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Free monthly press review on forests and nature

Dans cette nouvelle collection de cahiers « Les Questions-Réponses », le RMT Aforce propose une synthèse sur le sujet de la plantation et de l’entretien de jeunes peuplements en contexte de changements climatiques. Il rappelle l’importance d’un choix d’essence en adéquation avec la station et de l’importance d’un diagnostic préalable. Il propose des schémas et techniques de plantation et des choix de plants, entre autres.

La huitième vente de grumes de haute qualité en Wallonie s’est déroulée ce 19 février 2026, avec 134 lots proposés pour 517 m3. Pour la première fois, quelques grumes de résineux étaient proposées à la vente. Au total, 14 essences différentes étaient présentes sur le parc à grumes, dont une majorité de chênes indigènes (68 % du volume exposé).

Le prix moyen des chênes indigènes a augmenté de 8 % par rapport à l’an dernier. Il s’élève à 1285 €/m³.

Le chêne wallon qui a atteint le prix au m³ le plus élevé provient de la forêt domaniale d’Anlier (3840 €/m³ pour un volume de 2,3 m³). Celui qui s’est vendu le plus cher est originaire de la domaniale de Colfontaine sur le cantonnement de Mons (prix total 31.398 € pour un volume de 8,5 m³, soit 3690 €/m³).

Les prix de vente moyens au m³ des différentes essences s’établissent comme suit (par ordre décroissant) :
• Chêne indigène : 1285 €/m³
• Chêne (Loupe) : 1000 €/m³
• Chêne rouge d’Amérique : 322 €/m³
• Érable sycomore : 315 €/m³
• Orme : 310 €/m³
• Chêne brogneux : 310 €/m³
• Mélèze : 302 €/m³
• Frêne : 278 €/m³
• Robinier faux-acacia : 226 €/m³
• Douglas : 221 €/m³
• Merisier : 202 €/m³
• Alisier torminal : 192 €/m³
• Épicéa : 191 €/m³
• Sorbier des oiseleurs : 189 €/m³
• Pin sylvestre : 180 €/m³
• Charme : 133 €/m³

Le projet SimInForest, lancé à l’automne 2025, explore une approche innovante combinant les exercices de marteloscope avec des modèles de simulation de la dynamique forestière. L’objectif : renforcer la formation des gestionnaires forestiers face à l’augmentation des risques climatiques et socioéconomiques.

Les marteloscopes (placettes d’entraînement où chaque arbre est cartographié et mesuré) constituent déjà un outil de formation reconnu. En Wallonie, Forêt.Nature en a installé une dizaine depuis 20 ans pour soutenir la formation des agents du DNF. Couplés au logiciel mobile « I+ », ils permettent de simuler des interventions sylvicoles virtuelles et d’évaluer leurs effets sur les services écosystémiques. Toutefois, jusqu’ici, les analyses restaient limitées à la comparaison avant/après une unique intervention, sans projection quantitative de l’évolution future du peuplement.

SimInForest franchit un cap en établissant une interface entre le logiciel « I+ » et le modèle de simulation « Samsara2 », un modèle capable de simuler la dynamique forestière (régénération, croissance, mortalité) en forêts mélangées et irrégulières. Les résultats des exercices terrain peuvent désormais être transférés vers Samsara2 pour des projections quantitatives, renforçant ainsi la co-construction de connaissances entre formateurs et participants.

Une première réunion de lancement regroupant les onze partenaires du projet s’est tenue les 14 et 15 janvier 2026 dans la forêt domaniale de Sailershausen (Allemagne). Cette rencontre a permis la prise en main des outils, une visite du marteloscope local et un partage d’expériences entre partenaires. Le projet est porté par l’INRAE et regroupe des partenaires liés à l’enseignement ou à la formation à travers toute l’Europe, dont Forêt.Nature.

Les prochaines étapes prévoient des formations approfondies sur les logiciels, puis l’élaboration d’un programme d’événements de formation intégrant les deux outils en synergie.

L’écorce du bouleau verruqueux (Betula pendula) présente un ensemble de caractéristiques morphologiques et biochimiques dont les fonctions, parfois encore débattues, semblent répondre à des pressions sélectives multiples.

Sur le plan structural, l’écorce se desquame périodiquement, ce qui permettrait d’éliminer les parasites et les lichens incrustés. Se faisant, les rayons du soleil hivernaux peuvent atteindre les couches de liège de l’écorce interne, siège d’une activité photosynthétique faible mais indispensable au débourrement printanier des bourgeons.

La coloration blanche caractéristique de l’écorce est attribuée à la bétuline, une molécule qui forme des dépôts cristallins et réfléchit l’intégralité du spectre lumineux visible. Une hypothèse thermique stipule que cette réflexion permettrait d’atténuer le réchauffement du cambium en hiver, limitant ainsi les cycles de gel-dégel potentiellement néfastes aux tissus conducteurs. Cette interprétation se heurte toutefois à l’observation que les rameaux et jeunes pousses du bouleau présentent, eux, une écorce brunâtre à rougeâtre. Une hypothèse alternative, non exclusive, attribue à la blancheur de l’écorce une fonction de défense contre les herbivores. Le contraste entre la surface blanche et les lenticelles sombres de l’écorce faciliterait la détection des insectes phytophages par les oiseaux prédateurs. Par ailleurs, la surface lisse ralentirait ou empêcherait la progression des chenilles et autres invertébrés.

La couleur blanche de Betula aurait également constitué un camouflage efficace contre une mégafaune herbivore aujourd’hui disparue, bien plus friande d’écorces que nos ruminants actuels dans des paysages couverts de neige. Enfin, la bétuline elle-même inhiberait la digestion chez certains herbivores, tandis que l’orientation horizontale des couches d’écorce profonde et leur forte adhérence constituent une protection mécanique efficace contre l’écorçage.

La régénération naturelle constitue un pilier de la résilience forestière, mais sa réussite dépend d’interactions complexes entre lumière, sol, végétation concurrente et ongulés. L’article paru dans la revue Forêt.Nature en décrit la complexité, qui fait de la gestion adaptative une solution pragmatique pour objectiver l’équilibre forêt-gibier.

La régénération naturelle assure le renouvellement des peuplements forestiers par installation spontanée de semis, offrant des avantages économiques et sylvicoles. Son succès repose sur une succession d’étapes – production, dispersion, germination, installation et croissance – modulées par de multiples facteurs écologiques. La lumière détermine la composition spécifique selon la tolérance à l’ombrage des essences, tandis que le maintien d’une ambiance forestière limite le stress hydrique et la concurrence herbacée. Les interventions mécaniques du sol (scarification, buttage) peuvent faciliter l’installation mais risquent de compacter les sols et favoriser les espèces concurrentes.

Les ongulés influencent profondément la régénération forestière. En Wallonie, les populations de chevreuils et cerfs ont doublé en 30 ans, et celles de sangliers ont triplé. L’abroutissement ralentit la croissance, réduit la densité des semis et favorise les espèces moins appétentes au détriment d’essences à forte valeur adaptative comme le chêne. Le réseau d’enclos-exclos wallon confirme ces impacts, avec des réductions de densité jusqu’à un facteur deux pour certaines essences.

La gestion de l’équilibre forêt-gibier requiert une approche intégrée combinant régulation cynégétique, aménagement paysager et sylviculture adaptée. La chasse de loisir, principale source de mortalité des ongulés, génère des revenus mais nécessite une objectivation rigoureuse via des dispositifs indicateurs de pression sur la flore et un suivi des populations. Une vision paysagère favorisant la mosaïque de milieux et la disponibilité alimentaire permet d’atténuer les pressions localisées. Cette gestion adaptative, privilégiant l’apprentissage au cas par cas plutôt que des valeurs fixes, s’impose comme stratégie pragmatique face à la complexité des interactions écologiques.

Cet article aborde la problématique de l’impact des animaux de compagnie sur la biodiversité en Europe. L’auteur souligne que malgré la popularité grandissante des animaux de compagnie, il n’existe pas de réglementation européenne encadrant leur introduction dans la nature. Cette situation crée un vide juridique préoccupant, car de nombreuses espèces exotiques relâchées ou s’échappant de foyers se révèlent être des prédateurs ou des compétiteurs pour la faune locale, menaçant ainsi la biodiversité.

L’article présente les résultats d’une étude menée dans 28 pays européens, qui a permis d’identifier plus de 1200 cas d’espèces animales non indigènes introduites par le biais des animaux de compagnie. Les chercheurs insistent sur le fait que ces introductions involontaires ont un impact écologique majeur, pouvant entraîner la disparition d’espèces autochtones vulnérables.

Face à ce constat, les chercheurs appellent à une prise de conscience et à la mise en place urgente d’un cadre réglementaire européen visant à encadrer le commerce et la détention d’animaux de compagnie, afin de préserver la biodiversité du continent. Ils soulignent l’importance d’une approche préventive, combinant éducation du public et contrôles renforcés.

Le nématode du pin sévit dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques et y fait l’objet de mesures de précaution drastiques. Des inspections et contrôles ont par ailleurs été mis en place par les services de l’État.

Les mesures d’éradication contre le nématode du pin dans une zone infestée qui couvre 61 ha et une zone tampon sont de trois sortes :

  • Broyage ou abattage (selon le diamètre) des arbres dans la zone infestée, au plus tard le 31 décembre 2025 (reporté au 31 mars 2026 en raison des contraintes techniques). Les bois contaminés ou mal en point (morts, malades) sont broyés en copeaux sur place. Les autres sont réservés à un usage garantissant la destruction du nématode et de son vecteur dans des unités agréées (papeterie, production de granulés de bois, panneaux…).
  • Idem dans la zone tampon pour les bois mal en point après inspection et analyse officielle.
  • Pépinières : retrait, rappel et destruction des individus sur lesquels le nématode est détecté.

 

Abattage, taille ou élagage et débardage ne peuvent par ailleurs avoir lieu qu’en période froide (hors période de vol de l’insecte vecteur Monochamus, voir photo) et moyennant autorisation et inspection par agents habilités. Tous les rémanents doivent être broyés in situ et un protocole sanitaire a été mis en place pour le nettoyage des engins de transformation et de transport du bois.

Les végétaux ou bois provenant de l’extérieur de la zone sont autorisés à y entrer dans le respect des règles phytosanitaires. Dans l’autre sens, c’est interdit sauf pour les plants forestiers qui doivent cependant montrer patte blanche.

Des compensations sont prévues pour les entreprises contraintes de suspendre ou réduire leurs activités.

Des scientifiques suisses ont étudié la réaction d’essences indigènes aux changements climatiques au moyen d’images prises par des drônes. À l’aide de caméras spéciales, ils ont identifié des différences propres à chacune des sept essences étudiées (érable sycomore, chêne, épicéa, charme, hêtre commun, pin sylvestre et sapin) dans la gestion de l’ensoleillement excessif ainsi que dans la décoloration et la défoliation des houppiers.

Les chênes, par exemple, se remettent plus rapidement d’une journée chaude que d’autres essences et les conifères ne montrent des signes de stress hydrique qu’avec un certain retard, avant de dépérir soudainement. Les caméras utilisées sont capables de détecter un pigment particulier produit par les arbres pour protéger leurs feuilles d’un ensoleillement excessif en période de sécheresse. Ce pigment permet de détecter le stress à court terme. La décoloration et la chute des feuilles, qui peuvent arriver par la suite, sont aussi détectées et analysées.

Pouvoir détecter depuis les airs les pénuries d’eau aiguës et prolongées pourrait aider à surveiller les forêts à grande échelle et déterminer quelles essences s’adaptent le mieux au changement climatique.

Le projet Horizon « EU-FarmBook » financé par l’Union Européenne a pour objectif de mettre en place une plateforme en ligne qui rassemble et partage les connaissances sur l’agriculture et la sylviculture. Sa base de données rassemble différentes sources : outils pratiques, démonstrations, formations et articles.

Les défis relevés lors de la création de cette plateforme ont été nombreux, par exemple la qualité des données, les problèmes de compatibilité et les barrières linguistiques. Deux projets clés sont à l’origine de la plateforme : EURAKNOS (cartographie des connaissances des réseaux Horizon 2020) et EUREKA (analyse de l’offre et la demande des connaissances générées dans le cadre des projets Horizon).

La plateforme EU-FarmBook s’appuie conjointement sur les résultats de ces deux projets et permet d’accéder plus facilement à des travaux sur les meilleures pratiques agricoles et forestières.

Lien vers la plateforme: welcome.eufarmbook.eu

Comment la promotion des langues indigènes et la protection de l’environnement peuvent-elles être liées ? Ces deux enjeux se rencontrent en Écosse, où des activistes se mobilisent pour préserver les noms de lieux en gaélique et résister à leur oubli et leur anglicisation. En effet, les langues traditionnelles portent la mémoire de territoires à préserver voire restaurer. Selon l’agence gouvernementale NatureScot, la forêt calédonienne, l’écosystème forestier primitif en Écosse, ne couvre plus que 4 % de sa superficie historique, conséquence directe des Highland Clearances du 18ᵉ siècle, qui ont simultanément détruit le système clanique autochtone et provoqué la déforestation massive au profit de l’élevage ovin et de la chasse récréative.

Parallèlement, le gaélique n’est aujourd’hui parlé couramment que par 2,5 % de la population écossaise. Des linguistes et environnementalistes exploitent désormais les toponymes gaéliques comme proxy de la végétation historique. En 2024, le projet Forgotten Woodlands a ainsi recensé 15 000 toponymes associés à la présence d’arbres, superposés à des paysages actuellement dépourvus de toute couverture arborée. Ces données constituent une base scientifique pour cibler les zones de replantation, ou indiquent une continuité écologique dans le cas où l’ancien nom reflète toujours la réalité actuelle de terrain. De son côté, l’association Trees for Life mobilise cette mémoire toponymique dans son projet de réensauvagement lancé en 2023 au domaine de Dundreggan. Une pépinière d’essences natives y a été implantée, visant la replantation de 4000 hectares de forêts.