuplement). Les revenus élevés réduisent la probabilité de coupe, traduisant chez les propriétaires aisés une logique patrimoniale plutôt que productive, tandis que la durée de détention l’augmente. La taille de la parcelle influence davantage la décision que la surface totale de la propriété, confirmant le rôle du morcellement. Un effet de voisinage significatif est également mis en évidence : la coupe d’une parcelle est favorisée par l’exploitation des parcelles proches, suggérant des dynamiques locales d’imitation ou de diffusion.

Les auteurs concluent que les politiques de mobilisation du bois gagneraient à combiner accompagnement technique, présence sur le terrain et animation territoriale, plutôt que de reposer sur les seuls leviers économiques.

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