Réalisé entre janvier 2023 et juillet 2024, le troisième cycle de l’inventaire forestier national du Luxembourg met en lumière les défis liés aux changements climatiques et permet d’orienter la politique forestière.
Quelques beaux résultats : la surface forestière reste stable et les efforts d’adaptation des peuplements engagés depuis deux décennies portent leurs fruits, la part des feuillus étant passée de 66 à 75 % entre 2010 et 2023. La structure des forêts s’est également enrichie avec une augmentation des peuplements à plusieurs strates. Le nombre de gros arbres âgés a plus que doublé atteignant une moyenne de près de 1,5 individu par hectare en 2023 alors que la quantité de bois mort est passée de 6 à 27 m³/ha.
L’accroissement en volume de bois sur pied a cependant diminué de 21 % pour les feuillus et de 32 % pour les résineux par rapport à 2010. Le volume de bois sur pied qui avait augmenté de 18 % entre 2000 et 2010 a par ailleurs diminué de 6 % par la suite. Sur les 23 dernières années, la croissance globale du stock n’a finalement été que de 11 % malgré un vieillissement des peuplements et une augmentation du diamètre moyen des arbres. Les calamités, dépérissements et conditions météorologiques défavorables expliquent ce recul. La conséquence dramatique est que, entre 2010 et 2023, la forêt luxembourgeoise a perdu son rôle de puits de carbone devenant une source nette d’émissions en raison des dommages climatiques et des récoltes de peuplements scolytés.
Face à ces défis, les mesures prioritaires sont le renforcement de la diversité des structures, l’amélioration de la résistance des arbres aux perturbations et l’adaptation des infrastructures aux conditions futures.
Un régime d’aide spécifique a été mis en place pour accompagner les propriétaires privés dans la conversion des peuplements.