En 2024 et 2025, un inventaire de la diversité en lichens a été conduit au sein du Parc National de la Semois sur 35 affleurements rocheux de la vallée. Sur l’ensemble des sites prospectés, fréquemment associés à des forêts anciennes, un total de 465 espèces a été recensé, dont 397 lichens, 59 champignons lichénicoles et 9 champignons à lichénisation incertaine. Cette étude a ainsi mis en évidence le rôle crucial des affleurements et des forêts anciennes de la vallée de la Semois comme réservoirs de biodiversité lichénique à l’échelle nationale. La richesse spécifique par site est variable, oscillant entre 61 à 158 espèces. Cet inventaire d’une importance majeure a notamment conduit à la description d’une nouvelle espèce de champignon lichénicole pour la science, Talpapellis chlorinae. De plus, 17 lichens et 8 champignons lichénicoles ont été décrits comme nouveaux pour la Belgique. Parmi ces derniers, Thelotrema suecicum, épiphyte extrêmement rare à l’échelle européenne, souligne la valeur patrimoniale des érablières de ravin comme habitats prioritaires pour la conservation. D’autres espèces sont indicatrices de forêts anciennes bien préservées, et plusieurs taxons considérés comme disparus du pays ont été redécouverts pendant les prospections. C’est notamment le cas de plusieurs espèces du genre Usnea, ou de Fuscopannaria mediterranea. Enfin, parmi les différentes essences inventoriées, les chênes se sont révélés être les arbres les plus riches en espèces épiphytes.