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Free monthly press review on forests and nature

Une étude française a modélisé la réaction de forêts européennes face aux tempêtes sur base de données provenant de 91.528 parcelles forestières bien réelles. Les parcelles varient en fonction de leurs conditions climatiques, allant du climat méditerranéen au climat boréal, et de leur composition en essences.

La modélisation montre que les forêts les plus résistantes aux tempêtes sont celles qui présentent une plus grande diversité d’essences et qui sont dominées par des espèces à croissance lente et à forte densité de bois, comme les chênes. Et ces résultats sont d’autant plus significatifs dans les conditions climatiques extrêmes (comme les conditions très chaudes et sèches en région méditerranéenne ou très froides et humides au nord de la Scandinavie). Les forêts diversifiées sont également les plus résilientes (elles se remettent plus vite des dégâts).

Le scolyte peut avoir des impacts socio-économiques importants lors des épisodes de pullulation. Entre 2018 et 2021, par exemple, il a entraîné la dégradation de centaines de millions de mètres cubes d’épicéas. Avec le commerce international, de nouvelles espèces de scolytes pourraient encore arriver. Pour limiter les risques, l’AFSCA et d’autres organismes belges mettent en place des systèmes de surveillance avec piégeage et identification morphologique des scolytes interceptés.

Le projet METACOL, financé par le SPF Santé Publique, teste une nouvelle méthode d’identification appelée metabarcoding ADN. Celle-ci permet d’identifier une espèce au départ d’un petit morceau de son ADN en s’appuyant sur des techniques modernes de séquençage qui peuvent analyser en parallèle l’ADN de plusieurs organismes présents dans un échantillon. L’idée est de tester l’efficacité de cette technique pour l’identification des scolytes. Le projet sera mené de 2025 à 2028 en collaboration par les laboratoires d’entomologie de l’Instituut voor Landbouw-Visserij en Voedingsonderzoek (ILVO) et du Centre Wallon de Recherches agronomiques (CRA-W).

En décembre 2025, 26 agents du DNF ont suivi la journée de formation technique de Forêt.Nature sur le bois mort et les dendromicrohabitats. L’objectif principal était de réhabiliter la notion de « bois en décomposition » au sein de la gestion sylvicole, en dépassant les préjugés historiques liés aux risques sanitaires. Cette formation se base sur les résultats du projet Deadwood4Forests (Plan de relance de la Wallonie).

Le programme a souligné que le maintien de bois mort – qu’il soit sur pied, au sol ou porté par des arbres vivants – est une condition sine qua non pour un écosystème forestier fonctionnel et une production de bois économiquement durable. Les agents ont été formés à l’identification rigoureuse des stades de décomposition et des dendromicrohabitats, leviers essentiels de la biodiversité saproxylique.

À travers l’étude de peuplements exemplatifs en Wallonie, la formation a permis de définir des seuils quantitatifs minimums et des itinéraires sylvicoles opérationnels. Les participants ont appris à réaliser des diagnostics d’états des lieux pour prioriser les interventions permettant d’augmenter rapidement la nécromasse ligneuse tout en assurant la sécurité et la viabilité économique des massifs forestiers.

Les plans d’aménagement forestier s’imposent comme la pierre angulaire de la gestion des forêts publiques wallonnes. Réglementé par le Code forestier de 2008, cet outil a évolué d’une logique strictement productiviste (issue de 1854) vers une approche intégrant les dimensions écologiques, sociales et paysagères. Ils sont obligatoires pour les propriétés de plus de 20 ha et conditionnent également le maintien de la certification PEFC.

Les plans d’aménagement reposent sur une analyse stationnelle rigoureuse, utilisant fichierecologique.be pour favoriser une forêt mélangée et étagée. Ils encadrent strictement la récolte (volume maximal), la protection des sols et la biodiversité. Un point clé de cette stratégie est le zonage régional, qui structure la forêt publique en trois catégories : les zones centrales de conservation (atteignant 9,3 % en 2025, dépassant l’objectif de 5 %), les zones de développement de la biodiversité (37,6 %) et les zones multifonctionnelles (53,1 %).

Les données du SPW ARNE – DNF révèlent une progression majeure : entre 2010 et 2025, le taux de couverture des plans valides est passé de 25,4 à 77,6 %. Malgré cette accélération notable depuis 2021, l’échéance réglementaire de fin 2025 reste un défi. Environ 10 % des surfaces accusent encore un retard, exposant certains propriétaires au risque de perdre leur certification PEFC.

Face au déficit critique en bois mort des forêts wallonnes, le projet Deadwood4Forests propose des dispositifs opérationnels – surfaces en libre évolution et arbres-habitats – pour restaurer durablement les processus naturels et renforcer les communautés saproxyliques essentielles aux écosystèmes forestiers.

Les forêts wallonnes présentent en moyenne 12 m³/ha de bois mort, un volume nettement inférieur au seuil de 40 m³/ha requis pour maintenir des communautés saproxyliques fonctionnelles. Le projet Deadwood4Forests propose deux leviers complémentaires pour restaurer cette ressource : les surfaces en libre évolution et les arbres-habitats.

Les surfaces en libre évolution regroupent les îlots de sénescence (0,5 à 10 ha) et les réserves intégrales (> 10 ha). Elles visent à laisser les arbres accomplir leur cycle complet, favorisant l’apparition de très gros bois (TGB) et plus encore (TTGB), ainsi que la diversité des stades de décomposition. Leur implantation est prioritaire dans les forêts feuillues sur bons sols, dans les habitats d’intérêt européen ou régional, et dans certains peuplements résineux âgés.

Les arbres-habitats constituent le second pilier. Ils incluent les arbres vivants porteurs de dendromicrohabitats, les très gros bois (plus de 70 cm) et les arbres morts formant des macro-habitats. Leur désignation en bouquets de 3 à 5 individus permet d’assurer la continuité écologique et de réduire la vulnérabilité individuelle. Des outils d’aide à la décision facilitent la désignation par les gestionnaires forestiers des arbres morts et vivants d’intérêt biologique.

Les itinéraires techniques associés distinguent deux grands types de peuplements (futaie feuillue/mixte et futaie résineuse équienne). Ils précisent les volumes de bois mort à atteindre rapidement, ainsi que les objectifs de densité d’arbres-habitats sur 10 à 20 ans. Ces recommandations offrent un cadre opérationnel pour renforcer la résilience écologique et les fonctions naturelles des forêts.

L’observatoire des forêts françaises sort une étude et propose un webinaire pour mieux appréhender la connaissance des volumes de bois mobilisés en France. Cette notion est essentielle pour le suivi des politiques liées à la gestion durable des forêts et les usages de la biomasse. Plusieurs dispositifs publics complémentaires en assurent le suivi : l’Inventaire forestier national (IFN), l’enquête Exploitations forestières et Scieries (EXF-SRI), ainsi que diverses enquêtes visant à estimer la récolte non-commercialisée, notamment la consommation de bois de feu par les ménages.

Lien vers l’étude

Lien vers le replay du webinaire (1h)

Réalisé entre janvier 2023 et juillet 2024, le troisième cycle de l’inventaire forestier national du Luxembourg met en lumière les défis liés aux changements climatiques et permet d’orienter la politique forestière.

Quelques beaux résultats : la surface forestière reste stable et les efforts d’adaptation des peuplements engagés depuis deux décennies portent leurs fruits, la part des feuillus étant passée de 66 à 75 % entre 2010 et 2023. La structure des forêts s’est également enrichie avec une augmentation des peuplements à plusieurs strates. Le nombre de gros arbres âgés a plus que doublé atteignant une moyenne de près de 1,5 individu par hectare en 2023 alors que la quantité de bois mort est passée de 6 à 27 m³/ha.

L’accroissement en volume de bois sur pied a cependant diminué de 21 % pour les feuillus et de 32 % pour les résineux par rapport à 2010. Le volume de bois sur pied qui avait augmenté de 18 % entre 2000 et 2010 a par ailleurs diminué de 6 % par la suite. Sur les 23 dernières années, la croissance globale du stock n’a finalement été que de 11 % malgré un vieillissement des peuplements et une augmentation du diamètre moyen des arbres. Les calamités, dépérissements et conditions météorologiques défavorables expliquent ce recul. La conséquence dramatique est que, entre 2010 et 2023, la forêt luxembourgeoise a perdu son rôle de puits de carbone devenant une source nette d’émissions en raison des dommages climatiques et des récoltes de peuplements scolytés.

Face à ces défis, les mesures prioritaires sont le renforcement de la diversité des structures, l’amélioration de la résistance des arbres aux perturbations et l’adaptation des infrastructures aux conditions futures.

Un régime d’aide spécifique a été mis en place pour accompagner les propriétaires privés dans la conversion des peuplements.

Un article paru dans la revue « Forêt méditerranéenne » présente un premier bilan des incendies de forêts de 2025 en région méditerranéenne. L’année a été marquée par un hiver très doux et sec, puis par de fortes chaleurs. Les pluies de mars ont momentanément limité les feux printaniers, mais la sécheresse profonde a ensuite entraîné un assèchement précoce de la végétation et un risque accru de propagation des feux. En effet, en juin, un fort déficit de précipitations et une canicule exceptionnelle ont rapidement asséché la végétation. Plusieurs incendies importants surviennent début juillet, notamment à Narbonne et aux Pennes-Mirabeau, où des habitations ont été détruites.

L’événement majeur reste toutefois l’incendie de Ribaute (Aude) en août : plus de 11 000 hectares brûlés, 17 communes touchées, des victimes humaines et d’importants dégâts environnementaux, y compris dans des zones protégées.

Au total, environ 6 620 incendies ont détruit plus de 20 000 hectares de forêt. Bien que leur nombre soit proche de la moyenne, la surface brûlée est très élevée. L’article met en évidence le rôle du changement climatique, qui accentue l’intensité et la gravité des feux.

L’article restitue les résultats de deux projets, PASSIFOR2 et PASSIFOR2BIS (pour « Propositions d’amélioration du système de suivi de la biodiversité forestière »), dont l’objectif était d’élaborer des propositions de systèmes de suivis de la biodiversité en forêt métropolitaine française.

Ces projets visent à répondre au besoin de suivi temporel de la biodiversité en forêt. Ils proposent un protocole de « surveillance » de l’état et de la dynamique de la biodiversité des forêts à l’échelle du territoire hexagonal, au moyen d’indicateurs directs.

Trois objectifs différents ont été détaillés :

  • Objectif 1 : Suivre l’état et la dynamique de compartiments de biodiversité en forêt.
  • Objectif 2 : Suivre et comparer l’état et la dynamique de compartiments de biodiversité en forêts en libre évolution permanente en comparaison avec le reste des forêts.
  • Objectif 3 : Suivre l’état et la dynamique de compartiments de la biodiversité en lien avec certaines actions de gestion. Treize pratiques ont été prises en compte par les projet : création de réserves intégrales, mise en place d’îlots de sénescence, maintien de forêts anciennes, coupes, mélange d’essences, changement d’essences, mode de régénération, mode de traitement sylvicole, maintien de souches, maintien d’arbres-habitats, de vieux arbres et de gros bois morts, maintien de rémanents, remise en exploitation forestière, gestion différenciée des zones humides.

 

Les auteurs proposent une méthodologie pour les objectifs 1 (surveillance) et 2 (lien entre biodiversité et libre évolution permanente) et une méthodologie non complètement aboutie pour l’objectif 3. Une troisième phase du projet (PASSIFOR3) devrait permettre d’aboutir et de tester les méthodologies sur le terrain.

Le 11 février 2026, l’Institut flamand pour la recherche sur la nature et les forêts (INBO) a inauguré le portail flamand de la biodiversité, une plateforme centralisée intégrant des données d’observations historiques et contemporaines ainsi que des informations scientifiques relatives à la biodiversité régionale. Cet outil vise à fournir une synthèse exhaustive de la biodiversité flamande destinée aux chercheurs, décideurs, gestionnaires environnementaux et naturalistes. Le portail propose des fonctionnalités avancées dépassant la simple consultation de données. Chaque taxon est documenté par des descriptions détaillées, tandis que des outils analytiques permettent l’identification de tendances temporelles et de patterns spatiaux. Les utilisateurs peuvent y générer des listes taxonomiques, effectuer des analyses géospatiales et visualiser les données via une interface cartographique interactive. La plateforme fera l’objet d’actualisations régulières, incluant la validation progressive des données, garantissant ainsi une représentation de plus en plus précise de la biodiversité régionale. Une caractéristique notable du portail réside notamment dans sa capacité à faciliter l’exploration naturaliste dans son environnement proche. La structuration des informations permet en effet d’analyser la distribution géographique des espèces et d’étudier l’évolution de leurs aires de répartition au fil du temps. Cette initiative représente une avancée significative en matière d’accessibilité des données scientifiques. Les développements futurs prévoient l’intégration de modules applicatifs supplémentaires et l’incorporation de nouvelles sources de données, avec une approche collaborative encourageant les contributions et suggestions des utilisateurs. Pour en savoir plus, visitez le portail.